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22 décembre

 

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voir aussi la bibliographie "La Fabrique des images : visions du monde et formes de la représentation"

salon de lecture

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Les visées de la figuration : un cycle mensuel de rendez-vous au salon de lecture autour de l'exposition la Fabrique des images : le dernier samedi du mois à 17h

peinture sur écorce : tortue d'eau douce au cou court (animal Dua) © musée du quai Branly, photo Michel Urtado, Thierry Ollivier
peinture sur écorce : tortue d'eau douce au cou court (animal Dua) © musée du quai Branly, photo Michel Urtado, Thierry Ollivier

La Fabrique des images

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Après Qu’est-ce qu’un corps ? et Planète métisse, la 3e grande exposition d’anthropologie du musée du quai Branly propose au public de découvrir une « fabrique des images » qui touche les 5 continents. Avec 160 oeuvres et objets, elle invite à un décryptage des grandes productions artistiques et matérielles de l’Humanité pour révéler ce qui ne se voit pas d’emblée dans une image.

mezzanine Ouest

billet collections 8,50 € plein tarif et 6 € tarif réduit

du mardi 16 février 2010 au dimanche 17 juillet 2011

commissariat : Philippe Descola, anthropologue, directeur d’études à l’EHESS et professeur au Collège de France

La compréhension des images se fonde sur 4 grands modèles iconologiques créés par l’Homme, au-delà de tout classement géographique ou chronologique, que ce soit en Afrique, dans l’Europe des XVe- XVIe siècles, dans les Amériques des Indiens d’Amazonie ou des Inuit d’Alaska, jusque dans l’Australie des Aborigènes. L’exposition La fabrique des images dévoile ces 4 modèles - traduisant 4 grandes visions du monde - que sont le totémisme, le naturalisme, l’animisme et l’analogisme.

Avec la Fabrique des images, le visiteur découvre les différents principes de déchiffrement selon lesquels les civilisations voient le monde et en rendent compte.

L'exposition La Fabrique des images a été réalisée en partenariat avec le musée du Louvre

extraits de l'audioguide

4 objets décryptés en vidéo

une coproduction de Connaissance des Arts et du musée du quai Branly

visite flash

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découvrez une sélection commentée de quelques-unes des oeuvres présentées dans l'exposition

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le parcours de l'exposition

L’exposition la Fabrique des images aide le public à comprendre et déchiffrer 4 grands systèmes de visions du monde créés par l’Homme, appelés « ontologies ». Le parcours invite le visiteur à passer par 4 sections correspondant aux 4 « ontologies » : la partie « un monde animé » est consacrée à l’animisme, « un monde objectif » au naturalisme, « un monde subdivisé » au totémisme et « un monde enchevêtré » à l’analogisme. Une 5e section, à vocation comparative, permet de comprendre, grâce à quelques exemples de « faux amis », que des procédés formels ou des dispositifs iconographiques en apparence trèsproches répondent en fait à des intentions figuratives tout à fait différentes.

masque "Atujuwa" femelle © musée du quai Branly photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

« un monde animé » : l’animisme

La 1e section de l’exposition s’intéresse à l’animisme, c’est-à-dire la généralisation aux nonhumains d’une intériorité de type humain. Toute entité - un animal, une plante, un artefact - est dotée d’une intériorité, animée d’intentions propres, capable d’action et de jugement. Par contre, l’apparence physique change d’une entité à l’autre. Le modèle animiste rend visible l’intériorité des différentes sortes d’existant et montre que celle-ci se loge dans des corps aux apparences dissemblables.

arrière cour d'une maison hollandaise, Pieter de Hooch (1629-1684) © R.M.N. photo Gérard Blot

« un monde objectif » : le naturalisme

La formule du naturalisme est inverse de celle de l’animisme : ce n’est pas par leur corps, mais par leur esprit, que les humains se différencient des non-humains, comme c’est aussi par leur esprit qu’ils se différencient entre eux.

Quant aux corps, ils sont tous soumis aux mêmes décrets de la nature et ne permettent pas de singulariser par des genres de vie, comme c’était le cas dans l’animisme.

Cette vision du monde, qui domine en Occident depuis des siècles, doit donc figurer 2 traits :

  • l’intériorité distinctive de chaque humain
  • la continuité physique des êtres et des choses dans un espace homogène
peinture sur écorce © musée du quai Branly photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

« un monde subdivisé » : le totémisme

Cette section présente le monde du totémisme, composé d’un grand nombre de classes d’êtres regroupant des humains et diverses sortes de non-humains, les membres de chaque classe partageant des ensembles différents de qualités physiques et morales que le totem est réputé incarner.

