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22 octobre

Un panthéon métis en Inde portugaise

Dès le début de la colonisation portugaise au XVIe siècle s’est développée dans cette « Rome de l’Orient » que fut Goa, une production d’images religieuses en ivoire, production que l’on pourrait qualifier de proto-industrie, tant elle fut importante. En effet, nous ne pouvons qu’être surpris par la profusion de ces représentations « indo-portugaises » que l’on trouve encore aujourd’hui dans les musées, chez les antiquaires ou dans les salles de vente, au Portugal bien sûr mais aussi en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil ou au Mexique. Mais qu’entend-on par images indo-portugaises ? Bernardo Ferrão de Tavares e Távora, l’un des premiers à les avoir étudiées, nous en donne la définition suivante : « Il s'agit de sculptures faites en Asie par des artisans indigènes, initialement sous l'égide des missions portugaises, copiant des motifs occidentaux, s'en inspirant ou les recréant avec des variantes propres ». Cela aboutit à la création d’objets métis, objets qui nous racontent une histoire, celle de la rencontre de deux mondes – l’occidental et l’asiatique.

  • Bon Pasteur

  • Détail d’un piédestal de Bon Pasteur

  • Détail d’un Bon Pasteur

  • Bon Pasteur de dos

  • Détail d’un socle de Bon Pasteur

  • Bon Pasteur

    Bon Pasteur

  • Deux Bons Pasteurs

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Détail de la Vierge de l’Immaculée Conception

  • Vierge à l’enfant

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Sainte en prière

  • Vierge

  • Vierge à l’enfant

  • Jésus bénissant

  • Enfant Jésus « Salvator mundi »

  • Enfant Jésus au crâne

  • Enfant Jésus

  • Enfant Jésus dans son lit

  • Le christ en croix

  • Détail du Christ en croix

  • Détail du Christ de dos

  • Saint Sébastien

  • Détail de Saint Sébastien

  • Saint François d’Assise

  • Saint Antoine de Padoue

  • Deux saints pélerins

  • Petit couple


Bon Pasteur de dos

Bon Pasteur de dos

XVIIe siècle, ivoire, H : 28 cm, L : 21 cm

Le Bon Pasteur est le résultat d’un processus de création qui utilise des éléments connus et européens, pour aboutir à un ensemble tout à fait nouveau, une image recomposée et dont on ne trouve aucun modèle dans l’art occidental. Les éléments pour la plupart religieux ont été redistribués dans une image qui s’est fixée et qui aura une longue descendance. Mais d’où vient le modèle ? Cette forme pyramidale n’est pas sans rappeler les temples indiens du Sud de l’Inde, notamment ceux de l’empire de Vijayanagar, dans la province limitrophe de Goa que les Portugais connaissaient bien. Nous savons que cette forme a inspiré de nombreuses créations, par exemple certaines formes de bijoux. Peut-on imaginer que ces temples aient pu servir de source d’inspiration pour créer cette image unique ?

L’envers du piédestal présente un décor incisé de croisillons qui peut être une évocation de la montagne. C’est de là également que part tout un faisceau de branches avec des feuilles – qui supporte quelquefois, sur des pièces plus complexes, le buste du Christ avec l'Esprit Saint, représenté par la colombe. Ces branches d’une grande fragilité ont souvent disparu.