Gradhiva n°10

Présence africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours

Présence africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours

Octobre 2009

Dossier coordonné et présenté par Sarah Frioux-Salgas

La revue littéraire et culturelle Présence Africaine, héritière du panafricanisme et des négritudes d'avant la Seconde Guerre mondiale, fut fondée en 1947 par l'intellectuel sénégalais Alioune Diop. Un texte inaugural, « Niam n'goura ou la raison d'être de Présence Africaine » expliquait clairement les objectifs de cette revue :publier des études africanistes sur la culture et la civilisation noire, publier des « textes africains » et passer en revue les « œuvres d'art ou de pensée concernant le monde noir ». Dans les premiers numéros, Alioune Diop s'entoure de personnalités très diverses : ethnologues, anthropologues (Marcel Griaule, George Balandier, Théodore Monod, Michel Leiris, Paul Rivet), écrivains et philosophes (Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jean-Paul Sartre, André Gide, Albert Camus, Richard Wright, Emmanuel Mounier) mais aussi galeristes et critiques d'art (Charles Ratton, William Fagg). En 1949, Alioune Diop crée une maison d'édition du même nom. Présence africaine a été un outil de diffusion qui a permis aux intellectuels et aux écrivains noirs de revendiquer leurs identités culturelles et historiques que le contexte colonial niait ou « exotisait ». Elle fut donc à la fois un mouvement, un réseau d'échanges et une tribune permettant aux différents courants d'idées liés aux « mondes noirs » de s'exprimer. La revue, la librairie, la maison d'édition existent encore aujourd'hui mais leur importance et leur influence ne sont plus comparables à ce qu'elles furent à l'époque des Indépendances.

Ce dossier s'attache à mettre en perspective l'héritage historique, politique et intellectuel que la revue a reçu. Enjeu de cette démarche : une généalogie des discours et des textes sur « les mondes noirs » et « les conditions noires ».

Ce numéro accompagne l’exposition présentée au musée du quai Branly du 10-11-2009 au 30-01-2010, dont le commissaire est Sarah Frioux-Salgas, responsable des archives et de la documentation des collections à la médiathèque du musée du quai Branly.

Numéro épuisé

Sommaire

DOSSIER : PRÉSENCE AFRICAINE

  • Présence Africaine. Une tribune, un mouvement, un réseau, par Sarah Frioux-Salgas
  • L’abbé Grégoire et la place des Noirs dans l’histoire universelle, par Bernard Gainot
  • Miroirs des littératures nègres : d’une anthologie l’autre, revues, par Antony Mangeon
  • Présence africaine avant « Présence Africaine » : la subjectivation politique noire en France dans l’entre-deux-guerres, par Pap Ndiaye
  • Les littératures francophones d’Afrique noire à la conquête de l’édition française (1914-1974), par Julien Hage
  • La maison Présence Africaine, par Marc Vincent Howlett et Romuald Fonkoua
  • « On ne peut nier longtemps l’art nègre ». Enjeux du colloque et de l’exposition du Premier Festival mondial des arts nègres de Dakar en 1966, par Éloi Fiquet et Loraine Gallimardet

TÉMOIGNAGES

  • Entretien avec le poète, romancier et essayiste Daniel Maximin
  • Alioune Diop, l’un des pères de la civilité démocratique mondiale. Témoignage de l’écrivain haïtien René Depestre
  • Extraits d’Histoire d’autres de Georges Balandier

DOCUMENTS ET MATÉRIAUX

  • « In the American Grain ». Une introduction au débat Ellison-Hyman, par Emmanuel Parent
  • Stanley Edgar Hyman, Littérature noire américaine et tradition folklorique (1958)
  • Ralph Ellison, Donne le change et change la donne (1958)
  • Allocution de Kojo Tovalou Houénou au Congrès de l’U.N.I.A, 1924
  • Poème Héritage de Countee Cullen (1925)
  • Discours prononcé par Aimé Césaire sur l’Art Africain au Premier Festival Mondial des Arts nègres à Dakar en 1966

CHRONIQUE SCIENTIFIQUE

  • Comptes rendus
  • Chronologie par Marie Durand et Sarah Frioux-Salgas

DESCRIPTIF

  • 240 pages au format 20 x 27 cm
  • 80 illustrations
  • ISBN: 978 2 35744 018 0
  • 20 €