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20 décembre

Un panthéon métis en Inde portugaise

Dès le début de la colonisation portugaise au XVIe siècle s’est développée dans cette « Rome de l’Orient » que fut Goa, une production d’images religieuses en ivoire, production que l’on pourrait qualifier de proto-industrie, tant elle fut importante. En effet, nous ne pouvons qu’être surpris par la profusion de ces représentations « indo-portugaises » que l’on trouve encore aujourd’hui dans les musées, chez les antiquaires ou dans les salles de vente, au Portugal bien sûr mais aussi en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil ou au Mexique. Mais qu’entend-on par images indo-portugaises ? Bernardo Ferrão de Tavares e Távora, l’un des premiers à les avoir étudiées, nous en donne la définition suivante : « Il s'agit de sculptures faites en Asie par des artisans indigènes, initialement sous l'égide des missions portugaises, copiant des motifs occidentaux, s'en inspirant ou les recréant avec des variantes propres ». Cela aboutit à la création d’objets métis, objets qui nous racontent une histoire, celle de la rencontre de deux mondes – l’occidental et l’asiatique.

  • Bon Pasteur

  • Détail d’un piédestal de Bon Pasteur

  • Détail d’un Bon Pasteur

  • Bon Pasteur de dos

  • Détail d’un socle de Bon Pasteur

  • Bon Pasteur

    Bon Pasteur

  • Deux Bons Pasteurs

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Détail de la Vierge de l’Immaculée Conception

  • Vierge à l’enfant

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Sainte en prière

  • Vierge

  • Vierge à l’enfant

  • Jésus bénissant

  • Enfant Jésus « Salvator mundi »

  • Enfant Jésus au crâne

  • Enfant Jésus

  • Enfant Jésus dans son lit

  • Le christ en croix

  • Détail du Christ en croix

  • Détail du Christ de dos

  • Saint Sébastien

  • Détail de Saint Sébastien

  • Saint François d’Assise

  • Saint Antoine de Padoue

  • Deux saints pélerins

  • Petit couple


Le Christ en croix

Le christ en croix

XVIIIe siècle, ivoire, H : 24 cm, L : 23 cm

Les représentations du Christ en croix sont là encore innombrables et constituent l’un des sujets les plus importants de la sculpture indo-portugaise. Cette figure faisait souvent partie d’ensembles figurant le Calvaire. Malheureusement, peu d'entre eux sont arrivés entiers jusqu’à notre époque.

Il existe plusieurs types d’ivoires (hippopotame, cachalot, morse, etc.), l’ivoire le plus noble reste néanmoins celui de l’éléphant. Et si ce matériau existe en Inde, celui utilisé pour les sculptures à Goa est importé de la côte orientale d'Afrique, dans la région de Sofala et autour de l'île de Zanzibar, zone importante de commerce de l'ivoire. Au tournant du XV/XVIe siècle, le dominicain Frei João dos Santos dans son œuvre Etiopia oriental e varia historia de cousas notaveis do Oriente nous renseigne sur la production et l’exportation de l’ivoire « comme la principale marchandise de la côte de Sofala, d’où chaque année l’on envoie en Inde de très grandes quantités ». Les éléphants d’Afrique ayant des défenses plus grandes et de meilleure qualité que ceux d’Asie, leur ivoire était plus recherché. Il n’est pas interdit de penser également que d’autres facteurs soient en cause dans ce choix. En effet, en Inde non seulement l’éléphant est utilisé pour le travail (notamment pour le transport des bois), mais c’est aussi un animal sacré. L’un des dieux les plus populaires en Inde n’est autre que Ganesha, le dieu à tête d’éléphant, avatar de Vishnou, ce qui expliquerait la répugnance des Indiens à le massacrer.