Les îlots de la liberté

musée du quai Branly

  • Introduction
  • Visions sur l'esclavage

    • La traite des esclaves
    • Lieux et conditions de vie
    • Cultes du vaudou et objets du Bénin
    • La voie de l'abolition
  • Figures de la révolte

    • Portraits d'hommes remarquables
      • Zumbi
      • Bayano
      • Gaspard Yanga
      • José Antonio Aponte
      • Mafate
      • Anchaing
      • Cimendef
      • Louis Delgrès
      • Sancousy
      • Jean Saint-Malo
      • Bussa
      • Jemmy
      • Gabriel Prosser
      • Demark Vesey
      • Nat Turner
      • Balthazar et Antônio José Ricardo
      • Joseph Cinquez
    • Portraits de femmes remarquables
      • Anna Zingha
      • Jeanne Odo
      • Mary Prince
      • Carlotta
      • Aphra Ben
      • Harriet Beecher Stowe
      • Lucy Ann Delaney
      • Nanny
      • Harriet Tubman
      • Marie Joseph Angélique
      • Sojourner Truth
      • La mulâtresse Solitude
      • Olympe de Gouges
  • Chronologie

Accueil > Figures de la révolte > Portraits de femmes remarquables > Jeanne Odo

Jeanne Odo / Saint-Domingue, 1680-1797

 

Jeanne Odo est une ancienne esclave de Saint-Domingue. Le 4 juin 1793, alors âgée de 114 ans, elle est en France à la tête d’une délégation de la Société des Citoyens de couleur et de soldats de la Légion des Américains (régiment révolutionnaire formé de gens de couleur vivant en France).

 

Ce jour-là, Jeanne Odo remet solennellement à l’Assemblée un drapeau tricolore très particulier, représentant trois personnages : un Noir sur la bande bleue, un Blanc sur la bande blanche et un métis sur la rouge. Les trois hommes sont debout et portent une pique surmontée du bonnet de la liberté. Une devise est inscrite sur le drapeau : « Notre union fera notre force ».

Ce drapeau est celui de « l’égalité de l’épiderme » : il affirme que le principe d’égalité énoncé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est universel, c’est-à-dire qu’il s’applique à tous les hommes, quelle que soit la couleur de leur peau.

La Convention accepte de recevoir l’étendard, qu’elle baptise "signal de l’union" : union entre la Révolution française et la révolution de Saint-Domingue. Les députés se lèvent même pour rendre hommage à la vieille femme noire qui a pris la tête de la délégation.

Le président de séance, après lui avoir donné le baiser fraternel, l’installe à sa gauche.

L’abbé Grégoire intervient alors, et, faisant un parallèle avec la cérémonie de 1789 en l’honneur de l’abolition du servage, demande à la Convention de faire disparaître « l’aristocratie de la peau ».

Portraits de femmes remarquables :

  • Anna Zingha (Angola, 1582-1664)
  • Jeanne Odo (Saint-Domingue, 1680-1797)
  • Mary Prince (Bermudes, 1788-1833)
  • Carlotta (Cuba, ?-1843)
  • Aphra Ben (Angleterre, 1640-1689)
  • Harriet Beecher Stowe (Etats-Unis, 1811-1896)
  • Lucy Ann Delaney (Etats-Unis, 1830?-1890?)
  • Nanny (Jamaïque, ~1680-~1730)
  • Harriet Tubman (USA, 1822-1913)
  • Marie Joseph Angélique (Québec, 1710-1734)
  • Sojourner Truth (USA, 1797-1883)
  • La mulâtresse Solitude (1772-1802)
  • Olympe de Gouges
peinture de l'abbé Grégoire. N° d'inventaire : PP0182121. © musée du quai Branly

L’abolition de l’esclavage n’a été proclamée en France que le 4 février 1794. Le décret ne fut obtenu que grâce à l’union entre des révolutionnaires abolitionnistes de France, comme l’abbé Grégoire, et des représentants de la révolution qui avait éclaté à Saint-Domingue en 1791.

 -
allégorie sur les hommes de couleur - Mai 1791. N° d'inventaire : PP0183120 © musée du quai Branly

"Estampe allégorique relative aux hommes de couleur. La raison met de niveau l'homme blanc et le noir. - Gravure à l'eau forte, coloriée. Estampe populaire. H. 0,315 x L. 0,470. Est., Qb. 89. Le décret du 15 mai 1791, après une discussion à laquelle prirent part l'abbé Grégoire et Robespierre, admettait les gens de couleur, nés de parents libres, à l'égalité des droits avec les blancs."



Crédits et informations légales