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17 avril

Le fonds Henry Reichlen

Fonds d'archives privées Henry Reichlen (1914-2000)

Biographie

De nationalité suisse, Henry Reichlen suit des études de droit, d’histoire de l’art, de botanique, de géologie et de zoologie à l’université de Fribourg. Il  est attaché au musée cantonal d’Histoire naturelle et d’Archéologie de Fribourg de 1934 à 1937, où il étudie et complète les collections de géologie, botanique et entomologie des Pré-alpes fribourgeoises. Il réalise en parallèle des fouilles sur des sites lacustres néolithiques du canton de Fribourg. Sa carrière se partagera ensuite entre l’Amérique du Sud et le musée de l’Homme à Paris.

En 1938, chargé de mission par le musée d’Histoire naturelle de Fribourg, il part pour l’Argentine comme assistant technique au musée archéologique de Santiago del Estero. Il rentre en Europe en 1939 pour suivre des cours d’ethnologie à l’université de Fribourg, à Paris à l’Institut d’ethnologie, à l’École pratique des hautes études et à l’Institut de paléontologie humaine. À cette date, il devient membre de la Société des Américanistes et sera membre de son conseil de 1943 à 1977.

En 1940, il est nommé par Paul Rivet responsable par intérim du département Amérique du musée de l’Homme, poste qu’il conserve jusqu’en 1947. Dans ce musée, il s’occupe en particulier de la réinstallation des salles d’exposition d’Amérique, d’Océanie et des peuples arctiques et réorganise avec grand soin les collections archéologiques du Pérou. C’est à cette époque qu’il épouse Paule Barret, anthropologue physique, collaboratrice de Paul Rivet pendant de longues années, avec laquelle il publiera de nombreux ouvrages. En 1945, il intègre le CNRS nouvellement créé et sera nommé maître de recherches en 1963.

Il retourne après la guerre en Amérique du Sud. De 1947 à 1952, il fait partie de la mission ethnologique française au Pérou septentrional, organisée par Paul Rivet. Dans ce cadre, il effectue une série de reconnaissances et de fouilles archéologiques dans le sud-est du département de Cajamarca, région peu connue sur le plan archéologique. A la fin de l’année 1958, il rejoint en Patagonie chilienne Annette Emperaire dont le mari, l’ethnologue José Emperaire, vient de décéder accidentellement sur le site de Ponsonby. Il participe aux fouilles de ce site, à celles des grottes Fell et  Oosin Aike, aidant ainsi Annette Emperaire à clore cette campagne de fouilles.

Les centres d’intérêt d’Henry Reichlen sont multiples : il  allie, dès sa formation universitaire, sciences naturelles et sciences humaines. Outre des articles concernant ses travaux de terrain archéologiques et ethnographiques en Argentine et au Pérou, il publie quelques articles sur des collections du musée de l’Homme provenant de la Martinique, de la Californie, du Pérou, de l’Amazonie. Il  porte également un grand intérêt à l’histoire des collections et consulte de nombreuses archives à Paris, notamment sur les anciennes missions françaises. On lui doit la publication du manuscrit Boscana conservé à la Bibliothèque nationale à Paris, dans le Journal de la Société des Américanistes. Ce manuscrit est considéré par A. Kroeber comme le document ethnographique le plus important laissé sur les Indiens de Californie par les franciscains, qui les ont convertis de 1812 à 1822.

Homme de musée et homme de terrain, affable, courtois, méticuleux et passionné par les objets, il enrichit considérablement le patrimoine français par le don de collections archéologiques et ethnographiques au  département Amérique du laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme. Il fait également don de quelques objets aux départements d’Océanie, d’Afrique du Nord et d’Europe, souvent acquis dans des ventes aux enchères, qu’il fréquente beaucoup.

Une biographie complète est disponible dans l’article de Marie-France Fauvet-Berthelot, « Henry Reichlen (1914-2000) », Journal de la Société des Américanistes, 2001, tome 87, pp. 396-400, http://jsa.revues.org/document2218.html

Description du fonds

Le fonds rassemble tous les types de documents liés à ses travaux scientifiques au Pérou : cartes, notes, tirés à part, carnets…Il comprend également des reproductions de textes importants conservés dans d’autres institutions concernant l’histoire des collections.