Changer de langue :

23 octobre

avec le soutien de

Mécènes principaux de l'exposition

Mécène de l'exposition et de la restauration des masques kanak

Partenaire de l'exposition

Maison de la Nouvelle-Calédonie

 

Crédits photos

(1) © Musée de Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Nouvelle-Calédonie / Eric Dell'Erba

(2) © musée du quai Branly, photo Patrick Gries

(3) Agence de Développement de la culture kanak-Centre Tjibaou, Nouméa, Nouvelle-Calédonie / ® Eric Dell'Erba

(4) © musée du quai Branly, photo Claude Germain

(5) © Musée de Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Nouvelle-Calédonie / ® Eric Dell'Erba

Kanak, l'Art est une parole

 - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre

du mardi 15 octobre 2013 au dimanche 26 janvier 2014

  • galerie Jardin
  • billet Expositions temporaires ou billet jumelé

commissariat

  • Emmanuel Kasarhérou, chargé de mission à l’Outre-mer au musée du quai Branly, conservateur en chef du patrimoine et ancien directeur de l’Agence du Développement de la Culture Kanak et du Centre culturel Tjibaou en Nouvelle-Calédonie.
  • Roger Boulay, ethnologue, spécialiste du patrimoine kanak

autour de l'exposition

visites, catalogue et événements autour de l'exposition

Bande-annonce de l'exposition

À propos de l'exposition

Cette exposition, la plus importante réalisée sur la culture kanak, rassemble plus de 300 œuvres et documents exceptionnels issus de collections publiques d’Europe (Autriche, Suisse, France, Allemagne et Italie) et de Nouvelle-Calédonie.

Elle montre de nombreuses pièces inédites et spectaculaires parmi les grandes œuvres classiques du monde de l’art kanak : chambranles sculptés des Grandes maisons, haches ostensoirs de jade, sculptures faitières, statuettes et ornements d’une large diversité.

L’exposition est organisée autour de deux grands principes :

Applique de porte de case, fin du 19ème siècle. INV. MNC86.5.1 - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
(1) Applique de porte de case, fin du 19ème siècle. INV. MNC86.5.1

Les Kanak parlent d’eux-mêmes

Ce sont les Kanak eux-mêmes qui assurent au visiteur la voie de la compréhension de leur monde et de leur vision. Ils en commentent les aspects essentiels à la première personne et en les insérant dans l’histoire, distinguant entre l’intemporel et le factuel. C’est pourquoi l’exposition est structurée selon des catégories culturelles propres au monde kanak.

Kanak et Européens échangent leurs regards

L’exposition tente de concilier deux points de vue : celui du Kanak qui regarde ces visiteurs venus d’un autre monde et celui du marin, du colon ou du missionnaire européen sur la vie et la parole kanak.  L’exposition est ainsi l’occasion, autour des objets et des documents présentés, de faire dialoguer le riche patrimoine immatériel du monde kanak et des œuvres en grande partie issues d’institutions muséales occidentales qui sont aujourd’hui les gardiennes d’une bonne part du patrimoine matériel.

 

 

Carte de la Nouvelle-Calédonie : aires coutumières, principales villes et îles. - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
Carte de la Nouvelle-Calédonie : aires coutumières, principales villes et îles.

Parcours de l'exposition

L’exposition suit parcours circulaire dont l’introduction est aussi la conclusion. Cette circularité s’organise suivant un parcours principal intitulé "les cinq visages", caractérisé par la présence forte et rendue évidente de la parole kanak, et un parcours secondaire intitulé "les reflets", rendant lisible l’évolution du regard occidental sur le monde kanak par l’accumulation de témoignages documentaires.

Némèè : les "visages"

Hache-ostensoir. Inv. 71.1946.0.51 X.
(2) Hache-ostensoir. Inv. 71.1946.0.51 X.

Dans la tradition kanak, se présenter revient à montrer son visage : il s’agit d’un protocole traditionnel d’entrée dans des espaces coutumiers pour des individus comme pour des représentants d’un groupe. Ces cinq "visages" sont  nommés en langue ajië, l’une des 28 langues kanak toujours parlées. 

