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21 avril

la rampe

The River, une installation de Charles Sandison

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à partir du 9 mars 2010

Commandée par le musée du quai Branly, The River est une installation de l’artiste contemporain Charles Sandison.

Le visiteur est invité à s’immerger dans  un fleuve de mots en mouvement projetés à des rythmes et condensations variables tout au long du parcours de la rampe qui mène jusqu’à la source : le plateau des collections.  16.597 noms de tous les peuples et lieux géographiques présents dans les collections du musée accompagnent ainsi le flux des visiteurs.

L’installation est animée par un logiciel combinant le langage et les cycles hydrologiques, mixant des techniques de simulation destinées à la création d’une vie artificielle et à l'illustration des lois de la physique. La richesse des cultures  s’écoule comme les mots dans le temps et l’espace, comme l’eau. On peut ainsi observer la diversité humaine en contemplant les canaux et les canyons inscrits à sa surface, gravés par le flot du langage. A l’envi, le visiteur peut imaginer des relations, se laisser captiver par les mouvements d’échanges de ces signes, les rapprocher, les interpréter, les rêver.
 

Biographie

© DR

Charles Sandison est né en Ecosse en 1969, il vit, travaille et enseigne aujourd’hui en Finlande.

En 2009, son oeuvre Cryptozoology (2006) a été projetée à l’Espace Culturel Louis Vuitton lors de l’exposition Silent Writings. En 2008, afin de marquer la clôture de la présidence française du Conseil de l'Union européenne il présente son travail, Manifesto, Proclamación Solemne, commande publique proposée dans le cadre de l’exposition Dans la nuit, des images où il projette des extraits de la Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne sur la façade du Grand-Palais.

La même année il intervient avec Nymphéas bleus, au musée d’Orsay dans le cadre de l’exposition Correspondances.

Il a également participé à la Biennale de Shanghai en 2006, a exposé au Centre pour l’image contemporaine de Genève et au Museum of Contemporary Art Kiasma à Helsinki, ainsi qu’à un grand nombre d’expositions dans le monde entier, collectives ou personnelles. Il a été découvert par un large public lors de sa participation à la Biennale de Venise en 2001.

Galerie Yvon Lambert : Yvon Lambert représente Charles Sandison depuis 2007, qui a présenté, en janvier et février 2010, sa deuxième exposition à Paris Writing with light.

note d'intention de Charles Sandison

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© Charles Sandison

"Les fleuves constituent le système circulatoire de notre planète. Coulant des points les plus élevés vers les mers et les océans, l’eau joue un rôle essentiel, à la fois comme source de vie et comme véhicule permettant la circulation d’éléments nécessaires à la vie.

Le langage fonctionne de la même façon, à la fois médium et message. Les idées s’écoulent comme les mots dans le temps et l’espace, se matérialisant momentanément en événements et en objets fugitivement imprégnés d’une signification particulière. Puis, à l’instar de l’eau, cette signification s’efface peu à peu pour revenir se fondre dans le fleuve de la vie et de la mort humaine. On peut ainsi observer l’histoire humaine non pas en y recherchant des signification particulières, mais en contemplant plutôt les canaux et les canyons inscrits à sa surface, gravés par le flot du langage.

Une projection de textes générée par différents ordinateurs connectés à des projecteurs informatiques permet de créer un fleuve d’informations remontant et descendant la rampe d’accès principale menant aux collections permanentes. Le programme informatique est exécuté en temps réel, générant des courants de texte constamment renouvelés et en évolution permanente. Le texte interagit avec lui-même augmentant et diminuant le flux de données montant et descendant la rampe. L'ensemble représente  un « cycle hydrologique » linguistique.

Les programmes sont écrits en langage C++. Chaque ordinateur fonctionne avec sa propre copie du programme et communique avec les autres postes via un réseau, créant ainsi un puissant ensemble de traitement en parallèle. Le système représente l’une des grappes (clusters) les plus puissantes du cœur de Paris – d'une capacité de calcul comparable à celle d'un centre de gestion du trafic routier urbain.

De par sa conception, ce logiciel mixe des techniques de simulation destinées  à la création de vie artificielle et à l'illustration des lois de la physique afin de combiner une matière linguistique avec une modélisation de cycles hydrologiques. Les ordinateurs nous permettent d’examiner des concepts apparemment sans aucun lien entre eux et d'y découvrir des motifs convergents. Dans ce cas, l’architecture du musée et la présence du visiteur constituent des catalyseurs, augmentant encore les permutations physiques opérées par l’œuvre d’art.

Le texte employé utilise un vocabulaire provenant des contenus de la collection permanente, à la manière d’un thésaurus vivant du musée. Les mots jaillissent ainsi de l'entrée en haut de la rampe comme si les contenus du musée s’étaient dissous en un liquide linguistique s’écoulant hors de la collection.

La surface de projection est déterminée par l’architecture de la rampe. Un dialogue implicite constant s’instaure entre les visiteurs du musée et l’œuvre d’art. À mesure que le visiteur monte le long de la rampe, les mots s’écoulent sous et autour de ses pieds comme s’il pataugeait dans un ruisseau. À certains endroits, le degré d’immersion à l’intérieur de la projection augmente, faisant le promeneur s’enfoncer encore plus profondément dans les mots.

Le temps de monter et de descendre la rampe, le visiteur aura « littéralement » et inconsciemment parcouru l’intégralité du contenu de la collection s’écoulant autour de lui. Du début à la fin, ce voyage cherche à confronter sur le plan subliminal le visiteur aux objets et aux idées qu’il rencontrera dans l’espace se trouvant de l’autre côté de la rampe. L’objectif de cette œuvre est de préparer le visiteur à entrer dans la collection, de créer un état de rêverie en harmonie avec l’architecture, et d'ouvrir ainsi l'espace du rêve comme expérience de l’espace des collections permanentes."

Charles Sandison, 22 novembre 2009