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18 décembre

Cyrille Bela Bienvenu

Etude anthropo-stylistique des objets Fang-Beti-Bulu (Sud-Cameroun, Nord-Gabon et Nord-Est Guinée Equatoriale)

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Masque anthropo-zoomorphe du So, 51 cm. coll. "Espace Oyenga". Photo : Cyrille Bela, août 2000

Le projet du post-doctorat

Les études traitant des arts africains de la fin du XIXe et du début du XXe siècle ont privilégié une approche esthétique, biaisant ainsi l’information. Bien que liée à un attrait prononcé pour l’exotisme, cette situation s’explique surtout par la faiblesse des enquêtes de terrain.

Les objets provenant de l’aire Beti-Bulu-Fang n’ont pas échappé à ce sort. Dès les premiers moments de leur collecte, ils ont été exposés à de graves confusions, souvent alimentées par les problèmes de nomenclature sémantique et culturelle relatifs aux termes « Fang » et « Pahouin ». De même, des assimilations abusives ont été tolérées entre groupes de populations aux origines et aux productions artistiques parfois divergentes. Ces lacunes se sont souvent répercutées sur les fiches de nombreux musées dans lesquelles l’ethnonyme « Fang » apparaît (abusivement) comme référent attitré des objets de cette région.

Ce projet a deux principaux objectifs :

- Le premier est de constituer un fichier pertinent, et plus fidèle à la réalité historique, des objets d’art et d’artisanat des peuples Fang-Beti-Bulu conservés au musée du quai Branly.

- Le second est d’établir une histoire et une géographie des styles développés dans la région.

L’étude doit comporter au moins trois phases : une première phase consacrée à la recherche documentaire, une deuxième consacrée aux investigations sur le terrain, et enfin une troisième consacrée à l’analyse proprement dite des objets.

Un effort d’accompagnement de ces objets « hors contexte » doit donc être envisagé. A défaut de pouvoir reconstituer leur contexte de production et d’usage d’origine, la nécessité d’en donner une description à la fois exacte et détaillée s’impose.

Par ailleurs, il est souhaitable de considérer la spécificité créative de chaque œuvre en effectuant une analyse détaillée. La démarche analytique envisagée n’exclut en rien la part de la sensibilité à la beauté, non mesurable, de celui qui l’entreprend.

Parcours et travaux

Après une formation d’historien-géographe à l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé d’où il sort nanti du diplôme de professeur des lycées en 1994 (ses études portent alors sur l’architecture et la céramique dans la province du centre au Cameroun), Cyrille Bela va ensuite saisir l’opportunité que lui offre l’ouverture (en 1992) d’une section « Arts Plastiques et Histoire de l’Art » à l’Université de Yaoundé I pour se former en arts plastiques et en histoire de l’art. Il y obtient une maitrise et un DEA, puis choisit l’Institut d’Art et d’Archéologie de l’Université de Paris 1 pour continuer ses études et améliorer ainsi son champ de connaissances. Ses travaux de DEA et de thèse à l’Université de Paris I portent respectivement sur la statuaire des « beti » du Sud-Cameroun, et sur les expressions sculpturales en pays fang-beti-bulu (Sud-Cameroun, Nord-Gabon, Nord-Est de la Guinée Equatoriale).

Enseignant dans le secondaire entre 1994 et1998, Cyrille Bela est depuis 2001 enseignant titulaire au département des arts et archéologie de l’Université de Yaoundé I où il enseigne l’histoire de l’art.

S’inspirant largement des approches ethnomorphologique, iconologique et de création esthétique africaine, il a réussi, grâce à l’analyse d’un corpus de près de 1000 objets, disséminés dans les musées et collections d’Afrique et d’Occident, à faire connaitre le « style beti » autrefois occulté par le « style fang » plus connu. A la suite des recherches conduites par Louis Perrois depuis plus d’une trentaine d’années en pays fang, les travaux de Cyrille Bela visent à étoffer la connaissance générale des arts de cette partie de l’Afrique centrale atlantique.

Publication

2007 : « L’art des abbia : une forme d’expression sculpturale du pays pahouin », in Afrique, Archéologie et Arts n°4, CNRS-Université Paris I-Université Paris X, pp.83-90.