Changer de langue :

  • Fr
  • En
  • Es

2 octobre

informations pratiques

Voici le temps, un certain cinéma russe

15 films, 13 séances

du 26 au 31 décembre 2008

salle de cinéma du musée

accès libre dans la limite des places disponibles

en savoir plus sur l'exposition Upside down les Arctiques

Paysage, de Sergey Loznitsa © Deckert Films

cycle Voici le temps

un certain cinéma russe au musée du quai Branly

affiche de l'exposition Upside down les Arctiques

du vendredi 26 au mercredi 31 décembre 2008 : une rétrospective de films de non-fiction proposée par Stéphane Breton

En lien avec l’exposition Upside Down : les Arctiques et la thématique du Grand Nord abordée par le musée à Noël, l’ethnologue et réalisateur Stéphane Breton propose une rétrospective de films de « non-fiction » issus du nouveau cinéma documentaire russe d’Alexandre Sokourov, Sergey Dvortsevoy, Viktor Kossakovsky, et Sergey Loznitsa.

Dès l’origine, le cinéma russe se reconnaît à deux traits, le lyrisme et la musicalité du mouvement, d’une part, l’élaboration plastique de l’image, d’autre part. Nulle part plus que dans le cinéma de non-fiction ces caractères se trouvent-ils avec tant de force, depuis une quinzaine d’années en particulier.

Le nouveau cinéma « documentaire » russe est l’un des plus inventifs et singuliers qui soit. Sa vitalité lui vient sans doute du dédain qu’il professe à l’égard des formes cinématographiques banales défendues par la télévision. Il invente des postures d’observation nouvelles, inattendues, toujours poétiques.

On pourrait dire que c’est un cinéma qui s’attache à observer la durée des choses et des êtres. Rapidité ou patience des scènes, forme brève ou forme longue (le film le plus court dure 20 mn, le plus long 340 mn), ce cinéma insoucieux des modes joue sur la dilatation du regard. Un cinéma dont le temps est la matière.

vendredi 26 décembre 2008

14h - Élégie de la traversée d’Alexandre Sokourov (2001, 47 mn, VOSTF)

Dans cet essai poétique, forme ultime et affranchie du cinéma documentaire, un narrateur irréel traverse des paysages flottants et sombres pour se retrouver mystérieusement dans un musée hollandais, devant l’étrange tableau qui ressemble à un rêve qu’il a eu.

15h - Voix spirituelles d’Alexandre Sokourov (1995, 5h40, VOSTF)

Des gardes-frontières russes au Tadjikistan, à la frontière afghane, attendent que rien ne se passe et que des coups de feu, venus d’en face, déchirent inexplicablement un paysage sec et désolé.

samedi 27 décembre 2008

14h30 - Bonheur de Sergey Dvortsevoy (1996, 25 mn, couleur, VOSTF)

À l’aide d’une caméra posée en face de ceux qu’elle contemple avec la rigide immobilité des choses permanentes, on entre dans l’intimité d’une famille de pasteurs kazakhs et de leurs bêtes.

18h - Le jour du pain de Sergey Dvortsevoy (1998, 55 mn, couleur, VOSTF)

Un village en déréliction, non loin de Moscou, peuplé de vieillards et d’ivrognes, reçoit son pain de temps en temps dans un wagon qu’ils doivent pousser sur la voie car la locomotive ne daigne plus faire le trajet pour si peu. Si peu, si loin, si longtemps, ce sont les trois couleurs de ce lieu abandonné des dieux.

19h30 - Une vive humble d’Alexandre Sokourov (1997, 1h16, VOSTF)

Portrait d’une vieille femme vivant seule dans une maison de papier japonaise et cousant des kimonos de deuil. Si proche, si tendre, sachant saisir le souffle de son personnage silencieux, la caméra semble nourrie par le temps qui coule.

dimanche 28 décembre 2008

14h30 - Confessions d’Alexandre Sokourov (1998, 3h30, VOSTF)

Un navire de la flotte de guerre russe, à quai tout l’hiver, prisonnier de la glace et de la nuit polaire. Un équipage de novices soumis à une routine tenant lieu de haute mer. Un capitaine désœuvré et littéraire confessant ses doutes avec le lyrisme d’un personnage de Tchékhov.

Artel de Sergey Loznitsa © Deckert Films
Artel de Sergey Loznitsa © Deckert Films

lundi 29 décembre 2008

14h30 - Tishe! de Viktor Kossakovsky (2003, 1h20)

Pendant une année, le réalisateur a filmé, selon des règles dictées par le hasard, ce qui se passe sous ses fenêtres à Saint-Pétersbourg, dans une rue périodiquement en réparation pour les célébrations du 300ème anniversaire de la ville. On creuse des trous, on les bouche, on les creuse à nouveau, et on se rapproche du but. Lequel ?

16h30 - Artel de Sergey Loznitsa (2006, 30 mn)

Des pêcheurs de la Mer Blanche creusent dans la glace des trous où ils jettent leurs filets. Le ciel pèse comme un couvercle. Les silhouettes obscures agissent en silence. Le travail prend des airs de chorégraphie.

suivi de L’usine de Sergey Loznitsa (2004, 30 mn)

Une journée dans une usine en Russie. Des hommes et des femmes actionnent des machines et manient des matériaux. Le geste humain et le mouvement machinique se répondent dans une harmonie singulière.

Portrait de Sergey Loznitsa © Deckert Films
Portrait de Sergey Loznitsa © Deckert Films

mardi 30 décembre 2008

14h30 - Blocus de Sergey Loznitsa (2006, 52 mn, NB)

Le siège de Saint-Pétersbourg durant la Seconde Guerre mondiale, vu à travers des bandes d’archives rebruitées d’une manière à la fois réaliste et entêtante, au point que les faits prennent une dimension dramatique, presque hallucinatoire.

16h - Paysage de Sergey Loznitsa (2003, 60 mn, sous-titres anglais)

Au moyen de lents panoramiques circulaires qui détaillent les reliefs hivernaux d’une petite ville russe, on s’approche d’un coin de rue où une foule aux visages expressifs attend le bus sous la neige. Il semble ainsi que le chemin cinématographique le plus court pour pénétrer droit au cœur des choses consiste à embrasser l’horizon dans un long mouvement tournant.

17h30 - Portrait de Sergey Loznitsa (2002, 28 mn, NB)

De l’hiver à la débâcle, au milieu de champs déshérités et près de granges noircies, une suite de portraits de paysans silencieux et immobiles face à la caméra, sortis de romans immémoriaux et courbés pour l’éternité.

suivi de L’attente de Sergey Loznitsa (2000, 25 mn, NB)

La salle d’attente d’une gare de chemin de fer, encombrée de dormeurs gogoliens dont les postures abandonnées et la respiration indifférente à tout semblent commander au mouvement des heures.

mercredi 31 décembre 2008

14h30 - Les Belov de Viktor Kossakovsky (1993, 58 mn, NB, VOSTF)

Les disputailleries grotesques et attendrissantes d’un frère et d’une sœur, dans un petit village au bord de la rivière.

16h - La vie, l’automne de Sergey Loznitsa et Marat Magambetov (1998, 35 mn, NB, VOSTF)

Un village russe dépeuplé et vieillissant où l’on croise des vieilles femmes chantant les aubades de leur jeunesse, des vieillards ayant pris la couleur du paysage, des gestes et des climats d’une nostalgie irrépressible.