cycle Diaspora
du 15 au 25 novembre 2007




En contrepoint de l’exposition Diaspora, qui se tiendra entre octobre 2007 et janvier 2008 dans la galerie Jardin, une programmation de films, établie par Thierry Jousse, se propose d’évoquer les multiples formes cinématographiques de la diaspora noire, de l’Afrique aux USA, en passant par le Brésil, Haïti, les Antilles ou encore la France métropolitaine.
À travers cette programmation, les formes, les personnages et les questions nés de cette diaspora noire seront interrogés et mis en évidence : de l’esclavage aux Black Panthers, de l’immigration au métissage, du colonialisme à l’émancipation de l’Afrique, de la négritude à l’apartheid, de la mémoire spoliée aux mouvements de libération, des mélanges culturels aux revendications identitaires, sans oublier des genres musicaux comme la soul music américaine et la samba brésilienne…
Mais cette programmation sera aussi l’occasion de mêler classiques et raretés, courts et longs-métrages, fictions et documentaires, nouveaux cinémas et genres traditionnels.
Une manière de dessiner, à même la carte du cinéma, les traces d’une diaspora qui, au fil des années, a définitivement changé la face d’un art particulièrement apte aux métamorphoses et aux mélanges les plus étonnants et les plus explosifs.
Salle de cinéma
Accès libre dans la limite des places disponibles
jeudi 15 novembre 2007 à 18h30
Hallelujah
Film américain de King Vidor, 1929, 1h46, NB, VOSTF
Avec Daniel Haynes, Nina Mae McKinney, William Fountaine, Harry Gray
A l’orée du parlant, King Vidor réalise un chef-d’œuvre de cinéma sonore qui est aussi le premier film qui montre la communauté noire du Sud des Etats-Unis avec une véritable empathie. En trempant l’esprit de Broadway dans la matière documentaire du Sud, King Vidor capte les racines religieuses et profanes d’une campagne encore largement imprégnée par la mémoire de l’esclavage.
vendredi 16 novembre 2007 à 18h30
Vaudou I walked with a zombie
Film américain de Jacques Tourneur, 1943, 1h09, NB, VOSTF
Avec Frances Dee, James Ellison, Tom Conway
Betsy, une infirmière canadienne, part pour Haïti où elle doit soigner la femme d’un planteur, atteinte d'un mal étrange : celle-ci est sous l'emprise du vaudou. Malgré ses apparences de série B, le film de Tourneur est sans doute la plus parfaite évocation d’une magie noire qui parcourt toute l’Amérique centrale, trouve des échos jusqu’au Brésil et prend ses racines en Afrique.
Royal Bonbon
Film français de Charles Najman, 2001, 1h25, couleur, VOSTF
Avec Dominique Batraville, Verlus Delorme
A travers la trajectoire d’un personnage qui se prend pour la réincarnation du roi Christophe, figure historique et libératrice d’Haïti, Charles Najman questionne, dans Royal Bonbon, l’histoire d’un pays dont la mémoire se confond très largement avec le mythe.
samedi 17 novembre 2007 à 14h30
Macunaíma
Film brésilien de Joaquim Pedro de Andrade, 1969, 1h48, couleur, VOSTF
Avec Grande Otelo, Paulo José, Dina Sfat, Milton Gonçalves, Jardel Filho
Macunaíma, "héros sans caractère", évolue avec désinvolture à travers le pays en changeant de couleur : né noir d'une mère indienne, il devient blanc sous une pluie magique.
Macunaíma met en scène le face-à-face problématique entre la culture noire et la culture blanche, tandis que la culture indienne n’est jamais très loin.
samedi 17 novembre 2007 à 16h30
Nelson Cavaquinho
Court-métrage brésilien de Leon Hirzman, 1969, 14 minutes, VO
Figure quelque peu secrète du cinéma novo brésilien, Leon Hirzman rencontre en 1969 le grand sambiste Nelson Cavaquinho, considéré comme un des grands maîtres du genre, méconnu en Europe mais très célèbre au Brésil, et lui consacre un court-métrage documentaire.
