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12 juillet

le musée du quai Branly et l'esclavage

Consacré aux arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et d'Amérique, le musée du quai Branly a des missions à remplir vis-à-vis des sociétés non européennes. Même s'il n'est pas directement lié à l'esclavage, le musée a un rôle indéniable à jouer dans la Mémoire de la traite négrière, qui se confond pendant quatre siècles avec la Mémoire du continent africain tout entier, et, partant, avec la Mémoire de l'humanité.

des objets des collections liés à l'esclavage

 
Les collections du musée du quai Branly sont avant tout de nature ethnographique : elles ont été rassemblées plus d'un demi-siècle après l'abolition de l'esclavage en France. Les objets liés à la traite négrière sont relativement rares dans les collections, même si elles comptent notamment des objets de la collection Victor Schoelcher sur l'esclavage aux Antilles.

l'un des fonds iconographiques les plus riches en France

En revanche, le musée du quai Branly dispose d'un fonds iconographique extrêmement spécialisé : selon l'inventaire fait pour l'occasion par la Direction des musées de France, il s'agit de l'un des fonds iconographiques liés à l'esclavage les plus importants en France. Consacrées à l'Histoire des regards et des voyages, de nombreuses images (peintures, gravures, lithographies, dessins…) livrent un témoignage de premier plan sur l'esclavage.

Ce fonds iconographique peut se répartir en trois ensembles au musée du quai Branly.

* Un premier ensemble est lié aux différentes étapes de la traite : peintures et gravures relatent la capture des esclaves, leur « transport » par bateau pour les Amériques ou par voie de terre pour la traite transsaharienne.

* Un autre ensemble est constitué par l'iconographie abolitionniste (celle-là même qui sera récupérée par la propagande colonialiste) : un exemple pertinent de cette peinture officielle est donné par L'Allégorie de l'Abolition (1849). Le tableau regorge d'éléments qui illustrent un discours très « français » avec, sur une même diagonale : la sucrière, le buste de Marianne, la cocarde sur le veston, le texte de l'Abolition, et une « Marianne noire » agenouillée, avec son enfant…

* Enfin, le musée du quai Branly conserve d'étonnants portraits d'esclaves : tout à fait exceptionnels, ces dessins (pastels, fusain) livrent l'envers de l'histoire officielle. Cette série de portraits correspond bien à cette histoire des regards que le musée du quai Branly défend à travers ses collections et ses expositions. Le point de vue humaniste du portraitiste redonne une liberté symbolique à ces esclaves « croqués » dans un moment de leur vie, et contribue à restituer, dans leur dignité, la mémoire de ces hommes et de ces femmes.

la documentation multimédia

 
Sur le plateau des collections, le visiteur du musée du quai Branly pourra consulter librement une centaine de programmes multimédia spécialement conçus pour la muséographie. L'un d'eux, Afrique conçu par Jean Boulègue, Sarah Frioux-Salgas et Aurélien Gaborit aborde directement la question de l'esclavage. A l'occasion de la Journée de la Mémoire de l'esclavage, le musée du quai Branly vous en propose des extraits, en exclusivité, avant l'ouverture au public le 23 juin 2006 :

Ouidah, un comptoir négrier

Les routes de l'esclavage au 18e siècle

Les abolitions de l'esclavage issues des traites transahariennes, transatlantiques et orientales