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18 décembre

Guindeuil Thomas (2012-2013)

Identité

Nom : Guindeuil
Prénom : Thomas
Statut : Chercheur post-doctorant, département de la recherche et de l’enseignement, Musée du Quai Branly (2012-2013).
Courriel : t.guindeuil(at)gmail.com

Domaine de recherche

Histoire sociale et politique de l’alimentation, Éthiopie, Corne de l’Afrique, vie quotidienne, économie domestique et culture matérielle, histoire connectée, épistémologie des savoirs ethnographiques.

Formation

2012 : Doctorat en histoire, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (CEMAf, UMR 8171).
« Alimentation, cuisine et ordre social dans le royaume d’Éthiopie (XIIe-XIXe siècle) », thèse réalisée sous la direction de Bertrand Hirsch (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/CEMAf, UMR 8171).

2008 : Master 2 Recherche en histoire de l’Afrique « ancienne » (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/CEMAf, UMR 8171).

2007 : Master 1 Histoire de l’Afrique (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/CEMAf, UMR 8171).

2006 : Licences d’histoire et de géographie (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne).

Expériences d’enseignement

2012-2013 : Participation aux enseignements du Master 1 Histoire de l’Afrique (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne/CEMAf, UMR 8171), séminaire « Sources » coordonné par Bertrand Hirsch (2 heures).

2011-2012 : Chargé de travaux dirigés, enseignements complémentaires en histoire, niveau licence 1 (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne). Cours de préparation au « certificat informatique et Internet » (C2i) et d’initiation aux outils de l’histoire quantitative (volume horaire : 96 heures).

2010-2011 : Chargé de travaux dirigés, histoire médiévale, niveau licence 3 (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne). Cours : « Afrique médiévale : l’Éthiopie et la Corne de l’Afrique » (volume horaire : 22 heures).

Responsabilités éditoriales

2012-2013 : Coordinateur avec Monique Chastanet, Gérard Chouin et Dora De Lima du numéro 5 de la revue Afriques. Débats, méthodes et terrains d’histoire [voir appel à contribution en ligne : http://afriques.revues.org/936], « Manger et boire en Afrique avant le XXe siècle. Cuisines, échanges, constructions sociales ». Parution courant 2013.

Depuis 2009 : Co-secrétaire de rédaction de la revue Afriques. Débats, méthodes et terrains d’histoire [en ligne : http://afriques.revues.org], publiée par le CEMAf, UMR 8171. Participation à la constitution du dossier éditeur pour le lancement de la revue.
Membre du comité de rédaction.

Projet(s) de recherche

Mes recherches actuelles portent sur la dimension matérielle de la culture de l’alimentation en Éthiopie de la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et en particulier sur l’impact des échanges économiques à longue distance sur cet aspect de l’économie domestique éthiopienne et sur les conditions de la production d’un savoir ethnographique – écrits, collections d’objets – aujourd’hui constitué comme l’un des plus importants corpus de sources pour une histoire de la vie quotidienne en Éthiopie qui reste en grande partie à écrire. 
Les collections éthiopiennes du musée du Quai Branly, notamment constituées, pour les objets les plus anciens, par les contributions de Paul Soleillet (1885), de Jules Borelli (1890), de Robert du Bourg de Bozas (1903), de Marcel Griaule (1930), et de la mission Dakar-Djibouti (1931), comprennent des centaines  d’objets, récipients, ustensiles de cuisine, vanneries, enseignes de restaurants, originaires de différentes régions d’Éthiopie (hauts plateaux chrétiens et régions du centre, de l’Est et du Sud). Ces fragments de culture matérielle aux formes spécifiques, qui comptent autant dans l’identité alimentaire des Éthiopiens que la cuisine elle-même, constituent un riche témoignage sur la vie quotidienne à une époque clé de l’histoire du pays. À la fin du XIXe siècle, le vieux royaume chrétien d’Éthiopie se lance à la conquête du sud et de l’est du pays, le roi Menilek II offrant alors ses frontières contemporaines à l’Éthiopie. La « Grande Éthiopie » ainsi née est une mosaïque culturelle, religieuse et linguistique qui connaît au même moment d’autres bouleversements de grande ampleur, comme l’émergence du fait urbain dans le nord et le sud du pays, le développement du commerce, l’immigration de populations originaires de l’Europe orientale, du Yémen ou de l’Inde. En cuisine aussi, plusieurs dynamiques sont enclenchées : généralisation de pratiques jusque là proscrites du côté chrétien, comme la consommation du café, qui s’accompagne rapidement d’un rituel codifié en partie inspiré du monde arabo-musulman, naissance de la restauration en tant qu’activité professionnelle, diffusion de la culture alimentaire des chrétiens du nord chez les élites sociales des territoires conquis et chez les habitants des nouvelles villes. La définition d’une « cuisine nationale » pour toute l’Éthiopie s’accompagne bientôt de la parution, en 1944, du premier manuel d’économie domestique et livre de cuisine éthiopien destiné aux jeunes filles, première expression écrite d’une doxa culinaire encore prégnante. Écrire l’histoire des objets présents dans les collections du musée du Quai Branly, c’est donc écrire cette histoire d’un quotidien tiraillé entre l’affirmation d’une identité alimentaire propre à l’Éthiopie et l’ouverture au monde extérieur. Ces deux dynamiques conjointes et indissociables changent la vie des foyers éthiopiens jusque dans l’intimité de leurs pratiques alimentaires : c’est en tout cas l’hypothèse que nous entendons démontrer ou infirmer par une étude approfondie des collections éthiopiennes du musée du quai Branly.

Publications

2011, « Un espace d'échanges gastronomiques entre mer Rouge et royaume d'Éthiopie (XVIe-XIXe siècle) », Hypothèses. Travaux de l’école doctorale d’histoire, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, année 2011, p. 303-319 [en ligne : http://www.cairn.info/revue-hypotheses-2011-1.htm]

2010, « “Pour l’âne le miel n’a pas de goût”. Miel et société dans l’histoire du royaume d’Éthiopie », Journal des Africanistes, vol. 80, n° 1-2, p. 283-306 [en ligne (accès limité jusqu’à juin 2013) : http://africanistes.revues.org]