Jean-Philippe Camus
une nouvelle technique au service du patrimoine humain
"Ayant imaginé et développé un procédé technique innovant associant vidéo et photographie en un seul media, j’ai proposé au musée du quai Branly, à son partenaire d’application mobile ainsi qu’à Gilles Clément, concepteur du jardin du musée, de réaliser et de produire un media expérimental alliant les caractéristiques de la communication immersive haute définition aux possibilités narratives et vivantes de la vidéo.
L’enthousiasme de l’institution ainsi que l’accord de Gilles Clément nous ont permis de réaliser ce média : un documentaire web ayant la forme d’une visite virtuelle scénarisée du jardin du musée, enrichie de la présence et du discours de son concepteur.
A travers le projet d’une autre institution culturelle, ce procédé est soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication dans le cadre de l’appel à projet aux techniques innovantes 2012.
La version de cette application réalisée pour iPad par le partenaire technique du musée a par ailleurs été primée au salon i-expo, dans la catégorie application professionnelle.
Cette technique ouvre la porte à de nouvelles possibilités audiovisuelles très riches en termes de sens et d’usage.
L’ambition de ce projet est bien de médiatiser en partie l’expérience individuelle, avec un bénéfice en terme d’authenticité, d’émotion nouvelle, de crédibilité et d’usage, sans pour autant se départir du pouvoir de la narration à transmettre l’imaginaire, la connaissance, la passion, la fonction de mémoire s’en trouvant aussi renforcée.
Cette relation de valorisation mutuelle, porteuse et réjouissante, fait honneur au musée.
concernant le document lui-même
Il est d’abord un hommage à la beauté du lieu. Ici, grâce à la vision de Gilles Clément, la nature, en respect des civilisations représentées, manifeste l’évidence de sa dimension culturelle. Au-delà du jardin lui-même et par son concept, elle est ici présentée, à la différence de la collection d’un jardin botanique, comme une œuvre, non humaine certes, mais exposée avec respect et un même hommage symbolique.
Il s’agit bien d’une particularité du musée du quai Branly. Ici l’architecture et le paysage symbolisent de façon évidente la relation d’imbrication entre nature et culture. Une relation qui concerne tout autant l’ethnologie que l’écologie. J’ai cherché à rendre hommage à l’esthétique et à la richesse du symbole paysagé et architectural.
Ce document est l’une des premières expériences de ce procédé innovant. A travers cette tentative de vision, au cadrage non imposé, dans ce lieu où tout est beau, la liberté du regard s’invite. Il s’agit bien d’offrir au public, dans une logique de muséographie, la représentation d’une réalité enrichie et vivante, au service de son imaginaire, sans être une contrainte ni une solitude. Ici, l’interactivité est synonyme d’une liberté humainement accompagnée.
Une vision qui fait ici écho à celle de Gilles Clément. En effet, s’il s’agit pour le paysagiste de respecter la créativité, la liberté et la signature de sa matière première, essentiellement la nature vivante, la matière première de ce document en est le regard du narrateur, à travers son discours, son œuvre mais aussi l’imaginaire du public, une matière tout aussi vivante, dont il s’agit de respecter précisément les valeurs communes.
Même si, ici, l’immobilité végétale ne fait pas le jeu de la pertinence technique de la solution innovante développée, elle en démontre inversement les forces : donner vie, transmettre l’âme d’un lieu à travers les nouveaux média, capter une valeur symbolique de la beauté plastique végétale et de son immobilisme, suspendue à la volonté humaine de regarder le monde comme un jardin libre à respecter, volonté partagée du narrateur.
Enfin, soutenu par l’enrichissement de la narration, ce document a comme objectif d’inciter et de préparer son public à compléter cette première approche d’une expérience réelle, et non de s’y substituer. Donner envie de venir respirer l’âme du jardin, qui sur place, n’a besoin que de la médiation du vent, du soleil et de l’eau pour s’exprimer.
concernant mon activité
Mon activité de conception et de production s’adresse aux marques, aux institutions, aux musées... Elle s’ouvre aussi à des coproductions transmedia ou crossmedia et est à même de venir enrichir et de faire partager des projets à des partenaires séduits par le potentiel du concept et de la technique. De tous les points de vue, par nature et du fait de la dimension du marché qu’elle aborde et initie, cette activité a une vocation de partage et de croissance."
Jean-Philippe Camus
Envoyer
Imprimer