Nô : le Verbe et la Parole

L’importance de la Parole se manifeste à travers la personne du chef (dit aussi "le grand aîné"). Elle s’exprime dans ce que l’on convient d’appeler la "coutume". Aujourd’hui les monnaies de coquillage y ont encore leur place. Autrefois de prestigieux objets y étaient échangés comme des haches de jade, objets ornés de cordonnets de poils de roussette, et ornements divers. Ces objets sont les supports de cette Parole. La figure historique du Grand Chef Mindia (1856-1921) est évoquée dans cette partie.

L'homme lézard, Dick Bone, 1992. Inv. 63/92/NC/ADCK
(3) L'homme lézard, Dick Bone, 1992. Inv. 63/92/NC/ADCK

Mwâ ma mwâcirî : la maison et le pays

Le pays kanak traditionnel s’organisait autour de trois réalités visibles dans le paysage : les lieux d’origine, les Grandes cases installées en haut d’une allée paysagée, les autels aux esprits et les traces des maisons d’origine. La mémoire contemporaine conserve ces chemins anciens qui furent bouleversés par la colonisation foncière, les déplacements de population et l’enfermement des Kanak dans des réserves. La figure historique Grand Chef Nidoish Naissiline (18?- 1880) est associée à cette section.

Mwâ ma mëu : le taro et l’igname

Le cycle immuable de la culture de l’igname, nourriture fondamentale, est un des symboles les plus importants de la vie kanak. Ils permettent de comprendre l’indéfectible attachement du Kanak à sa terre et, en conséquence, de mieux saisir le drame que fut la spoliation de cette terre qui aboutit à la grande révolte kanak de 1878. Dans cette section, la figure d’Ataï (1833-1878), chef de l’Insurrection de 1878, est évoquée.

Masque. Inv. 71.1880.39.4.
(4) Masque. Inv. 71.1880.39.4.

Bèmu ma rhee : les ancêtres et les esprits

Le religieux et le sacré vont s’exprimer et se concentrer autour de la figure ancestrale. Dans la société d’autrefois ils se manifestaient au grand jour à travers la sculpture et les masques tandis que les objets supports de puissance, comme les pierres magiques, se manipulaient dans le secret. La place importante du rêve dans la société kanak indique un mode de contact aux esprits qui garde toute sa vivacité. La figure historique du grand chef Aman de Touho illustre cette section.

Kamö ma vibéé : la personne et ses liens

La personne est fortement vécue dans le monde kanak. Mais on n’oublie jamais l’importance des liens sociaux qui la font vivre. Ces liens sont rappelés à chaque grande occasion de la vie par la circulation des monnaies qui les matérialisent. La société contemporaine vit toujours de ces liens dont on rappelle la profondeur dans les mariages et les grands deuils.

Toute l’ambition de Jean Marie Tjibaou (1936-1989) fut de tenter de construire un pays dont le contemporain s’appuierait sur ces fondements immuables de la société kanak. Autour de sa figure s’organise la fin du parcours.

Komè : les "reflets"

Pot à tabac représentant une tête d'homme kanak, seconde partie du 19e siècle. Inv. MNC2011.1.1a et b
(5) Pot à tabac représentant une tête d'homme kanak, seconde partie du 19e siècle. Inv. MNC2011.1.1a et b

Le parcours secondaire est constitué de quatre "reflets", jouant comme les satellites des "visages" :

  • L’invention : le regard des Lumières
  • L’inventaire : la description scientifique
  • La colonisation : l’invention d’une imagerie de propagande
  • La réappropriation de notre image : de Canaque à Kanak.

Le concept de "reflet" est l’outil de la mise en perspective historique de l’ensemble des œuvres présentées. Elles seront toujours datées avec évidence, soit renvoyant au passé, soit marquant, en rapport avec ce passé, la contemporanéité des fonctions et des sens.

Y seront montrés des objets liés aux grandes explorations du XVIIIème et du XIXème siècles, une évocation documentaire des expositions coloniales et universelles où furent exhibés plusieurs groupes de Kanak, de nombreux documents illustrant l’imagerie populaire et les lieux communs, des images photographiques et des documents évoquant l’évolution du regard scientifique et missionnaire sur le monde kanak.

Itinérance de l'exposition

L'exposition sera présentée du 15 mars au 15 juin 2014 au Centre culturel Tjibaou.

Partenaires médias de l'exposition