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24 novembre

Un panthéon métis en Inde portugaise

Dès le début de la colonisation portugaise au XVIe siècle s’est développée dans cette « Rome de l’Orient » que fut Goa, une production d’images religieuses en ivoire, production que l’on pourrait qualifier de proto-industrie, tant elle fut importante. En effet, nous ne pouvons qu’être surpris par la profusion de ces représentations « indo-portugaises » que l’on trouve encore aujourd’hui dans les musées, chez les antiquaires ou dans les salles de vente, au Portugal bien sûr mais aussi en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil ou au Mexique. Mais qu’entend-on par images indo-portugaises ? Bernardo Ferrão de Tavares e Távora, l’un des premiers à les avoir étudiées, nous en donne la définition suivante : « Il s'agit de sculptures faites en Asie par des artisans indigènes, initialement sous l'égide des missions portugaises, copiant des motifs occidentaux, s'en inspirant ou les recréant avec des variantes propres ». Cela aboutit à la création d’objets métis, objets qui nous racontent une histoire, celle de la rencontre de deux mondes – l’occidental et l’asiatique.

  • Bon Pasteur

  • Détail d’un piédestal de Bon Pasteur

  • Détail d’un Bon Pasteur

  • Bon Pasteur de dos

  • Détail d’un socle de Bon Pasteur

  • Bon Pasteur

    Bon Pasteur

  • Deux Bons Pasteurs

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Détail de la Vierge de l’Immaculée Conception

  • Vierge à l’enfant

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Sainte en prière

  • Vierge

  • Vierge à l’enfant

  • Jésus bénissant

  • Enfant Jésus « Salvator mundi »

  • Enfant Jésus au crâne

  • Enfant Jésus

  • Enfant Jésus dans son lit

  • Le christ en croix

  • Détail du Christ en croix

  • Détail du Christ de dos

  • Saint Sébastien

  • Détail de Saint Sébastien

  • Saint François d’Assise

  • Saint Antoine de Padoue

  • Deux saints pélerins

  • Petit couple


Saint François d’Assise

Saint François d’Assise

XVIIe siècle, ivoire, H : 7 cm

La Contre-Réforme a souvent dicté les choix iconographiques en exaltant les thèmes attaqués par les Réformés, comme la Vierge de l'Immaculée Conception, ainsi que toute la pléiade des saints de la Contre-Réforme comme les fondateurs des différents ordres.

Si les fondateurs des ordres religieux présents en Inde sont bien représentés, paradoxalement ils ne le sont pas pareillement. Ainsi saint Ignace de Loyola, fondateur de l’ordre des jésuites, qui fut l’ordre privilégié pour la propagation de la foi, a relativement peu d’images. Quant à saint François Xavier le nombre de ses figurations est loin de correspondre à la profonde dévotion dont il fut l’objet en Asie et particulièrement à Goa. Par ailleurs, ses figurations sont relativement tardives – XVIIIe et XIXe siècles – et ce sont souvent des modèles décadents inspirés du modèle de celui conservé en l’église du Bon Jésus à Velha Goa. Y avait-il là une réticence à représenter un saint encore trop proche d’eux (saint François Xavier est mort en 1552) ?

En revanche, saint François d’Assise, fondateur de l’ordre des franciscains, est largement représenté. En ronde-bosse, mais aussi sculpté sur le socle du Bon Pasteur, comme nous le montre cet exemple.

Saint François d’Assise porte toujours la robe de bure des franciscains, serrée à la taille par une cordelière à trois nœuds, qui évoquent les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Alors que l’Italie de la première Renaissance le montrait imberbe, la Contre-Réforme le préfère barbu.