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21 novembre

Musique traditionnelle et populaire du Mexique

Avec le Festival d’Automne à Paris, une semaine de concerts est consacrée à la musique traditionnelle rurale du Mexique, avec trois groupes invités, pour découvrir des formes vocales et instrumentales populaires ancrées dans des particularismes géographiques.

une coproduction Festival d’Automne à Paris / musée du quai Branly

réservations

  • par téléphone au 01 56 61 71 72 du lundi au vendredi de 10h à 16h30 ou
    au 01 53 45 17 17 de 11 à 13h et de 14h30 à 18h pendant le mois de juillet,
    de 11 à 13h et de 14h à 17h30 pendant le mois d'août
  • sur le site internet du Festival d'Automne ou sur le site Fnac Spectacles

Musique traditionnelle et rituelle

Los Cardencheros © Juan Leduc

Incantations du Chiapas et polyphonies de Durango

dimanche 9 et vendredi 14 octobre 2011 à 14h
mercredi 12 et jeudi 13 octobre à 19h
samedi 15 octobre à 17h

théâtre Claude Lévi-Strauss

Incantations et chants des femmes Mayas, par les Conjuradoras de San Cristobal de Las Casas, Etat du Chiapas
Canción Cardenche, polyphonie à quatre voix des Cardencheros de Sapioriz, Etat de Durango

Riche de ses langues et de ses traditions, le Mexique est un creuset de cultures, un captivant limon accumulé dès avant la colonisation et, depuis le XVIIe siècle, à la faveur de riches échanges maritimes avec les continents.

Au Nord, l’État de Durango, avec ses plateaux protégés par des montagnes, et malgré son climat presque désertique, fut aussi, tardivement, terre d’échanges, passage obligé sur la route de Mexico. Les journaliers des exploitations de coton donnèrent naissance à la canción cardenche, qui doit son nom à une plante (cardo) dont les épines pénètrent profondément la chair et qu’il est douloureux de retirer. Ces polyphonies intenses et lyriques, à trois voix et chantées par 4 hommes, ne sont pas exemptes d’éléments stylisés issus de la musique baroque européenne et de lointains souvenirs des hymnes sacrés qu’entonnèrent jadis les missionnaires. A cappella, après une journée de travail, ces chansons d’amour, de louange, de solitude, de larmes et d’adieux sont transmises oralement ou sur de rustiques cahiers désormais perdus.

Au Sud, dans l’État du Chiapas, à San Cristobal de Las Casas, des femmes mayas perpétuent les gestes et les symboles du Mexique d’avant la colonisation espagnole, là où l’homme s’inscrit dans la nature et ses cycles. Ces chanteuses, chamanes, guérisseuses par d’obscurs et savants dosages d’herbes, dépositaires respectées de traditions ancestrales, se livrent à des comptines, à des incantations, à des rituels et à une poésie, que leur langue tzotzil traduit par « mot en fleur ». Leur voix, spirituelle, y évoque la montagne, les sources, la lune, le vent qui brise le maïs, ainsi que la vie, rude, et la relation aux mânes. 

Musique populaire des régions du Golfe du Mexique

Los Camperos de Valles : Marco Hernandez © Juan Leduc

Son désigne le son, un air populaire et la danse à laquelle il invite, mais aussi, plus globalement, une culture et des traditions locales. Au XVIIe siècle, le répertoire baroque espagnol était déjà nommé son barroco. Les créoles et les métis du Mexique lui empruntèrent thèmes, formes, harmonies, rythmes et certains timbres de cordes pincées. Mais ils transformèrent leurs modèles vernaculaires en l’enrichissant d’apports amérindiens, caraïbes ou africains, au gré des migrations de populations, des routes, des activités économiques et des régions administratives.

Son Jarocho de Veracruz, avec Son de Madera

samedi 8 octobre à 20h
dimanche 9 octobre à 17h

théâtre Claude Lévi-Strauss

Le groupe Son de Madera (Son du bois) se consacre au son jarocho, d’abord rural, mais caractéristique de l’État de Veracruz où il s’inscrit pleinement dans la vie d’une communauté désormais urbaine. « C’est de la musique, c’est de la danse, c’est de l’enseignement, c’est de la facture d’instruments et c’est un peu de recherche et de récupération », dit son fondateur, le guitariste et chanteur Ramón Gutiérrez. Au chant, aux joutes poétiques et musicales improvisées, autour de l’amour, de la chronique et de la satire sociale, à la guitare jarana tercera, à la guitarra de son et à la contrebasse, aux réminiscences musicales de l’Andalousie, la danse zapateado, d’origine aussi espagnole, sur une estrade de bois (tarima), ajoute une percussion aux profondes vibrations telluriques.

Son Huasteco, avec Los Camperos de Valles

vendredi 14 et samedi 15 octobre à 20h
dimanche 16 octobre à 17h

théâtre Claude Lévi-Strauss

C’est dans le son huasteco que s’illustrent Los Camperos de Valles (Les Compagnons de Valles), de l’État de San Luis Potosí. Sur ces terres de bétails, de cannes à sucre et d’exploitations pétrolières, à l’occasion de mariages, de veillées funèbres, de fêtes populaires ou de cérémonies de dévotion, des groupes, liés aux Mayas du Sud, et aux anciens Aztèques, chantent et dansent. Le son huasteco de ces populations huastèques, mélangées, mestizos, originaires de plusieurs états au nord et à l’ouest de Veracruz, se joue en trio : un violon, virtuose, aux improvisations ornées, une guitare quinta ou huapanguera, volontiers mélodique, et une guitare plus petite, la jarana huasteca, soutiennent un falsetto au timbre d’une saisissante énergie. Dans des coplas de six vers, les voix s’élèvent tour à tour et se font mémoires des plaisirs et des peines de l’amour.