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23 avril

notes

[1] Officiellement « Musée des Colonies et de la France extérieure ».

[2] En 1991 le musée constitue le douzième département des musées de France, il change à nouveau d’appellation : « Musée national des arts d’Afrique et d’Océanie ». En janvier 2003, alors qu’il est totalement vidé de ses collections, il devient « Palais de la Porte Dorée », où est inauguré en octobre 2007 la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration.

[3] En archivistique, mot invariable (venant du latin fontus, origine) désignant un ensemble de documents produits ou reçus par une personne, physique ou morale, dans l'exercice de ses activités, rassemblés de façon organique et conservés en vue d'une utilisation éventuelle.

[4] Les vicissitudes de l’histoire ont entrainé une dissociation du fonds du MFOM. Ainsi, pour les aspects touchant de près l’histoire coloniale, il est nécessaire de compulser en parallèle les documents conservés au Centre des Archives d’outre-mer (CAOM).

[5] En archivistique, ensemble de pièces ou de dossiers de même nature à l'intérieur d'un fonds d'archives.

[6] Pensés dès novembre 1931 à la fin de l’Exposition Coloniale Internationale, certains documents sont à consulter au CAOM

[7] Le musée est rattaché en 1933 à l’Agence Générale des Colonies, en 1934 à l’Institut National d’Agronomie Coloniale, puis directement du Ministère des Colonies dès 1939.

[8] Point sur lequel avait déjà travaillé Gaston Palewski. Chargé de mission de 1932 à novembre 1934 pour l’organisation du Musée des Colonies et de la France extérieure, cet homme qui évoluait depuis une dizaine d’années dans la sphère politique coloniale cherchât par le biais de notes aux Gouvernements Généraux des colonies à faire parvenir au musée de nouveaux objets. Série collections-enrichissement, document 59083)

[9] Nouvelle présentation de la section historique et ouvertures des salles consacrées à « l’exotisme dans l’art et la littérature » et « art noir » suivie par la salle « art khmer » en 1936.

[10] Voyant aussi là l’occasion d’ « entrer » au musée et/ou de vendre quelques œuvres.

[11] Dont la première version date de 1948.

[12] Directeur du musée de 1950 à 1960.

Les archives du musée de la France d'outre-mer

Fonds d'archives publiques du Musée de la France d'outre-mer (1931-1960)

Le projet d’Exposition coloniale internationale de 1931 prévoit d’emblée la construction d’un bâtiment destiné à perdurer : le Musée Permanent des colonies.

Rapidement rebaptisé « Musée des Colonies [1] » de 1932 à 1935, sa vocation est de pérenniser l’objectif de la manifestation éphémère l’ayant fait naître : valoriser les apports de la France dans ses colonies et montrer les richesses de cette « plus grande France ». Dès 1935, l’institution est appelée « Musée de la France d’outre-mer ».

A partir de 1960, sous l’impulsion de Malraux, la présentation est recentrée idéologiquement et géographiquement : le lieu prend alors le nom de « Musée des arts africains et océaniens ». [2]

Le fonds [3] d’archives hérité du Musée de la France d’outre-mer (MFOM) permet de découvrir l’histoire et l’évolution de cette institution.

L’édification du bâtiment

L’édification de ce nouveau bâtiment parisien, la place qu’il occupe au sein de l’Exposition coloniale internationale ainsi que son organisation propre pendant l’année 1931 ne sont que partiellement examinables au sein du fonds conservé par la médiathèque du Musée du quai Branly [4].

La série [5] Exposition coloniale Internationale permet de rappeler les intentions de cet événement et présente, à travers deux exemples concrets, le commissariat des établissements français de l’Océanie et le comité économique colonial, les demandes et limites imposées aux organes institutionnels. La série offre aussi de nombreuses listes de noms de participants et de produits exposés, ainsi que d’intéressantes informations sur la liquidation de l’exposition, essentiellement par l’exemple de la section indochinoise.

