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24 avril

du 12 au 14 octobre 2007 - Chant diphonique mongol

Okna Tsahan Zam

Le Kalmouk Okna Tsahan Zam (dont le nom signifie « route blanche ») est né en 1957 sur la longue route qui ramenait vers leurs terres les Kalmouks déportés en Sibérie par Staline. 

 

L’année de ses trente ans, ce fils de la steppe entendit un chant de gorge qui le troubla : il crut entendre le chant de ses ancêtres. Il fit le voyage jusqu’à Oulan Bator puis revint en Kalmoukie populariser ces chants oubliés avec une voix et une présence peu communes. En abandonnant sa carrière d'ingénieur pour se consacrer à l'étude du chant diphonique (khoomei), il renoua ainsi avec cette technique spectaculaire très utilisée dans le chant mongol traditionnel permettant au chanteur d’émettre deux voix en même temps.

 

Aujourd’hui, il vit le plus souvent en Mongolie. Il est devenu l'un des plus grands maîtres du khoomei et parcourt le monde depuis dix ans, de concerts en festivals. Okna Tsahan Zam est le représentant incontournable et charismatique du chant diphonique et de la culture mongolo-kalmouke. Tous ses textes sont en langue traditionnelle.

Okna Tsaham Zam, photo Kamrouz

La Kalmoukie

La République de Kalmoukie est une région aride dominée par la steppe, à la frontière du Caucase.

Les ancêtres des Kalmouks - littéralement « ceux qui sont se séparés » - habitaient la Mongolie. Fuyant devant des hordes hostiles, ils trouvèrent refuge au XVIIe siècle au sud de la Russie, non loin du delta de la Volga, dans un paysage de steppes qui leur rappelait la terre d’où ils venaient.

Ce peuple avait vivement impressionné Alexandre Dumas qui décrit longuement leurs coutumes dans son récit de voyages « En Russie ». Majoritairement bouddhistes et chamanistes, soucieux de préserver leurs traditions et leur indépendance, ils ont grandement contribué à la défaite de Napoléon en Russie et ont payé très cher leur opposition à Staline, qui les déporta en Sibérie.

La tradition mongole du chant diphonique : le khoomei

Le chant diphonique, appelé aussi « chant de gorge », consiste en l'émission simultanée de deux voix, le bourdon et les harmoniques, qui vibrent, résonnent, dans une même mélodie. Autrement dit, il se caractérise par l'émission d'un son doux, générant des harmoniques dans le registre médium de la voix.

Techniquement, la langue s'aplatit entre les dents de la mâchoire supérieure et les lèvres forment un petit "O" ; la combinaison des lèvres, de la bouche et de la gorge crée ainsi un grand effet spectral.

Il repose sur une technique très ancienne de respiration qui donne au chanteur la possibilité de libérer l’énergie de l’organisme. Une légende mongole raconte que ce chant serait l'imitation par l'homme d'une rivière coulant entre deux collines. Le khoomei désigne à la fois le chant de gorge en tant que terme générique, mais également un style particulier, dont la technique vocale s’est particulièrement développée en Mongolie.

On retrouve donc le khoomei et ses divers styles à travers l’Asie centrale et la Haute Asie, notamment dans la région montagneuse de l’Altaï (Mongols, Touvas, Khakashs, Bachkirs, Altaiens), mais aussi, à un certain degré, parmi les Rajasthanais de l'Inde, les Xhosas d'Afrique du Sud, et les Moines tibétains des monastères Gyütö et Gyüme.