Les îlots de la liberté

musée du quai Branly

  • Introduction
  • Visions sur l'esclavage

    • La traite des esclaves
    • Lieux et conditions de vie
    • Cultes du vaudou et objets du Bénin
    • La voie de l'abolition
  • Figures de la révolte

    • Portraits d'hommes remarquables
      • Zumbi
      • Bayano
      • Gaspard Yanga
      • José Antonio Aponte
      • Mafate
      • Anchaing
      • Cimendef
      • Louis Delgrès
      • Sancousy
      • Jean Saint-Malo
      • Bussa
      • Jemmy
      • Gabriel Prosser
      • Demark Vesey
      • Nat Turner
      • Balthazar et Antônio José Ricardo
      • Joseph Cinquez
    • Portraits de femmes remarquables
      • Anna Zingha
      • Jeanne Odo
      • Mary Prince
      • Carlotta
      • Aphra Ben
      • Harriet Beecher Stowe
      • Lucy Ann Delaney
      • Nanny
      • Harriet Tubman
      • Marie Joseph Angélique
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Balthazar et Antônio José Ricardo

 

1807 et 1835

Salvador de Bahia, Brésil

Ils sont considérés comme les deux principaux leaders de la première "révolte des malês", en 1807. On connaissait jusqu’à présent peu de choses sur cet épisode, considéré comme le point de départ d’un cycle de conspirations et de révoltes d’esclaves survenues à Bahia dans la première moitié du XIXe siècle. Ce mode d’opération allait se répéter plus tard, en 1835, avec, en particulier, un noyau musulman jouant un rôle moteur, la tentative d’alliance entre esclaves et affranchis, surtout ceux originaires de la côte de Guinée, et le projet de combiner fuite collective et encerclement de la capitale.

A la fin du mois de mai 1807, le gouverneur de Bahia, João Saldanha da Gama Mello Torres Guedes de Brito, comte da Ponte, est informé que des Africains d’origine Haoussa, esclaves à Salvador, capitale de la capitainerie, préparent une rébellion. Ce gouverneur se fait remarquer par son acharnement à contrôler les esclaves bahianais.

S'attachant à vérifier le bien-fondé de la dénonciation, il découvre une vaste conspiration qu’il fait immédiatement avorter en envoyant quelques-uns des rebelles en prison, y compris leurs supposés leaders. La révolte échoue donc et Balthazar et Antônio José Ricardo sont arrêtés. Mais par crainte de raviver la révolte il est décidé de ne pas les condamner à mort.  Ils sont menés au son du tambour à travers les rues de la ville, la corde au cou, jusqu’au gibet autour duquel on les fait tourner trois fois. Mais au lieu d'être pendus, ils écopent d’une peine de prison à perpétuité, à effectuer en Angola, comme certains prisonniers de droit commun. Balthazar reçoit mille coups de fouet étalés sur plusieurs jours. Antônio, parce qu’il est affranchi, aurait dû quant à lui payer 600 000 réis (pour le procès), soit la valeur de quatre esclaves.

La révolte qui survient un dimanche de janvier 1835 à Salvador de Bahia a marqué profondément la mémoire brésilienne moins parce qu’elle est une révolte d’esclaves – le phénomène n’a cessé de se répéter depuis la fin du XVIIIe siècle dans tout le Brésil – que parce que l’on a retrouvé sur les insurgés des textes écrits en écriture arabe. Pour la première fois ce ne sont pas les captifs d’une plantation, toutes ethnies confondues, qui se sont révoltés contre leur condition ou les mauvais traitements qu’ils subissent, mais des hommes et des femmes liés entre eux par des croyances, une langue, une organisation sociale, bref une culture spécifique ayant résisté à la déportation et à la captivité.

Dans la confrontation meurent sept officiers des troupes officielles et 70 du coté des noirs. 200 esclaves sont présentés devant les tribunaux. Leur condamnations varient entre peine de mort, travaux forcés, bannissement et coups de fouet, mais tous sont soumis à des tortures barbares, certains jusqu'à la mort. Plus de 500 africains sont expulsés du Brésil et réembarquent vers l'Afrique.

Malgré ce massacre, la révolte des Malês servit pour démontrer aux autorités et aux élites le potentiel de contestation et de rébellion que réservait la maintenance du régime esclavagiste, menace qui a été toujours présente pendant toute la Période de la Régence et s'étendit au Gouvernement personnel de D. Pedro II.

Portraits d'hommes remarquables :

  • Zumbi
  • Bayano
  • Gaspard Yanga
  • José Antonio Aponte
  • Mafate
  • Anchaing
  • Cimendef
  • Louis Delgrès
  • Sancousy
  • Jean Saint-Malo
  • Bussa
  • Jemmy
  • Gabriel Prosser
  • Demark Vesey
  • Nat Turner
  • Balthazar et Antônio José Ricardo
  • Joseph Cinquez


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