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26 novembre

Georges Halphen

Georges Halphen était un collectionneur résolument éclectique. Il éprouvait notamment une fascination pour les arts des civilisations de Chine et d’Egypte, les objets de la mer de Bering, les textiles précolombiens et pour l’art moderne, comme en témoigne l’achat d’un Picasso de l’époque bleue en 1930 au galeriste Rosenberg.

C’est dans le secret qu’il ne cessa de se livrer à cette fiévreuse appétence du collectionneur. Il lui préférait d’ailleurs le terme d’« amateur » puisque «  collectionneur » soulignait selon lui l’avidité de posséder.

Il n’a cessé d’être ébloui par l’invention et l’audace plastique des textiles précolombiens.

Le musée du quai Branly a pu, par achat, donation et dation, s’enrichir de neuf pièces : deux en 2002 et sept autres en 2004. Ces neuf pièces appartiennent aux cultures wari  (500-1000 après JC), chimu (1100-1450 après JC) et nazca (200-700 après JC) de l’important ensemble que Georges Halphen avait progressivement constitué depuis l’entre deux guerres. Une acquisition qui n’aurait pu être possible sans la compréhension de ses héritiers et de son assistante Nivedita Kinnoo.

La création et la production de tissus et de décoration faites de plumes était une des plus grandes réussites de ces cultures. Les textiles de plumes étaient considérés avec la plus haute importance, à l’égal de l’or, de l’argent, des coquillages et des pierres colorées, par les populations péruviennes anciennes. Leur utilisation lors de rites funéraires, pour l’embellissement d’articles de luxe destinés à l’élite ou comme amulette, est attestée archéologiquement. Elle s’étend sur plus de deux millénaires – de Chavin de Huantar (100-200 avant JC) jusqu’à l’époque Inca.

don d'une tunique de plumes 

En 2002, Georges Halphen a fait don au musée d’une tunique de plumes, qui décline les thèmes figuratifs d’une iconographie consacrée par les cultes et les cérémonies funéraires des cultures péruviennes anciennes. Utilisée lors de rite funéraire, la tunique était l’une des composantes du fardo funerario, sorte de ballot de toile dans lequel la momie du dignitaire défunt était enfermée et enveloppée. Enterré dans un tombeau sacré (huaca), le corps se métamorphosait alors pour son voyage final.

Description de cette tunique de plumes dans l'ouvrage "Plumes d'éternité - Parures funéraires de l'ancien Pérou - Collection Georges Halphen" (Somogy, coédité avec la Maison de l'Amérique Latine, Paris, 2003):

« Les personnages sont représentés symétriquement, les bras étendus. Leur coiffure est de type semi-circulaire. Le dualisme andin est ici illustré par l’opposition de couleurs des deux paires disposées en diagonales, l’une présentant des coiffes rouges et des visages noirs, l’autre des coiffures bleues et des visages jaunes. La symétrie entre l’homme et l’oiseau est particulièrement présente. »

tunique de plume - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
tunique de plumes © musée du quai Branly, photo Patrick Gries, Valérie Torre
tunique de plume (détail) - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
tunique de plumes (détail) © musée du quai Branly, photo Nicolas Borel

dation de sept pièces de textiles

En 2004, le musée du quai Branly a reçu la dation de sept remarquables pièces de textiles en provenance du Pérou :

  • une couverture cérémonielle de poitrine
  • une tête postiche
  • une coiffe de plumes fixées sur du tissu en coton
  • quatre tuniques de plumes fixées sur du tissu en coton
tête de postiche - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
tête de postiche © musée du quai Branly, photo Patrick Gries
tunique de plumes - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
tunique de plumes © musée du quai Branly, photo Patrick Gries, Valérie Torre
tunique de plumes - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
tunique de plumes © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado