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24 juillet

cinéma

du dimanche 26 au vendredi 31 décembre 2010

Himalaya l'enfance d'un chef © Bac-Distribution

Dans le cadre de la semaine en Himalaya, une dizaine de films de fiction propose différents regards sur le monde himalayen : les regards occidentaux sur un Himalaya mythique, deux films chinois et les premières fictions de réalisateurs tibétains et bhoutanais.

Le cinéma entre au Tibet dès les années 1920 et, du côté occidental, c’est Frank Capra qui, le premier, met en scène les montagnes mythiques et la sagesse du peuple de Shangri-La. La vogue des films tibétains qui mettent en images lamas, initiation au bouddhisme et paysages grandioses, prend un nouvel essor dans les années 1990, en lien avec un certain activisme hollywoodien, avec les réalisations de Bertolucci, Martin Scorsese et Jean-Jacques Annaud : des films qui explorent la relation de l’homme à la nature et à l’histoire, et questionnent d’une certaine manière le matérialisme occidental.

Ces explorations cinématographiques occidentales et l’intérêt pour le monde himalayen ont vu peu à peu naître et émerger un nouveau cinéma de la région : le lama bhoutanais Khyentse Norbu, le couple de réalisateurs Ritu Sarin et Tsenzing Sonam, implantés en Inde, et d’autres qui explorent les pistes du documentaire et de la fiction.

Ainsi des réalisateurs tibétains en exil et des réalisateurs bhoutanais, par ailleurs lamas, ont contribué à une nouvelle vision de la région en Occident, véhiculant de nouveaux questionnements sur les rapports entre modernité occidentale et traditions bouddhistes. Le Bhoutan notamment, enclave entre la Chine et l’Inde, a connu plusieurs tournages depuis les années 2000 qui font coexister technologies de la communication et traditions bouddhistes de divination, de bénédiction et de méditation.

dimanche 26 décembre 2010

La-Coupe © Pyramide

15h : La Coupe de Khyentse Norbu (Australie / Bhoutan, 1999, 1h33)

Avec Kusag Nyima, Pema Tshudup, Orgyen Tobgyal, Neten Chokling, Jamyag Lodro

Palden et Nyima, deux jeunes Tibétains, se sont enfuis de leur pays pour trouver refuge dans un monastère du nord de l'Inde. Leur apprentissage de la vie monastique est rapidement troublé par la fièvre que provoque la Coupe du monde de football en France…

La Coupe propose une vision particulièrement vivante et drôle de la vie monastique et nous fait partager de l’intérieur le quotidien de ces moines et les interrogations sur leur avenir dans un monde qui change. Succès international, ce premier long métrage en langue tibétaine a été réalisé par un éminent lama de tradition bouddhiste, Khyentse Norbu, qui a découvert le cinéma en participant au tournage du Little Buddha de Bertolucci sur lequel il était conseiller technique. Conte semi-autobiographique sur la passion d'un groupe de moines tibétains pour le football, le film a été tourné au monastère de Chokling, au pied de l’Himalaya, avec des acteurs et une équipe technique constitués de moines et de novices.

17h : Dreaming Lhasa de Ritu Sarin et Tenzing Sonam (Inde / Grande Bretagne, 2005, 1h30)

Inédit en France / version originale sous-titrée en français

Avec Tenzin Chokyi Gyatso, Jampa Kalsang, Tenzin Jigme

Karma, jeune femme tibétaine qui vit à New York et n’a jamais connu le Tibet, a pour projet de tourner un documentaire sur les exilés. Elle part pour Dharamsala, lieu d’exil du gouvernement et de nombreux tibétains en Inde, et rencontre Dhondup, ancien moine. Ils partent ensemble sur les traces de leur pays et culture d’origine.

Nés en Inde, Ritu Sarin, indienne, et Tenzing Sonam, d’origine tibétaine, travaillent ensemble depuis la fin des années 80. Réalisateurs de documentaires notamment pour la BBC, Dreaming Lhasa est leur premier film de fiction. Tourné principalement à Dharamsala et en Inde, il dépeint le monde de ces exilés à la recherche de leurs racines, de leur histoire et d’une identité.

lundi 27 décembre 2010

15h : Kundun de Martin Scorsese (Etats-Unis, 1997, 2h15)

Avec Tenzin Thuthob Tsarong, Gyurme Tethong, Tulku Jamyang Kunga Tenzin

En 1937, un enfant issu d'une modeste famille de paysans tibétains est reconnu comme la 14ème réincarnation du Bouddha de la Compassion et choisi pour devenir le chef spirituel et politique de son pays, le dalaï-lama.
Martin Scorsese filme Kundun de son plus jeune âge à l'invasion du Tibet par l'armée de Mao puis à son exil en Inde en 1959, dans une biographie adaptée des propres mémoires du 14ème dalaï-lama. Tourné au Maroc avec des acteurs tibétains, ce film rend hommage au destin exceptionnel d’un jeune homme devenu un leader spirituel et politique, figure de la non-violence. Décors et reconstitutions minutieuses, mise en scène somptueuse et musique de Philip Glass font de ce Scorsese apaisé et méditatif un magnifique témoignage d’une épopée spirituelle et morale.

mardi 28 décembre 2010

15h : Le voleur de chevaux de Tian Zhuangzhuang (Chine, 1986, 1h28)
Avec Tseshang Rigzin, Dan Jiji

Au Tibet en 1923, un berger qui vit misérablement devient voleur de chevaux pour nourrir sa femme et son enfant. Il est rejeté par sa tribu.
Cinéaste chinois de la cinquième génération avec Chen Kaige et Zhang Yimou, Tian Zhuangzhuang s’est souvent attiré les foudres du gouvernement, à cause des sujets traités (les minorités ethniques dans Le voleur de chevaux, la Révolution Culturelle dans Le cerf-volant bleu qui lui vaudra 9 ans d’interdiction de tournage). En 2004, il a réalisé Delamu, le premier film chinois en télévision haute-définition, à propos des minorités dans le Yunnan et au Tibet. Censuré en Chine, Le voleur de chevaux est l’un des films préférés de Martin Scorsese.

17h : Dreaming Lhasa de Ritu Sarin et Tenzing Sonam (Inde / Grande Bretagne, 2005, 1h30)

Inédit en France / version originale sous-titrée en français

mercredi 29 décembre 2010

Himalaya l'enfance d'un chef © Bac-Distribution

15h : Himalaya l’enfance d’un chef d’Eric Valli (France / Suisse / Népal, 1999, 1h44)

Avec Thilen Lhondup, Lhapka Tsamchoe, Gurgon Kyap, Nyima Lama, Karma Wangiel

Dans les hautes montagnes du Népal, dans le Dolpo, Kinlé, vieux chef caravanier, et Karma, jeune caravanier d’un clan rival, s’affrontent. Ils s’engagent séparément sur la route du sel avec leurs yaks…

Filmé entièrement dans des décors naturels avec des acteurs non professionnels, Himalaya  l’enfance d’un chef est un véritable western népalais filmé à 5 000 mètres d’altitude, avec des yaks à la place des chevaux… Documentariste spécialiste et passionné par le Tibet, Eric Valli met en scène une histoire à la frontière entre documentaire et fiction. Des images splendides, un succès public et critique, récompensé par 2 Oscars.

17h Kekexili - La patrouille sauvage de Chuan Lu (Chine, 2004, 1h35)

Avec Duo Bujie, Lei Zhang, Liang Qi, Zhao Xueying

Pour empêcher le massacre des antilopes du Tibet, espèce menacée d’extinction, une patrouille de volontaires part à la recherche d’un gang de braconniers sur les plateaux du Kekexili. Une poursuite impitoyable s’engage entre les deux groupes dans des conditions extrêmes, à 5 000 mètres d’altitude.

