La traite des esclaves
Si la traite a vu le jour en France en 1673, elle s’est surtout développée au début du XVIIIe siècle. En 1716, les négociants du royaume de France furent autorisés à pratiquer le «commerce des Nègres, de la poudre d’or, et de toutes les autres marchandises qu’ils pourront tirer des côtes d’Afrique».
Les principaux ports négriers procédant au commerce triangulaire étaient Nantes, Bordeaux, le Havre et la Rochelle, tandis que, parmi les plus importants centres de la traite figuraient le Ghana, le Togo, le Bénin, la Mauritanie, la Sierra Leone, le Congo, l’Angola, le Nigeria, sans oublier Gorée au Sénégal.
Prisonniers de guerre ou familles entières capturées au cours de razzias, les esclaves étaient rapidement mis en vente aux enchères dans leur pays d’origine par lots appelés «pièces d’Inde». Le prix dépendait de l’âge, du sexe, et de la robustesse physique de l’individu. Dès son achat, l’esclave, appelé aussi «bois d’ébène», était marqué au fer rouge aux initiales de son maître.
Entassés et enchaînés dans les entreponts des navires négriers, beaucoup d’esclaves (15% en moyenne) mouraient durant les traversées, à cause des mauvaises conditions d’hygiène et des épidémies. Les suicides par désespoir, qui valurent à ces bateaux le nom de «bières flottantes», n’étaient pas rares non plus.
D’après les registres maritimes, on estime à près de douze millions le nombre d’esclaves exportés d’Afrique en Amérique entre la fin du XVe siècle et le milieu du XIXe siècle.
Malgré la dénonciation de la traite comme un «crime des nations», son rendement était tel que bien après son abolition, ce commerce illicite et odieux continuera à s’exercer de manière officieuse.




