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26 juillet

Raphaël Rousseleau

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Fondeur montrant le moule de terre d'où sortira une statue de laiton par la technique de la cire perdue.

Le projet du post-doctorat

L’art dit « tribal » de l’Inde recouvre différents types d’objets réalisés par, ou pour, des membres de diverses communautés classées comme tribales ( Scheduled Tribes, aujourd’hui dénommées âdivâsî : les « premiers occupants ») par la Constitution indienne. Cette définition, formulée par l’ethnologue Verrier Elwin en 1951, reste la plus juste, mais montre aussi les zones d’ombre de la notion. Aux pays des castes, la catégorie de tribu reste difficile et politiquement sensible à définir. Quant aux objets « d’art tribal », certains sont effectivement réalisés par des âdivâsî, comme les peintures Warlis et Saoras en particulier. D’autres, comme les bronzes dits « Gonds » du Bastar, sont bien commandités par des Gonds, mais sont en fait réalisés par des castes d’artisans spécialisés. Ce sont donc des objets « Gonds » seulement dans la mesure où cette communauté oriente leur production et les utilise. Le projet vise, par conséquent, à préciser l’origine et la fonction des objets présentés comme tribaux, et s’articule en deux volets. Le premier volet retrace l’histoire du regard sur ces objets, en passant par le premier ouvrage qui leur est exclusivement dédié (V. Elwin, The Tribal Art of Middle India. A personal record, Oxford University Press, Bombay 1951) jusqu’à aujourd’hui. Le second volet s’intéresse plus précisément aux formes actuelles de cet art et au voyage des objets depuis les villages où ils sont fabriqués, et éventuellement encore utilisés dans des rituels, jusqu’aux villes où ils sont revendus et exposés. Pour ce dernier volet, on s’est concentré sur les bronzes de l’Orissa, dont le musée du quai Branly possède une vaste collection.

Parcours et travaux

Formation initiale en philosophie, puis en préhistoire et ethnologie; Thèse de doctorat soutenue en 2004 (sous la direction de Jean-Claude Galey), grâce à une allocation de recherche de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Mémoire de thèse portant sur l’ethnologie et l’histoire des relations entre ‘tribus’ et royaumes en Inde centrale (Orissa) ; 2004-06 : Assistant Temporaire d’Enseignement et de Recherche à l’EHESS (atelier de lecture sur « Anthropologie et histoire en Inde : débats et actualité »).

Membre du Centre d’Etudes de l’Inde et de l’Asie du Sud (CNRS – EHESS), les sujets de recherche privilégiés de l’auteur sont : la construction socio-culturelle de la sensibilité à l’environnement (‘naturel’ / ‘artificiel’) ; l’ethno-histoire de l’Orissa et des groupes âdivâsî ou Scheduled tribes ; les liens entre littérature orale et écrite en Inde ; l’imaginaire colonial et indien relatif aux âdivâsî.

Principales publications

(à paraître) "Entre Préhistoire, romantisme et récits de fondation : les tribus dans l’histoire et la muséographie de l’Orissa (Inde)", in G. Krauskopff (collectif sous la dir.)

(à paraître) : "Comparatisme ethnographique et comparatisme phénoménologique en archéologie interprétative. L’exemple des pierres levées depuis 1904", Actes du Congrès du Centenaire de la Société préhistorique française, p.1-15.

2003 : "Entre folklore et isolat : le local. La question tribale en Inde, de Mauss à Dumont", Social Anthropology, Cambridge University Press, Cambridge, 11 (2) : 189-213.

2003 : en collaboration avec Kabiraj Behera, "Scheduled Tribes and forgotten kings. Ethnohistory of the Joria Poraja (S.T., Koraput dist.)", Adivasi, Journal of the Scheduled Tribes and Scheduled Castes Research cum Training Institute, Bhubaneswar, n° 42-43 : 49-63.