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26 décembre

Anne-Gaël Bilhaut

ethnogénèse et représentations de l'histoire chez les Zapara d'Amazonie : des objets et des rêves, supports et producteurs de la mémoire

Identité

Nom: BILHAUT

Prénom: Anne-Gaël

Statut: Visiting research fellow à la University of Western Australia (Perth, Australie), Boursière postdoctorale Lavoisier du Ministère des affaires étrangères et européennes (2008-2009)

Adresse courriel: agbilhaut(at)hotmail.com

 

Domaine de recherche

Amazonie, Océanie, rêves, patrimoine immatériel, musées indigènes, mouvements identitaires indigènes


Projet(s) de recherche

Formation et Parcours

Ma thèse, réalisée à l’université Paris X – Nanterre (2007) sous la direction de Jacques Galinier, portait sur la fabrication onirique du patrimoine des Indiens zápara de Haute Amazonie (Équateur/Pérou). Pour son achèvement, j’ai bénéficié d’une bourse doctorale au musée du quai Branly (2006-2007). J’ai ensuite obtenu un contrat de recherche au centre EREA du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative de Nanterre, comme lauréate de la Bourse Bernard-Lelong (CNRS). Grâce à celle-ci, j’ai pu développer un nouveau projet de recherche sur les muséographies indigènes, que j’aborde également de façon comparative avec l’Australie. Pour le mener, j’effectue un stage doctoral au Berndt Museum of Anthropology de la university of Western Australia durant lequel j’ai l’opportunité de travailler ce thème avec des chercheurs de plusieurs universités australiennes.

Enfin, je suis associée au centre EREA du Lesc (CNRS), membre du comité de rédaction du Journal de la Société des Américanistes et chercheur associée à la Flacso (Équateur).


Le Réveil de l’immatériel

Dans ma thèse doctorale, mon intérêt s’est porté sur les processus oniriques par lesquels les Indiens Zápara (Équateur, Pérou) reconstruisent leur tradition. J’ai pour cela décrit les techniques et les mécanismes d’apprentissage du rêve, lequel s’avère être un moyen intersubjectif de communication entre l’émetteur du rêve (qui est l’interlocuteur onirique, humain ou non-humain) et le rêveur. Pour le montrer, j’ai proposé une typologie des interlocuteurs oniriques. Aussi, les rétrogressions visuelles réalisées par certains leaders indigènes pour « rencontrer l’histoire » ont été analysées. Elles permettent une continuité dans la communication et l’apprentissage auprès des ancêtres, gardiens d’une mémoire dématérialisée accessible en rêve. D’autres espaces mémoriels que le rêve ont été étudiés. Pour cela, l’école et l’ethnographie réalisée par les Indiens eux-mêmes ont été interrogées. Elles permettent de mieux saisir comment se produisent et se constituent des archives et annoncent une pensée muséographique indigène.


Les muséographies indigènes. Approche ranscontinentale (recherche en cours)

Dans cette recherche sur les muséographies indigènes, je veux déterminer ce qui doit rester en mémoire selon eux, observer ce qu’ils font de ces éléments et comment ils constituent les conservatoires. Il s’agit d’explorer et d’analyser la manière dont les peuples indigènes mettent en scène et donnent à voir leur culture matérielle et immatérielle. À partir d’enquêtes comparatives en Amazonie puis sur le continent océanien, je veux interroger le rapport entre musées, mémoire et indigènes au travers des ethnomuséographies, et revenir sur les sensations et les affects attachés aux objets. De nombreux axes de recherche sont envisagés dans cette proposition : les relations entre soi et avec autrui, les systèmes de mémoire, la patrimonialisation des savoirs et de la culture, les processus politiques dans la fabrication de la tradition. Par ces biais, ce projet de recherche vise à expliciter le système de tradition indigène, de manière résolument contemporaine, en comparant des situations particulièrement contrastées, comme celle des Zápara d’Amazonie  ou des Aborigènes d’Australie.

Cette recherche s’appuie sur les données issues de mes terrains réalisés en Haute Amazonie (Pérou, Équateur) chez les Indiens Zápara, sur les visites de deux leaders zápara au musée du quai Branly et leur découverte de pièces anciennes, originaires de leur peuple et ramenées dans les années 1880 par le diplomate français Charles Wiener, ainsi que sur une étude en cours sur les keeping places d’Australie.

 

Publications

Articles


- « The Zápara Indians : the Consecration of an Endangered People », Museum International, 2003, 218 (vol. 55, n°2), Paris, UNESCO : 25-30.

- « ‘Soñar, recordar y vivir con eso’. Los sueños de los Záparas en la construcción del pasado, Amazonia Ecuatoriana », Estudios Atacameños, 2003, 26, San Pedro de Atacama, Chile : Universidad Católica del Norte, Instituto de Investigaciones Arqueológicas, Museo R.P. Gustavo Le Paige S.J. : 61-70.

- Biographie d’un esprit au corps brisé. Les pierres magiques des ancêtres zápara d’Amazonie : des sujets du passé », Journal de la Société des Américanistes, 2006, 92 -1et 2 : 237-254.

- « Les mots du corps. Une ethnographie des émotions des soignants en cancérologie », Ethnographiques.org, Institut d’ethnologie de Neuchâtel, 2007, n°14.  


Contributions à des ouvrages collectifs

- La connaissance dans le corps. L’usage du minéral chez un guérisseur d’Iquitos (Amazonie Péruvienne), in  Ph. Erikson et M. Lenaerts (dir.). Idées à bouturer. Ethno-écologie amazonienne, Nanterre, Commission Européenne, Université Libre de Bruxelles, Laboratoire d’Ethnologue et de Sociologie Comparative, Labethno, 2002 : 259-270.

- L’adieu aux Zápara, in  Ph. Erikson (dir.). La pirogue ivre. Bières traditionnelles en Amazonie, Saint-Nicolas de Port : Musée Français de la Brasserie, 2006 87-90.


À paraître en 2008

Compte-rendu d’ouvrage

- « Kulijaman Mataliwa et Éliane Camargo, Kaptëlo. L’origine du ciel de case et du roseau à flèches chez les Wayana (Guyanes), Gadepam, CTHS, Cayenne, Paris, 2007 », Journal de la société des Américanistes, 2008 : 37-2.