A partir de sa réouverture au public en décembre 1933, le musée acquiert une existence propre : la médiathèque du Musée du quai Branly conserve alors l’intégralité du fonds dans ses archives.

La naissance du nouveau musée

La naissance de ce nouveau musée est décrite à travers les différents projets d’organisation ou de réorganisation[6] et par les statuts, décrets et rapports avec divers services du Ministère des Colonies dont il dépend [7] dans les séries organisation, administration générale et architecture et muséographie.

Dès lors que le musée a intégré les objets de l’Exposition coloniale internationale pouvant servir son dessein, l’accroissement des collections devient le cheval de bataille d’Ary Leblond [8], directeur du MFOM de novembre 1934 à décembre 1950. Il faut préciser que trois mois après son arrivée, la présentation est revue et deux nouvelles sections voient le jour [9].

La volumineuse série collections- enrichissement est alors essentielle à consulter pour comprendre de quelle manière le musée a pu réunir le tiers de ses collections en trois ans. Le courrier montre clairement l’implication des agents coloniaux, parfois pourvoyeurs de grands nombres d’objets, et des artistes [10].

Le rôle fédérateur du MFOM

Le rôle fédérateur que cristallise le MFOM envers les « coloniaux » peut aussi se mesurer en consultant les séries manifestations - location ou prêt de la salle des fêtes, s’intensifiant dans les années 50- et relations extérieures - échanges divers avec des associations et structures d’outre-mer ou coloniales.

Une vocation pédagogique et propagandiste

La vocation pédagogique et propagandiste du musée se révèle dans les séries service de documentation, présentant la constitution, les catalogues des fonds documentaires et leurs prêts, et action culturelle par l’examen des bons d’accord d’entrées gratuites ou réduites pour des classes ou groupes par exemple- ; mais aussi dans la série architecture-muséographie permettant de découvrir l’organisation muséographique de certaines salles et les textes affichés ; ou encore, dans la série collection-prêts extérieurs grâce aux nombreuses demandes émanant d’écoles, de foires diverses, de grands magasins….

Les séries section économique et aquarium font la synthèse de ces deux objectifs : découvertes « exotiques » des territoires outre-mer et valorisation de l’apport français aux colonies, dont la contrepartie est illustrée par l’intérêt qu’y trouve l’économie nationale.

L’objectif du musée se lit aussi aisément en consultant la série Collections-Expositions : présentation de matières premières, focus sur certains pays, expositions d’artistes contemporains, ou, plus rares, expositions politiques telles celles consacrées à Lyautey, Brazza ou au centenaire de l’abolition de l’esclavage.

Le musée et son public

La répercussion qu’a le musée sur le public est en revanche plus complexe à analyser. On peut néanmoins examiner la série collections dans laquelle la correspondance avec les donateurs ou prêteurs est riche d’enseignements. Les séries comptabilité et action culturelle, donnent les chiffres -lacunaires- de la billetterie et mentionnent quelques conférences. La série gestion recense les autorisations accordées pour dessiner dans les salles, les demandes de rééditions et chiffres de vente du catalogue [11].

Couplées à toutes ces dernières, la série communication est peut-être celle leurs donnant le plus de sens. Si on ne peut avoir une information complète sur le public, il est possible d’analyser le public visé : la publicité, qui avait été réduite jusqu’à l’arrivée de Marcel Lucain [12] en 1950 devient alors très importante. Il ne s’agit certainement pas seulement d’un rapport de cause à effet, mais plutôt d’un indicateur annonçant les prémices de la remise en question politique de « l’Empire », et d’un intérêt moindre pour un musée à la présentation connotée.

