Yaya Isabel (2009-2010)
Identité
Nom : YAYA
Prénom : Isabel
Statut : Chercheuse post-doctorante, Musée du Quai Branly (2009-2010)
Adresse courriel : isabel.yaya(at)quaibranly.fr
Domaine de recherche
Histoire et anthropologie de la société Inca. Organisations dualistes d’Amérique du Sud. Transmission des traditions orales historiques. Collecte et représentation des objets amérindiens dans les cabinets de curiosités européens (XVIe-XVIIIe siècles). Le Pérou dans l’imaginaire de l’Occident: fictions, essais et littérature utopique (XVIe-XVIIIe siècles).
Formation
2004-2008 PhD, Histoire - Anthropologie, University of New South Wales, Sydney, Australie.
Thèse: “The two faces of Inca history: Unravelling dual representations in oral traditions of pre-Hispanic Cuzco”
2001-2002 D.E.A., Sciences Sociales des Religions, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris.
2000-2001 Maîtrise, Archéologie, Université Paris IV-Sorbonne, Paris.
Projet(s) de recherche
Résumé des travaux effectués
Mes travaux s’axent sur deux thèmes principaux. Le premier volet de mes recherches porte sur les récits historiques et expressions religieuses des organisations dualistes d’Amérique du Sud, en particulier de la région andine. A l’époque préhispanique, la division en moitiés caractérisait l’organisation spatiale et sociale de nombreuses cités de l’empire Inca. Parmi celles-ci, la ville de Cuzco où résidaient habituellement le souverain et l’élite était composée d’une partie haute (hanan) et d’une partie basse (urin) qui chacune regroupait un certain nombre de groupes de parenté aux relations épisodiquement conflictuelles. Ma thèse de doctorat explore les traditions orales, la cosmologie et les rituels incas où se manifesta l’ambivalence des relations entre membres de moitiés opposées. Elle offre une relecture de ces phénomènes sociaux à travers une approche post-structuraliste se nourrissant à la fois d’une anthropologie de la parenté et d’une analyse critique des modes de transmission des traditions historiques. La publication adaptée de ces recherches est actuellement en cours de préparation.
Le deuxième volet de mes recherches s’est ouvert en 2006 avec l’étude des premières collections européennes ayant abrité des objets amérindiens. Ce thème alliait de façon idéale ma formation en histoire de l’art, mon expérience professionnelle en milieu muséal et mes connaissances pratiques du matériel archéologique issus des Amériques. Mes premiers travaux sur le sujet me donnèrent à voir le peu de connaissances que nous possédons aujourd’hui sur les objets andins parvenus en Europe avant le XIXe siècle. Mon projet postdoctoral au musée du Quai Branly offre de combler cette lacune dans notre savoir du collectionnisme d’exotica en France.
Projet de recherche
Ce projet propose de faire l’inventaire relatif et l’analyse des pièces ethnographiques en provenance des Andes qui furent collectées et entreposées aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les cabinets de curiosités français. Il est généralement accepté que rares furent ces objets. En effet, au début du XVIIe siècle, les réseaux commerciaux et diplomatiques de la France ainsi que ses relations conflictuelles avec la Maison de Habsbourg n’ont pas facilité l’accès des collectionneurs français à ces « singularitez ». En dépit de cette situation, des Americana – canadiens, brésiliens mais également andins – ont été recensé dans les collections privées de certains marchands, médecins, apothicaires et avocats résidant à l’intérieur ou à proximité des grandes villes portuaires des côtes normande et atlantique. L’ouverture momentanée du négoce français vers l’Amérique du Sud à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle et les multiples expéditions scientifiques françaises du XVIIIe auraient en partie contribué à fournir ces cabinets de curiosités. La tâche de mon travail de recherche au musée du Quai Branly est donc de recouvrir quels furent le nombre et la réception de ces objets dans les milieux érudits français. Il s’agira d’identifier les critères d’évaluation morale, esthétique, scientifique ou autre qui leur furent attribués, ainsi que l’évolution de ces indices de jugement au cours du XVIIe et XVIIIe siècles. A cet égard, mes recherches examineront le rôle de la pensée des Lumières sur la transformation de l’organisation du savoir et, dès lors, sur l’évolution de la place des exotica amérindiens dans la poétique et la hiérarchie des objets de collection. Mon étude se penchera sur la place des Andes, et en particulier du Pérou préhispanique, dans l’imaginaire français puisque l’empire Inca fut une source d’inspiration sans précédent pour les écrivains et philosophes français des XVIIe et XVIIIe siècles. Il est fondamental de se demander si la production littéraire de l’époque influença ou non la perception et la valorisation des objets andins, et péruviens en particulier. Identifier les traits caractéristiques des premières manifestations de cette curiosité est fondamental pour comprendre l’orientation des collections futures et la perception des premières institutions muséales et de leurs publics à l’égard de ces pièces.
Publications
Articles
“The Poetics and Dynamics of Cultural Encounter: Recent Perspectives on Peru’s Pre-Hispanic and Early Colonial Order” Journal of Iberian and Latin American Research 16(1), à paraître Janvier 2010.
“Wonders of America: the curiosity cabinet as a site of representation and knowledge” Journal of the History of Collections 20(2), 2008: 173-188.
“The Importance of Initiatory Ordeals: Kinship and Politics in an Inca Narrative” Ethnohistory 55(1), 2008: 51-85.
Comptes-rendus
Guaman Poma de Ayala, “The First New Chronicle and Good Government”, 2006 (selected, annoted, and abridged by David Frye), Indianapolis: Hackett Publishing, Bulletin of Latin American Research 27(2), 2008: 278-279.
Sabine Hyland, “The Jesuit and the Incas: the Extraordinary life of Padre Blas Valera”, 2003. Ann Arbor: University of Michigan Press, Ethnohistory 54(1), 2007: 218-219.








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