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17 septembre

Tallotte William (2009-2010)

Identité

Nom : Tallotte
Prénom : William

Statut : Chercheur post-doctorant, musée du quai Branly (2009-2010)
Chercheur associé au Centre de Recherche Patrimoines et Langages Musicaux (PLM), Paris IV-Sorbonne
Membre de la Société Française d’Ethnomusicologie (SFE)
Membre de la Society for Ethnomusicology (SEM)
Membre du Réseau Asie

 

Domaine de recherche

Ethnomusicologie/Inde du Sud : musiques rituelles – musique et rituel – hindouisme/tantrisme – systèmes musicaux – modalité – improvisation – transmission et circulation des répertoires – organologie

Formation

  • 2007 Doctorat de musicologie (ethnomusicologie), Université Paris IV-Sorbonne. Thèse : La voix du serpent. Les sonneurs-batteurs du periya mēḷam et le culte āgamique de Śiva : ethnomusicologie d’une pratique musicale au delta de la Kaveri (Tamil Nadu, Inde du Sud).
  • 1999 DEA de musicologie (ethnomusicologie), Université Paris IV-Sorbonne. Mémoire : La pratique de l’accord. Introduction à l’étude des échelles musicales karnatiques.
  • 1997 Maîtrise de musicologie, Université Paul Valéry/Montpellier III. Mémoire : Le violon karnatique. Adoption et adaptation d’un instrument occidental en Inde du Sud.

Projet(s) de recherche

Thèse : La musique des sonneurs-batteurs du periya mēḷam
Ma thèse, fruit de sept années de recherche (dont deux années de terrain au Tamil Nadu), est une monographie consacrée aux pratiques musicales des sonneurs-batteurs du periya mēḷam – hautboïstes et percussionnistes professionnels spécialisés dans le domaine savant (la musique karnatique) et traditionnellement attachés aux temples hindous de hautes castes (en particulier śivaïtes). Les outils et les méthodes de l’ethnomusicologie, de l’anthropologie et des sciences religieuses ont ici permis – selon différents niveaux d’élaboration et de conceptualisation – la mise en place de grilles d’écoute et d’analyse essentielles à la compréhension d’une situation complexe et originale. Dans ce cadre, en effet, la musique n’est pas seulement considérée par les acteurs du culte (prêtres, fidèles, musiciens, etc.) comme fonctionnelle, rituelle, au service des dieux, mais aussi, sans que ces deux dimensions ne soient forcément dissociées, comme belle, autonome, au service d’une esthétique. Si le travail d’observation, d’analyse et de réflexion implique ici le croisement des données (représentations, discours, savoir-faire, etc.), il impose surtout un décryptage des relations (in situ) entre musique, performance et rituel. Emergent alors quelques associations et thèmes clés (répertoire/emprunts artistiques ; espace rituel/hiérarchies sociales ; temps rituel/formes musicales, etc.) qui permettent, au-delà de la simple description ethnographique, une compréhension plus globale et sans doute plus ouverte des problématiques envisagées.
En contrepoint de cette approche située (contextualisée) des pratiques instrumentales, un travail de systématique musicale est également proposé. Il offre, via une sélection d’enregistrements, de transcriptions et d’analyses, une lecture renouvelée des spécificités mélodiques, rythmiques et formelles (notamment à travers les formes rāga-ālāpana et rakti mēḷam) de la musique karnatique.