Description sommaire du fonds

1- Exposition Coloniale Internationale – 11 dossiers

2- Organisation – 14 dossiers

3- Administration générale – 11 dossiers

4- Gestion – 14 dossiers (fournitures, matériel, mais aussi autorisation de dessiner et stocks de tickets et catalogues)

5- Communication -11 dossiers (publicité, communiqués de presse, édition du guide)

6- Courrier – 19 dossiers  (courrier administratif au départ, courriers aux/de particuliers, courriers personnels de Gaston Palewski et Ary Leblond)

7- Personnel – 42 dossiers

8- Comptabilité – 23 dossiers (budgets mais aussi crédits acquis et tarifs des billets d’entrée et nombre vendu, nombre de gratuits, recette de la vente du guide)

9- Sécurité – 1 dossier

10- Collections – 75 dossiers (inventaires, mouvement, enrichissement, prêts extérieurs, gestion interne, accidents-disparitions, Expositions)

11- Architecture-Muséographie – 24 dossiers (projet d’extension, plans et programmes muséographiques, salle Indochine, galerie historique, salle monnaies et médailles, salle art khmer, salle de la chasse, galerie sanitaire, salle Tunisie …)

12- Service de documentation – 11 dossiers (constitution de la bibliothèque et catalogue partiel de son fonds, catalogue de la cinémathèque et correspondance avec des particuliers et d’autres cinémathèques, catalogue de la discothèque, devis pour la sonorisation du musée et conditions de diffusions de disques)

13- Section économique – 8 dossiers (correspondance, exposition, concours agricole)

14- Aquarium – 2 dossiers (organisation, correspondance avec le Muséum, notes techniques, collection vivante)

15- Action culturelle – 11 dossiers (Société des amis du musée, conférences-visites-projections, événements, entrées collectives-gratuité, tarifs réduits-)

16- Manifestation – 12 dossiers (locations de la salle des Fêtes du musée)

17- Relations extérieures – 11 dossiers (musée Léon Dierx, école supérieure d’application d’agriculture tropicale, associations et institutions coloniales, visites de personnalités, CNRS, comité du film ethnographique, Comité national pour l’érection d’un monument au Maréchal Lyautey).

Bibliographie associée  

- Le Palais des Colonies, histoire du musée des arts d’Afrique et d’Océanie, Paris, RMN, 2002.

- AGERON Charles-Robert : « L’Exposition coloniale », Les Lieux de mémoire (P. Nora éd.), 1 : La République, Paris, Gallimard, 1984.

- HODEIR Catherine et PIERRE Michel : L'exposition coloniale de 1931, Paris, Complexes, 1992.

- MORTON Patricia : « National and colonial : The musée des Colonies at the colonial exposition, Paris, 1931 », Art Bulletin, LXXX, 2, juin 1998, p.357-377.

- TAFFIN Dominique : "Le musée des colonies et l'imaginaire colonial", Images et colonies. Iconographie et propagande coloniale sur l'Afrique française 1880-1962, Paris, BDIC, ACHAC, 1993, p. 140-144.

- TAFFIN Dominique : "Un musée dans l'histoire, l'histoire dans le musée : le cas du musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie", congrès de l'ICMAH, Dakar,14-19 mars1994, publié dans Congrès /Congress ICMAH Dakar-Sénégal, 1995, p.36-40.

- TAFFIN Dominique : "Le musée des Arts d'Afrique et d'Océanie", Le XIIe arrondissement, traditions et modernité, Paris, Délégation à l'action artistique, 1996, p.184-191.

- TAFFIN Dominique, BLIND Camille, MARTIN Angèle: « Pour une sociologie du musée colonial: pratiques et représentations à travers la constitution de ses collections », actes du colloque Du musée colonial au musée des cultures du monde, Paris, Maisonneuve & Larose / MAAO, 2000, p.43-69.

- TAFFIN Dominique : « Du musée de la France d’outre-mer au musée national des Arts africains et océaniens (1960-1980) », actes du colloque Le Musée et les cultures du monde, Ecole nationale du patrimoine, 1999.

- WATELET Sylvie : "Le musée des colonies et le musée de la France d'outre-mer (1931-1960)", Coloniales, catalogue de l'exposition du musée municipal de Boulogne-Billancourt, 1989.