Dans les sociétés aborigènes d’Australie, le noyau de qualités caractérisant la classe est issu d’un prototype primordial, traditionnellement appelé « être du Rêve ». Les images totémiques révèlent donc l’identité profonde des humains et des non-humains de la classe totémique : identité interne (ils incorporent une même « essence » dont la source est localisée et dont le nom synthétise les propriétés qu’ils possèdent en commun) et identité physique (ils sont formés des mêmes substances, sont organisés selon une même structure et possèdent le même genre de tempérament et de dispositions).

Pour bien comprendre ce que sont les images totémiques, il faut d’abord se pencher sur le statut général des images en Australie. Elles sont toutes et partout liées aux êtres du Rêve et aux actions dans lesquelles ces prototypes se sont engagés afin de mettre en ordre le monde et de le rendre conforme aux subdivisions qu’ils incarnent eux-mêmes.

Les objectifs figuratifs du totémisme australiens sont mis en oeuvre au moyen de 2 stratégies bien différenciées :

  • le corps apparaît comme à l’origine de l’image qu’il a engendrée ; c’est par exemple « l’empreinte du corps » d’une peinture sur écorce
  • la 2nde stratégie montre comment le monde a été formé par des êtres qu’on ne voit pas mais qui ont laissé des traces sur le paysage ; c’est ce que l’on appelle « l’empreinte du mouvement »
poupée rituelle © musée du quai Branly photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

« un monde enchevêtré » : l’analogisme

La 4e section de la Fabrique des images propose au public de découvrir le modèle iconologique de l’analogisme, modèle inverse du précédent. Avoir sur le monde un point de vue analogiste signifie percevoir tous ses occupants comme différents les uns des autres. Ainsi, au lieu de fusionner en une même classe des entités partageant les mêmes substances, ce système distingue toutes les composantes du monde et les différencie en des éléments singuliers.

Un tel monde, dans lequel chaque entité forme un spécimen unique, deviendrait impossible à habiter et à penser si l’on ne s’efforçait de trouver des correspondances stables entre ses composantes humaines et non humaines, comme entre les parties dont elles sont faites. Par exemple, selon les qualités qu’on leur impute, certaines choses seront associées au chaud et d’autres au froid, au jour ou à la nuit, au sec ou à l’humide.

La pensée analogiste a donc pour objectif de rendre présents des réseaux de correspondance entre les éléments discontinus, ce qui suppose de multiplier les composantes de l’image et de mettre en évidence leurs relations. Quelle que soit l’exactitude de la représentation des détails à laquelle la figuration analogique peut parvenir, elle ne vise pas tant à imiter avec vraisemblance un prototype « naturel » objectivement donné, qu’à restituer la trame des affinités au sein de laquelle ce prototype prend un sens.

On trouve maintes illustrations contemporaines de l’ontologie animiste parmi les grandes civilisations d’Orient, en Afrique de l’Ouest ou dans les communautés indiennes des Andes et du Mexique.

grand masque de diablada © musée du quai Branly photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

mirages de ressemblances : les faux-amis

Le parcours s’achève sur une présentation didactique, côté à côte, d’images ayant des propriétés formelles similaires, mais dont les conventions figuratives répondent à des principes tout à fait différents. Cette ultime étape de l’exposition explique au public comment décrypter ces images pour en mesurer les différences, attirant son attention sur le fait qu’une approche purement formelle des images ne permet pas de mettre en évidence les différentes visions du monde qu’elles expriment.

4 thèmes sont ainsi abordés :

  • la peinture de paysage : une peinture de paysage hollandaise (l’imitation de la nature propre au naturalisme) et une peinture de paysage chinois (une réplique du cosmos propre à l’analogisme)
  • la figuration humaine : l’homme inscrit dans le cercle du cosmos divin (selon l’analogisme médiéval) et l’homme inscrit dans le cercle de sa propre mesure (selon le naturalisme de la Renaissance)
  • le portrait : un buste d’ancêtre figuré de façon réaliste (propre à la connectivité analogiste) et un portrait sculpté (propre à la peinture de l’âme naturaliste)
  • les masques à forme d’oiseaux : un masque de la côte nord-ouest figurant une intériorité de type humain dans un corps animal (propre à l’animisme) et un masque du carnaval d’Oruro, fait d’attributs composites (une chimère analogiste)

partenaires médias de l’exposition

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