Projet postdoctoral : Musique et image divine dans le culte śivaïte
Ce projet pose la question des rapports entre musique et usages rituels de l’image divine (statue anthropomorphique, liṅga, diagramme, etc.) dans le culte des temples śivaïtes de hautes castes en pays tamoul. Il prend comme point de départ le constat suivant : la musique des sonneurs-batteurs du periya mēḷam (en particulier celle des joueurs de hautbois nāgasvaram) est avant tout au service d’un culte (la pūjā) où les images des divinités (Śiva, la Déesse, etc.) sont effectivement – au plan social et religieux – centrales et mobilisatrices. Quelques exemples : les hautboïstes n’interviennent que dans les phases du rituel où les images sont exposées à la vue de tous ; le contact visuel avec ces images est souvent essentiel aux musiciens, notamment lors des offrandes de lumière (dīpārādhanā) où ils se doivent de jouer un bref interlude sonore (le keṭṭi mēḷam) qui permet, entre autre, de prévenir les fidèles d’une action qu’ils ne sont pas toujours en mesure de voir ; la dénomination de certaines pièces de hautbois induit elle-même un lien entre la pièce et l’action au sein de laquelle l’image de telle ou telle divinité est mise en scène, etc.
Il s’agit donc, à partir de ces quelques pistes et d’un travail de terrain complémentaire, de comprendre comment les joueurs de hautbois répondent musicalement à un ensemble de contraintes liées non seulement à l’espace et au temps rituels/cultuels, mais au statut ontologique de l’image. Au plan théorique, ce travail pourrait contribuer de manière originale à tout un pan du savoir anthropologique qui s’intéresse désormais aux usages situés des sens et de leurs interactions. Il pourrait aussi s’avérer efficace pour déchiffrer ces mécanismes complexes, musicaux ou extra-musicaux, où les modalités techniques et esthétiques d’une même tradition se voient modifier lorsque le contexte change – cas particulièrement intéressant ici puisque les joueurs de hautbois nāgasvaram sont aujourd’hui les derniers représentants d’une musique considérée comme savante (la musique karnatique) jouée à la fois au temple (son contexte d’origine) et en concert (depuis les années 1920-1930 environ).

Autres projets en cours : musiques des monts Nilgiri
Parallèlement à mes recherches sur la tradition du periya mēḷam – recherches étendues à d’autres traditions de temple (dont celle des hymnes śivaïtes du Tēvāram) – j’ai entrepris depuis 2004 un travail sur les musiques des monts Nilgiri et, plus particulièrement, sur le chant des Toda (peuple autochtone de 1200 âmes environ). Je m’intéresse dans ce cadre à leur système musical, aux modes de mémorisation et de transmission, ainsi qu’à l’ensemble des pratiques et des processus qui permettent de comprendre ce qu’est leur musique et ce pour quoi elle sert.

Enseignement

  • 2008 et 2010 Chargé de cours, Ethnomusicologie (Musiques du sous-continent indien), Université Michel de Montaigne/Bordeaux III (Licence 2)
  • 2005-2007 ATER, Ethnomusicologie, organologie et acoustique musicale, Université de Haute-Bretagne/Rennes II (Licences 1 et 3, CAPES, Agrégation, suivi de mémoires de Master)
  • 2002-2004 Chargé de cours, Ethnomusicologie, Université Marc Bloch/Strasbourg II (Licences 2 et 3, CAPES, suivi de mémoires de Maîtrise)
  • 1999, 2002-2003 Chargé de cours, Ethnomusicologie (Musique karnatique), Université Michel de Montaigne/Bordeaux III (Licence 3)
  • 1998-2003 Professeur d’éducation musicale dans le secondaire, Académies de Montpellier et Clermont-Ferrand

 

 

Publications

Disques (Enregistrements de terrain, texte et photographies)
Inde du Sud. Les fleurs et les cendres. Hymnes à Shiva, 1 CD Ocora/Radio France, C 560197, 2009.

Inde du Sud. Periya mēḷam. Temple de Chidambaram, 1 CD Ocora/Radio France, C 560178, 2003.

Articles
- « Sans excès. Musique et émotion dans un culte śivaïte du pays tamoul », Cahiers d’Ethnomusicologie, n°23, 2010, à paraître.

- « L’improvisation comme pratique sociale. L’exemple des nâgasvarakkârar, hautboïstes sud-indiens », Tracés, n° 18, 2010, à paraître.

- « Music and Performance. Toda Music », Encyclopædia of the Nilgiri Hills, vol. 2, Paul Hockings éd., New Delhi, Manohar Books, 2010, p. 618-624.

- « Musique et rituel en pays tamoul. Notes sur le palliyarai cêvai, office du soir au temple Natarâja de Chidambaram », Actes du 1er Congrès du Réseau Asie, Atelier « Musique et rituel en Asie », Paris, le 25 septembre 2003, 11 p.

Comptes-rendus
- « Christine Guillebaud, Le chant des serpents. Musiciens itinérants du Kerala, Paris, CNRS Éditions, 2008 », Gradhiva, à paraître.

- « Rolf Killius, Voices for Humans, Ancestors and Gods. A musical journey through India’s interior (East and North-East), 1 CD Topic Records/World Series, TSCD 933, 2006 », Cahiers d’Ethnomusicologie, n° 22, 2009, p. 301-305.