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20 septembre

cycle jazz Bleu indigo 2011-2012

Après avoir présenté certaines des ramifications les plus avancées du jazz au 21ème siècle, la série Bleu Indigo, pour sa seconde saison, explore des mondes parallèles.

Ni tout à fait du « jazz », ni tout à fait des « musiques du monde », et encore moins leur « fusion », mais des rencontres entre différentes traditions et différents devenirs, qu’il s’agisse de projets basés sur les univers de références composites des artistes invités ou de confrontations, d’équations musicales et socio-musicales à plusieurs inconnues. D’hybrides. Les musiques du champ jazzistique, après tout, n’y sont-elles pas prédisposées, elles qui ont été parmi les premiers hybrides des temps modernes ? Et depuis ce jour, maniant le paradoxe, elles cessent d’être elles-mêmes dès qu’elles cessent de produire de nouveaux mélanges, de nouvelles relations – aussitôt qu’elles cessent de différer.

modalités pratiques

théâtre Claude Lévi-Strauss

tarifs

  • tarif plein 15 €
  • tarif réduit 10 € (moins de 25 ans, titulaires de la carte famille nombreuse, Amis du musée)
  • gratuité pour tous les concerts Bleu Indigo pour les adhérents du musée en savoir plus sur les Pass quai Branly
  • Accès gratuit au plateau des collections du musée sur présentation du billet

réservations

au 01 56 61 71 72, du lundi au vendredi, de 10h à 16h30

Hamid Drake & Michael Zerang & Dee Alexander

samedi 2 juin 2012 à 18h

Ils sont fameux batteurs tous les deux, grands propagateurs de rythmes et de remous à travers les miroirs et les mondes du jazz et des musiques improvisées. Mais c’est encore trop peu dire : Hamid Drake est considéré comme l’un des meilleurs praticiens des tambours sur cadre, et il excelle également au tambour batá, ou iyà, ainsi que sur les tablas, tandis que dumbek ou darabukka n’ont plus de secret pour Michael Zerang. La famille afro-américaine de l’un vient de la vallée du Mississippi et la famille assyrienne de l’autre vient de la vallée du Tigre et de l’Euphrate, mais d’un homme ou d’un fleuve à l’autre, la ligne de partage des eaux passe par monts et merveilles. Drake et Zerang se connaissent depuis toujours et chaque année à Chicago et à l’aube, pour le solstice d’hiver, ils rassemblent leurs percussions d’Afrique du Nord, de l’Ouest, du Moyen-Orient et de l’Est de l’Inde, et ils jouent et jonglent avec mille rythmes pour un public de matinaux.

Pour la première fois, à Paris, avant le solstice d’été, ils ont invité une vieille connaissance, une chanteuse mutante, qui connaît autant de chants d’oiseaux, même imaginaires, surtout imaginaires, que les deux amis connaissent le chant des tambours : la diva Dee Alexander.

Les concerts jazz Bleu indigo passés

Wadada Leo Smith & Louis Moholo Moholo

Wadada Leo Smith © Scott Groller
Wadada Leo Smith © Scott Groller
Louis Moholo-Moholo © DR
Louis Moholo-Moholo © DR

samedi 22 octobre 2011 à 18h

Wadada Leo Smith occupe depuis plus d’un quart de siècle la chaire Dizzy Gillespie au California Institute of the Arts, ce que lui a notamment valu sa carrière de trompettiste foudroyant, et d’avoir été l’un des premiers improvisateurs à avoir pensé de nouveaux rapports entre jazz et musiques du monde, dès les années 70. En ouverture de cette seconde saison, il a choisi de poursuivre sa série de duos avec les plus téméraires batteurs en se produisant aux côtés de Louis Moholo-Moholo, esprit frappeur sud-africain, de culture Sutu et Xhosa, mais marqué par un long exil européen du temps de l’apartheid, au cours duquel il s’est livré corps et âme à l’improvisation libre.