Rio Zone Nord
Film brésilien de Nelson Pereira dos Santos, 1957, 1h30, NB, VOSTF
Avec Grande Otelo, Malu, Jece Valadao, Maria Petar
Grand précurseur du cinéma novo, Nelson Pereira dos Santos explore la vie d’un compositeur de samba, interprété par le grand acteur noir Grande Otelo. A travers la peinture d'un territoire, c’est également une situation sociale que Nelson Pereira dos Santos capture, celle d’un personnage exploité dans son travail et plus globalement, celle d’une communauté noire en butte aux humiliations mais animée par une force de vie inlassable.
samedi 17 novembre à 18h30
Brésiliens d’Afrique, Africains du Brésil
Film de Yannick Bellon et Pierre Verger, 1974, couleur, 3 épisodes, 2h30
Brésiliens d’Afrique, Africains du Brésil, documentaire rare, saisit au plus intime la diaspora des racines africaines omniprésentes dans le Nordeste brésilien.
1er épisode : Arrivée à Bahia
2ème épisode : Voyage aux sources
3ème épisode : Retour à Bahia
dimanche 18 novembre 2007 à 14h30
Le Sergent noir
Film américain de John Ford, 1960, 1h51, couleur, VOSTF
Avec Jeffrey Hunter, Constance Towers, Woody Strode
En Arizona, en 1881, un soldat noir, le Sergent Rutledge, est accusé du viol d'une jeune fille blanche et du meurtre de son père, le major Dabney.
À travers ce film-procès, John Ford plonge dans une réalité complexe et diffractée, celle de l’inscription des Noirs dans la communauté américaine et, surtout, leur place dans l’imaginaire blanc.
dimanche 18 novembre à 16h30
Big Ben
Court-métrage néerlandais de Johan Van der Keuken, 1967, 31 minutes, NB, VOSTF
En 1967, le grand documentariste Johan Van der Keuken filme quelques instantanés de la vie quotidienne du saxophoniste noir Ben Webster, une des grandes figures du jazz classique, provisoirement installé à Amsterdam.
Tous les autres s’appellent Ali
Film allemand de Rainer Werner Fassbinder, 1974, 1h33, couleur, VOSTF
Avec Brigitte Mira, El Hedi ben Salem, Barbara Valentin, Irm Hermann
Tous les autres s’appellent Ali met en scène un couple singulier, celui que forme une Allemande modeste, âgée de soixante ans et un travailleur immigré marocain. Mélodrame à la fois distancié et lyrique, le film de Fassbinder est un chef-d’œuvre bouleversant, sans doute le plus beau film jamais réalisé autour des brûlantes questions liées à l’immigration et au métissage.
mercredi 21 novembre 2007 à 16h30
Les Statues meurent aussi
Court-métrage français de Chris Marker et Alain Resnais, 1953, 29 minutes, NB
Dans la tradition du cinéma de montage, Les Statues meurent aussi, coréalisé par Chris Marker et Alain Resnais au début des années 1950, est une magistrale réflexion sur l’art africain, sur sa puissance et sa dégradation.
Carnet de notes pour une Orestie africaine
Film italien de Pier Paolo Pasolini, 1970, 1h05, NB, VOSTF
Carnet de notes pour une Orestie africaine prend l’apparence de repérages en vue d’une future adaptation d’Eschyle transposée en Afrique. En réalité, le film devient très vite une méditation en marche sur les corps, les visages, les traces du colonialisme et l’avenir des Africains.
jeudi 22 novembre 2007 à 18h30
S’en fout la mort
Film français de Claire Denis, 1990, 1h37, couleur
Avec Isaach de Bankolé, Alex Descas, Jean-Claude Brialy, Solveig Dommartin
Claire Denis plonge deux personnages en marge de la société dans le milieu des combats de coqs clandestins. L’un, Jocelyn, est antillais ; l’autre, Dah, est africain. A eux deux, ils représentent deux figures de la diaspora noire, de l’immigration clandestine ou pas, d’un univers parallèle où se nouent toutes sortes de trafics, d’un face-à-face ancestral entre deux mondes.
vendredi 23 novembre 2007 à 18h30
Wattstax
Film américain de Mel Stuart, 1972, 1h47, couleur, VOSTF
Avec Isaac Hayes, Albert King, Rufus Thomas, The Staple Singers, The Bar-kays, Booker T & the MGs, Jesse Jackson...
