Conway Shipley, Le port de Fare, île d’Huahine, Avril 1848, Aquarelle sur papier 70.2009.25.10.1

Terre en vue ! Conway Shipley, un marin en Polynésie

Terre en vue ! Conway Shipley, un marin en Polynésie

Conway Shipley, Le port de Fare, île d’Huahine, Avril 1848, Aquarelle sur papier, 70.2009.25.10.1 © musée du quai Branly - Jacques Chirac
Conway Shipley, Le port de Fare, île d’Huahine, Avril 1848, Aquarelle sur papier, 70.2009.25.10.1 © musée du quai Branly - Jacques Chirac

Du 21 janvier au 30 mars 2016

Les premiers Européens accostent à Tahiti dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les explorateurs Louis Antoine de Bougainville et James Cook contribuent à la naissance d’un imaginaire paradisiaque de l’île. Au XIXe siècle, la présence européenne se renforce avec l’arrivée des missionnaires britanniques, puis l’instauration du protectorat français en 1842.

De nombreux navires font escale sur l’île, comme celui du lieutenant de vaisseau britannique Conway Shipley (1824-1888). Lors de sa navigation dans le Pacifique à bord du Calypso, Shipley a emporté avec lui papier, pinceaux, crayons et aquarelle. Un ensemble exceptionnel de 32 dessins réalisés entre 1847 et 1849 est entré dans les collections du musée du quai Branly - Jacques Chirac en 2009.

Depuis le navire, Conway Shipley observe les rivages de Tahiti, de Bora Bora et de Moorea. La côte et ses reliefs surgissent dans la brume, une végétation luxuriante apparaît. Lors de l’escale du navire à Tahiti, le marin s’aventure à l’intérieur des terres.  Les cascades et les vallées se font l’écho d’une nature originelle, traduite dans un goût romantique. La présence humaine n’est pas absente de ces paysages au rendu précis et détaillé. Shipley esquisse des silhouettes au bord de l’eau, ou saisit une famille tahitienne dans l’intimité du quotidien, sous la hutte du chef de Papeete. Il note également les signes de la transformation de l’île sous l’influence occidentale.

À son retour en Angleterre, ses esquisses sont utilisées comme modèles pour un recueil de gravures publié en 1851 sous le titre Dessins dans le Pacifique. Antérieurs aux descriptions de Pierre Loti ou aux œuvres de Paul Gauguin, les dessins de ce navigateur inspiré constituent un témoignage visuel précieux des îles polynésiennes, à une époque où la photographie fait ses premiers pas.