 

Au programme également : une conférence de Wadada Leo Smith sur sa musique et ses partitions graphiques le vendredi 21 octobre 2011, à 18h30 / accès libre / salle de cinéma du musée

Joe Morris’ Lava Bat

Joe Morris Lava Bat Project © DR
Joe Morris Lava Bat Project © DR

samedi 26 novembre 2011 à 18h

En apparence, une adaptation du notoire quintette du Hot Club de Paris, formé en 1934 par Django Reinhardt et Stéphane Grappelli : trois guitares acoustiques, une contrebasse et un violon. À ceci près que « l’hommage » ici rendu, soixante-quinze ans plus tard, l’est par un improvisateur américain qui s’est formé à l’écoute des joueurs de guitare du blues (particulièrement Blind Lemon Jefferson), des joueurs de kora des musiques ouest-africaines (particulièrement Alhaji Bai Konte) et des joueurs de cordes détraquées de l’improvisation libre non-idiomatique (particulièrement Derek Bailey). Qui plus est, avec le Prime Time d’Ornette Coleman en tête, Joe Morris s’est notamment entouré de son ancien élève Mary Halvorson, laquelle défraie actuellement la chronique new-yorkaise, et de la violoniste tunisienne virtuose Yasmine Azaiez.

Universal tonality / William Parker

William Parker © Claudio Casanova
William Parker © Claudio Casanova

samedi 28 janvier 2012 à 18h

dans le cadre du Festival Sons d'Hiver

C’est un orchestre « d’un autre genre », « d’une autre dimension », que le contrebassiste William Parker a réuni. Se concentrant sur le doussou n’goni, la harpe-luth utilisée par certains chasseurs du Mali, et son cousin le guembri, il y adjoint contrebasse, saxophones et flûtes et remplace la traditionnelle diva de jazz par une chanteuse venue d’Inde du Nord : Sangeeta Bandyopadhyay. Parallèlement, William Parker et son alter ego Bill Cole ont recours à des instruments à anche double, du type du hojok coréen ou de la bombarde bretonne, pour dépareiller la section des instruments à vent, trompettes et saxophones. Tandis que la contrebasse, redoublée parfois par le doussou n’goni, n’en démord pas d’une progression de longue haleine, bardée de rythmes tournoyants, au gré de laquelle s’organisent d’amples mouvements de va-et-vient.

une coproduction Festival Sons d’Hiver / musée du quai Branly

Benoît Delbecq trio + David Boykin et Josh Abrams

samedi 10 mars 2012, 18h

Le pianiste Benoît Delbecq, dont la technique de jeu et les méthodes de composition ont été autant influencées par Mal Waldron ou György Ligeti que par la musique et les chants des pygmées Aka, a formé son nouvel hypnotique trio, tout de grâces et de décalages, avec Jean-Jacques Avenel (le contrebassiste historique de Steve Lacy, mais aussi un joueur de kora dans l’âme) et le batteur Émile Biayenda, venu de Brazzaville. C’est précisément ce dernier, initié aux traditions percussives de son pays natal, qui servira de pivot à la soirée, avec ses deux amis européens d’abord, en trio décidément afro-américain avec le saxophoniste David Boykin et le contrebassiste (mais aussi joueur de guembri) Josh Abrams, venus de Chicago, ensuite. Comment les cinq musiciens des deux trios réussiront enfin à s’emboîter et à renforcer l’aspect composite / cosmopolite de leur association, de leur triangulation Afrique / Europe / Amérique, reste à découvrir sur scène.

East-West Collective

(c) Maarit Kytöharju

samedi 21 avril 2012 à 18h

Le violoncelliste voyageur Didier Petit travaille depuis plusieurs années avec la joueuse chinoise de guzheng Xu Feng-Xia (et le clarinettiste Sylvain Kassap) à redéfinir les approches et les pratiques de l’improvisation musicale à partir des traditions occidentales et orientales. Il y travaille même en étant l’un des très rares improvisateurs européens à faire le déplacement jusqu’en Chine, chaque année. Or le koto, version japonaise du guzheng, a fait l’objet d’une expertise équivalente, dans le même temps, de la part de Miya Masaoka souvent associée au saxophoniste américain Larry Ochs. Les uns et les autres se connaissant de réputation, et s’estimant, invitation leur a été lancée à se réunir sur scène pour confronter leurs découvertes. Et à faire de toutes leurs cordes et de tous leurs souffles.