Vue de l'exposition "Les Maîtres du désordre"
11 avril 2012 29 juil. 2012

Les Maîtres du désordre

Devenez mécène des instruments du monde

Dans la plupart des cultures, des traditions mettent en scène des forces contraires qui se disputent le monde en un combat nécessaire et sans fin. Tout ordre, y compris l’ordre divin, est fondamentalement imparfait, limité, menacé d’implosion. Cette conscience du désordre semble être commune à toute civilisation et les forces perturbatrices, nécessaires à l’équilibre de l’univers et à sa continuité.

À propos de l'exposition

Articulée en 3 grandes sections, l’ordre imparfait, la maîtrise du désordre et la catharsis, l’exposition analyse la notion de désordre à travers les différents modes de négociations mis en place pour le contenir.

L’exposition s’intéresse aux figures du désordre, inscrites au panthéon de nos croyances et des cultures, de Dionysos à Seth Typhon, et aux techniciens, chamanes et autres intercesseurs ici appelés « maîtres du désordre », chargés des négociations avec les forces du chaos. Dans ce compromis permanent entre turbulence et raison, les rites sont le mode privilégié de négociation avec les puissances qui gouvernent les sociétés humaines. Parallèlement à ces rituels sacrés, les fêtes, bacchanales, carnavals ou fêtes des fous semblent être l’autre moyen, profane, qui autorise le déchaînement des pulsions transgressives.

Les maîtres du désordre met en scène des objets, des costumes, des représentations issus des grandes collections anthropologiques mais aussi des oeuvres d’artistes contemporains dont Annette Messager, Jean-Michel Alberola ou Thomas Hirschhorn.

  • Categorie : Expositions
  • Commissariat

    • Jean de Loisy, assisté de Sandra Adam-Couralet
    • Nanette Jacomijn Snoep, responsable des collections Histoire au musée du quai Branly - Jacques Chirac

    Conseiller scientifique

    • Bertrand Hell, professeur d’ethnologie à l’Université de Franche-Comté
  • Lieu :   Galerie Jardin
  • Dates :  
    Du mercredi 11 avril 2012 au dimanche 29 juillet 2012
  • Fermeture le lundi
    mardi, mercredi, dimanche :  11h00-19h00
    jeudi, vendredi, samedi :  11h00-21h00
  • Accessibilité :
    • Handicap visuel
    • LSF
    • Handicap mental
    • Handicap moteur
  • Public :   Handicap visuel, Langue des Signes Française, Handicap mental, Handicap moteur, Tous publics
  • Expositions temporaires de la galerie jardin
    Plein tarif :  10,00 €
    Tarif réduit :  7,00 €

    Billet jumelé
    Plein tarif :  12,00 €
    Tarif réduit :  9,00 €

    Cliquez ici pour consulter tous les tarifs
Vue de l'exposition "Les Maîtres du désordre"
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Les Maîtres du désordre - Bande-annonce de l'exposition
Bande-annonce de l'exposition "Les Maîtres du désordre", présentée au musée du quai Branly, du 11 avril au 29 juillet 2012. Pour en savoir plus, rendez-vous sur: http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/les-maitres-du-desordre.html
1:58 min

Parcours de l’exposition

L’exposition s’organise autour de trois grandes sections : le désordre du monde, la maîtrise du désordre et la catharsis. Les installations des artistes contemporains (Thomas Hirschhorn, Anne Charlotte Finel, Annette Messager, Jean-Michel Alberola…), qui rendent « lisibles » dans un langage contemporain des signes et des comportements desquels nous pensions être délivrés, scénographient ou introduisent chaque salle thématique.

le désordre du monde

Dès l’entrée, Outgrowth, œuvre de Thomas Hirschhorn, donne, avec ces globes terrestres tuméfiés, un aperçu des désordres du monde. La mort, la douleur, les catastrophes naturelles et les guerres manifestent l’imperfection du monde et témoignent de cette impuissance des dieux des religions établies, de leur silence ou de leur distance.

la maîtrise du désordre

Le rite est le mode privilégié de négociation avec les figures du désordre. Il est célébré pour traiter avec les puissances qui gouvernent les sociétés humaines. Il est un effort fait pour maîtriser les infortunes, les déséquilibres personnels, sociaux ou écologiques et a pour seule fin l’harmonie sociale et le maintien des régularités naturelles.

Or, dans la plupart des régimes animistes, les agents de l’infortune sont des êtres d’un autre monde et un intercesseur, spécialiste de la surnature, sert de médiateur entre ces deux pôles. Il négocie avec ses alliés, les esprits multiformes à la nature variable, génies anthropomorphisés ou avatars de dieux et d’ancêtres prestigieux.

paroles d’initiés

Au centre du parcours, des « maîtres du désordre contemporains » de différentes cultures encore vivantes aujourd’hui, interrogés par Bertrand Hell et d’autres ethnologues, commentent les différents thèmes de l’exposition. Fruit d’un soigneux travail de recueil, leur parole vivante et forte est présentée dans un « Arbre – Chamane » dont les 14 branches portent chacune un écran vidéo consacré à une aire culturelle : Mexique (Huichols), Maroc (Gnawa), Tadjikistan, Ouzbekistan, Liban, Amazonie, Sibérie…

Catharsis

Si le travail et le rythme des jours maintiennent l’ordre du monde, le déchaînement des corps dans l’effervescence de la fête est le moment de suspension de cet ordre. Ces excès sont nécessaires au renouvellement de la nature ou de la société ; tout ce qui existe est alors rajeuni et l’usure du sacré, surtout, manifesté par des tabous et des expiations, est rendu supportable à nouveau par ces purgations.

le projet scénographique

Le projet scénographique, conçu par l’agence Jakob+MacFarlane à l’occasion de l’exposition Les Maîtres du désordre, dessine et structure un grand espace tubulaire subdivisé en cellules qui présentent les différentes thématiques artistiques. Cet espace prend la forme d’un système à l’intérieur duquel le visiteur va être projeté, immergé puis expulsé à la fin du parcours. Il s’agit d’une véritable expérimentation et initiation du public à travers un chemin exploratoire. La scénographie souligne les différents univers, rythme la découverte des oeuvres par le public et crée une évolution dynamique qui conduit et fait progresser le spectateur dans un circuit ouvert, non figé dans le temps ni dans l’espace. Voyage initiatique qui invite le spectateur à explorer des thématiques variées et à opérer une transformation de soi au fur et à mesure du parcours. Cette mutation est rendu possible non seulement par le contenu conceptuel de l’exposition mais aussi par la scénographie.