Kekexili est une curiosité cinématographique tout en contrastes : film chinois ayant reçu le tampon officiel de Pékin, il dépeint la région sensible des hauts plateaux tibétains. Film écologique en rupture avec la priorité d’un développement économique incontrôlé, il s’agit également d’une œuvre de fiction qui s’appuie sur une histoire véridique, tournée de manière quasi documentaire. Tournage extrêmement difficile, images somptueuses, ce film dans lequel la nature a le premier rôle, a obtenu de nombreuses récompenses lors de festivals.

jeudi 30 décembre 2010

Voyageurs et magiciens © Pyramide

15h : Voyageurs et magiciens de Khyentse Norbu (Australie / Bhoutan, 2004, 1h50)

Avec Tshewang Dendup, Lhakpa Doiji, Sonam Kinga, Sonam Lhamo, Deki Yangzomi

Dondup, fonctionnaire dans un minuscule village des montagnes du Bhoutan, s’ennuie et rêve des États-Unis. Pour s’y rendre, il ne lui manque qu'un visa qu'il doit aller chercher à pied dans une lointaine grande ville.

Ce second film du lama bouddhiste Khyentse Norbu, remarqué en 1999 avec La Coupe, est le premier long métrage entièrement produit et réalisé au Bhoutan, petit royaume préservé situé sur les pentes de l’Himalaya. Ce récit initiatique en dialecte dzongkha, langue officielle du Bhoutan, tourné avec des acteurs non-professionnels, nous fait découvrir un pays profondément religieux qui a choisi de préserver ses traditions ancestrales. Prix du Public au festival du film asiatique de Deauville en 2004, il a été tourné selon l'esprit et les traditions du pays : la pratique du mo sur le tournage, méthode ancienne de divination, a déterminé la distribution des rôles, le choix de l'équipe technique et même la date du premier jour de tournage. De même, des cérémonies bouddhistes, les pujas, ont eu lieu régulièrement afin d'écarter les difficultés et de placer le film sous de bons auspices.

Milarépa © Jupiter-Films

17h Milarépa, la voie du bonheur de Neten Chokling (Bhoutan, 2005, 1h35)

Avec Orgyen Tobgyal, Kelsang Chukie Tethtong, Jamyang Lodro, Jamyang Nyima
Tibet, XIe siècle. Milarépa vit une enfance heureuse et privilégiée. Son père meurt, confiant toute sa richesse à son frère. L’oncle cupide s’empare des biens de son frère et plonge dans la misère Milarépa, sa mère et sa sœur. Initié à la magie noire et de retour chez lui, Milarépa invoque un sortilège qui détruit une partie du village. Accablé de remords, il part en quête du Maître spirituel qui le délivrera de la souffrance. Le parcours initiatique de Milarépa, yogi tibétain qui a débuté en tant que sorcier puis s’est consacré aux pratiques du dharma, est un itinéraire exemplaire où la compassion finit par l’emporter sur la colère.

Neten Chokling est né en 1973 au Bouthan et dirige aujourd’hui deux monastères, en Inde et au Tibet. Il a son premier contact avec le cinéma en participant au tournage de Little Buddha de Bernardo Bertolucci, puis à celui de La coupe de Kyentse Norbu. Milarepa, la voie du bonheur est son premier long métrage et le troisième long-métrage produit au Bhoutan après La coupe et Voyageurs et magiciens.

Horizons-Perdus © Films-sans-Frontière

19h : Horizons perdus de Frank Capra (Etats-Unis, 1937, 2h12, NB)

Avec Ronald Colman, Jane Wyatt, John Howard, Thomas Mitchell

En 1935, dans une Chine déchirée par la révolution et la guerre civile, le diplomate anglais Robert Conway organise l'évacuation de ces concitoyens et monte avec quatre autres évacués dans le dernier avion en partance pour les Indes britanniques. Leur avion s’écrase dans les montagnes tibétaines. Les survivants sont recueillis dans la vallée de Shangri-La où ils découvrent un véritable paradis où règnent harmonie et bonheur…
Première œuvre à grand budget produite par la Columbia et grand succès public et critique de l’époque, Horizons perdus est un film utopiste et mythique de Capra, qui véhicule le message d'amour et de paix cher au réalisateur, symbolisé par Shangri-La, paradis terrestre caché dans les montagnes du Tibet et ignoré du reste du monde. Réalisé au moyen de prouesses techniques et de décors monumentaux, Horizons perdus est un grand film qui conjugue suspense, mystère, fantastique, poésie et action.