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18 avril

le miroir du corps

3 cycles différents permettront de découvrir des spectacles chorégraphiques traditionnels et contemporains, des conférences, des films et divers événements abordant successivement le corps animal, le corps miroir du féminin et le corps acrobatique.

Premier outil d’expression de l’homme avec la voix, le corps a perdu dans notre monde moderne beaucoup de ses rôles et de ses identités. Malgré un intérêt constant pour l'apparence, le corps n’est plus la première référence d’une identité sociale codifiée. Ses modes d’expression - sauf peut-être dans l’espace chorégraphique du spectacle - se sont banalisés au profit d’une fonction sportive, érotique ou de simple parure esthétisante selon des critères de mode, bien éloignés de l’imagination fertile des sociétés traditionnelles.

Le corps, comme réceptacle de l’âme ou support de la parure, peut être habité, divinisé, transfiguré, possédé, animalisé, martialisé. Il peut transgresser la nature ou l’imiter, il peut se peindre, se tatouer, se transformer, devenir lui-même une entité culturelle différentielle et personnalisée.

Cette programmation - à travers musique, danse, défilés de mode, arts martiaux et acrobatiques, masques et marionnettes, cérémonies de possession ou ateliers de dessin - s’ouvre à l’Inde ancienne et à son culte ancestral du serpent, jusqu’à rejoindre le hip-hop, expression urbaine du corps.

Finalement, les différents aspects de ritualisation du corps ont tous en commun cette manière d’atteindre l’éternité par l’éphémère, cette possibilité de devenir l’Autre pour un instant.

Enfant tigre © Alain Weber


du 20 au 30 décembre 2007

Ce cycle renvoie au chamanisme et aux besoins premiers de l’homme de s’accaparer la force et la puissance de l’animal, de l’imiter, de le diviniser.

L’homme, en souvenir des temps totémiques, aime imiter la félinité, que ce soit avec les anciens hommes léopards des ethnies Efik et Efo et les masques Abakwas qui nous entraînent de Cuba au Nigeria, ou les enfants du Karnataka qui redessinent leur corps en celui d’un tigre ou d’une panthère.

La peinture corporelle est à la fois une marque de l'éphémère et une irruption du sacré.

Le motif dessiné sur le sol parfait la ritualisation de l’espace : le kolam, peinture éphémère réalisée à l’aide de farine de riz et de différents ingrédients colorés, devient le centre du rituel du serpent Naga, véritable divinité au Kerala en écho aux mythes fondateurs de l’Asie.

La danse se lie à l’image dessinée sur le sol avec la renaissance de la danse Simanagdini d'Ananda Shankar Jayant, qui, lors de l’exécution de la danse classique Kuchipudi, dessine un lion avec ses pieds sur le sable.

du 13 au 23 mars 2008

Le corps travesti : La féminité sans la femme

Cette thématique abordera le travestissement rituel en Birmanie (Myanmar) avec la présentation pour la première fois de la cérémonie des médiums travestis Naq-Pwe.

Dans un processus d’inversion, le corps masculin transgresse sa nature et s’approprie, ou met en valeur, le mystère d’une féminité à la fois proche et inaccessible.

Le surnaturel prend place dans la cérémonie du Naq-Pwe : le Naq-kadaw, pour incarner l’esprit du Naq qui a décidé de « l’épouser », devient la poupée fragile d’un autre monde. Elle s’affaire, délicate, maquillée à l’extrême, car le Naq-Pwe est un véritable défilé de l’au-delà.

Le Naq Pwe nous rappelle, comme dans le chamanisme, comment le féminin possède le privilège de la nature, lieu de survivance de l’animalité et du sacré. La féminité comme clé à l’invisible, justifie le travestissement, le transcende.

Héritier d’une longue tradition où le masculin et féminin s’interchange dans la tradition théâtrale asiatique, le danseur taïwanais Lee Ming Cheng et sa troupe Body Expression Dance pose un nouveau regard raffiné et comique sur le croisement des pôles masculin et féminin.

Prince Mintha, Marionnettes de Mandalay © D. R.

Le corps parure

En Asie, on peut assister à une approche très différente de la mode notamment avec le couturier Dongak de la République de Touva qui dans un défilé où le chant diphonique et la danse interviennent, propose une véritable épopée de la parure et du costume comme un élément clé de civilisation, un langage visuel, un signe d'appartenance à une tribu.

C’est le même raffinement que l’on retrouve dans les fameuses marionnettes de Mandalay qui, dit-on, furent envoyées par les dieux afin de ne pas braver l’interdiction ancienne pour l’être humain de s’exhiber sur une scène.

Last For One © D. R.

du 19 au 28 juin 2008

Paradoxalement, c’est par le corps que l’homme tente de dépasser son enveloppe charnelle en allant au-delà du possible.

Que ce soit à travers la Capoeira du Brésil ou l’art martial du Kalaripayat du Kerala, censé être l’art martial le plus ancien au monde, l’homme va tenter, à travers un nouveau mimétisme animal, de s’approprier la force d’un héros divin.

Dans une approche acrobatique, le corps tente de recréer par la performance un instant irréel, subterfuge de pouvoirs surnaturels.

Du magnifique rituel magique et acrobatique des « Masques de la lune », exprimant le monde animal et éclairé seulement par une pleine lune reflétant la lumière du soleil jusqu’au hip-hop de B-Boy et Last 4 one, ensemble coréen affirmant le hip-hop comme un nouveau langage du corps planétaire, c’est bien cette même tentative de sublimation de notre condition humaine qui, finalement, s’exprime.