Wattstax est un document unique en son genre dans lequel la musique, la politique et la vie se confondent absolument : pour commémorer l’anniversaire des émeutes de Watts, le ghetto noir de Los Angeles, d'août 1965, un concert qui réunit les stars du label Stax est organisé en août 1972, sur les lieux même des affrontements avec la police.
samedi 24 novembre 2007 à 14h30
Black Panthers
Court-métrage franco-américain d’Agnès Varda, 1968, 28 minutes, NB
En 1968, Agnès Varda est installé, en compagnie de Jacques Demy, en Californie. Cette année-là, elle décide de planter sa caméra à Oakland, près de San Francisco, au beau milieu d’une manifestation de militants du Black Panther Party exigeant la libération d’un de leurs leaders, Huey Newton.
One + One
Film français de Jean-Luc Godard, 1968, 1h39, couleur
Avec les Rolling Stones, Anne Wiazemsky, Frankie Dymon Jr., Iain Quarrier
Avec One + One, Godard organise un étrange croisement à distance entre les Rolling Stones et quelques discours liés de près ou de loin aux Black Panthers. Une manière de montrer comment le rock et la politique se lient, en cette fin des années 1960, sous la bannière de la culture afro-américaine.
samedi 24 novembre 2007 à 16h30
The Cool World
Film américain de Shirley Clarke, 1964, 1h45, NB, VOSTF
Avec Hampton Clanton, Yolanda Rodríguez, Bostic Felton, Gary Bolling
Dans un style proche du John Cassavetes de Shadows, la cinéaste Shirley Clarke invente avec The Cool World à une fiction située en plein Harlem, dans laquelle fiction et documentaire se conjuguent pour capturer les gestes, les attitudes, les trajets de quelques personnages qui tentent de survivre et d’aimer en plein cœur du quartier noir de New York.
samedi 24 novembre 2007 à 18h30
Come Back Africa
Film américain de Lionel Rogosin, 1959, 1h35, NB, VOSTF
Avec Myriam Makeba, Vinah Makeba, Zachria Makeba, Molly Parkin
Séance exceptionnelle présentée par Michael Rogosin, fils du réalisateur et responsable du Rogosin Heritage
Historiquement crucial, Come Back Africa représente à lui seul une manière d’acte de naissance pour le cinéma sud-africain. Tourné quasi clandestinement par Lionel Rogosin, le film plonge au cœur de l’apartheid et de Sophiatown, un ghetto de Johannesburg, et suit, entre documentaire et fiction, le parcours d’un paysan zoulou bientôt transformé en travailleur clandestin.
dimanche 25 novembre 2007 à 14h30
La Noire de...
Film sénégalais d’Ousmane Sembene, 1966, 1h05, NB
Avec Thérèse M'Bissine Diop, Anne-Marie Jelinek, Robert Fontaine, Ousmane Sembene
Premier long-métrage du grand cinéaste sénégalais, La Noire de… offre une vision tragique des relations de pouvoir entre ex-colonisateurs et ex-colonisés, dans le sillage de la décolonisation et de l’immigration qui en découle, à travers le destin d’une femme qui quitte Dakar pour travailler comme employée de maison dans une famille installée dans le sud de la France.
dimanche 25 novembre à 16h30
Visages de femmes
Film ivoirien de Désiré Écaré, 1985, 1h45, couleur
Avec Eugénie Cissé Roland, Sidiki Bakaba, Albertine N’Guessan, Kouadou Brou
A travers le portrait croisé de trois femmes, le cinéaste ivoirien Désiré Écaré propose une lecture politique et érotique de la féminité africaine. Le poids de la tradition et les tentatives pour s’en émanciper sont au cœur de ces Visages de femmes, chant lyrique et vital à la liberté des corps et des esprits.










Envoyer
Imprimer
