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17 avril

promenade à la carte

visitez également l'exposition virtuelle Chemins de couleurs...

en complément de l'exposition, trois étapes : la technique - les supports et les réserves, les couleurs et les motifs, et les usages pour préparer ou prolonger l'exposition...

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Cuve à teinture à l'indigo
Cuve à teinture à l'indigo
Boules d'indigo végétal séché
Boules d'indigo végétal séché
Nappe
Nappe

photographies Françoise Huguier, Cyril Zannetacchi © musée du quai Branly 

chemins de couleurs

teintures et motifs du monde

visuel affiche exposition chemins de couleurs

14 octobre 2008 - 4 janvier 2009

galerie suspendue Est

billet "collections"

commissaire : Françoise Cousin

La première exposition textile du musée du quai Branly est l’occasion de donner à voir la place des tissus dans les différentes sociétés qui les produisent ou les ont produits. Elle présente un ensemble d’étoffes dont le décor est obtenu en deux étapes successives et combinées : la constitution de « réserves » et la teinture.

En revanche, l’exposition ne traite pas d’autres procédés de réserves, comme l’ikat ou le batik – qui ont produit un ensemble particulièrement riche de textiles, visibles sur le plateau des collections du musée du quai Branly.

les tissus : révélateurs des sociétés

Parallèlement aux données concernant la facture et la dimension esthétique, le visiteur de Chemins de couleurs trouvera des informations sur l’usage - principalement mais pas exclusivement vestimentaire - des tissus exposés.

L’exposition proposera ainsi de découvrir le rôle et la place qu’ils prennent dans la vie sociale, comme marqueurs identitaires ou comme éléments de rituels profanes ou religieux. En effet, destinés à entrer dans le système vestimentaire des différentes cultures où ils sont présents, ces textiles participent à l’expression de leurs fonctions symboliques et sémiologiques.

Les conditions de fabrication fournissent également des informations sur l’organisation sociale, et les changements qui interviennent dans ce domaine sont révélateurs de l’évolution de la demande et des modes de production.

un principe décoratif original

La teinture est un procédé décoratif ancien, présent sur tous les continents.  Les tissus teints à réserves sont bien représentés dans les collections du musée du quai Branly et permettent des comparaisons stylistiques. 
L’ensemble présenté dans Chemins de couleurs se fonde sur un principe décoratif original : un tissu, de production locale ou d’importation, est traité de façon à ce que certaines portions soient mises hors d’atteinte de la teinture. Ces « réserves » sont obtenues par une série de manipulations expertes aux emplacements sélectionnés créant des reliefs maintenus temporairement par ligature, nouage, couture. Une fois prêt, le tissu est teint, puis les réserves sont retirées. C’est la première étape - la constitution des réserves - qui différencie cet ensemble des autres tissus à réserves qui, comme le batik, supposent l’application sur la surface la plus plane possible de substances diverses (cire, gomme, etc). 

Ce procédé de teinture à réserve présente deux caractéristiques, qui se retrouvent dans les décors qu’ils déterminent. 

- Tout d’abord, c’est le façonnage d’un objet bidimensionnel, le tissu, en un volume - c'est-à-dire en un objet tridimensionnel - qui permet la mise en place des réserves ;

- En second lieu, c’est la trace en négatif qui, laissée par les réserves sur le tissu teint, crée le décor.

En dehors du matériel de teinture proprement dit, qui n’est pas réservé à la coloration de ces tissus, l’outillage est très limité : du fil ou des lanières, des aiguilles, parfois un support, un dispositif de tension et de maintien du tissu, ou encore des caches, et surtout des doigts agiles et expérimentés. A la simplicité des moyens techniques répond cependant une très grande variété de décors. 

les variations décoratives

Les procédés sont mis en œuvre  sur différents matériaux : coton, raphia, pandanus, laine, soie, cuir. Ce sont des exemples de leurs variations, attestées dans tous les continents, qui seront déclinés tout au long de l’exposition

La réserve peut suivre des lignes plus ou moins matérialisées, supports où le décor se développe. Il peut s’agir d’empreintes dessinées à l’aide de marques, ou de lignes inscrites dans le tissu lui-même : rayures de couleurs contrastées ou simplement droit fil de l’étoffe. Si la réserve est au contraire réalisée sans l’aide de repères, c’est alors de son déroulement que naissent les motifs.

La couleur est l’élément stylistique le plus immédiatement visible. Bichromie ou polychromie dépendent du nombre de bains de teinture. L’indigo est fréquemment employé comme teinture unique ; quant à la polychromie, elle résulte de bains successifs de teintures naturelles ou de synthèse.

Les fouilles archéologiques, en Amérique, en Afrique et en Asie, ont permis d’attribuer une origine ancienne aux décors teints à réserves. Des tissus préhispaniques conservés dans les collections du musée du quai Branly évoqueront cette profondeur temporelle, tandis que des exemples d’aujourd’hui témoigneront de la pérennité des pratiques, variable d’une région à l’autre.

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