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21 novembre

Un panthéon métis en Inde portugaise

Dès le début de la colonisation portugaise au XVIe siècle s’est développée dans cette « Rome de l’Orient » que fut Goa, une production d’images religieuses en ivoire, production que l’on pourrait qualifier de proto-industrie, tant elle fut importante. En effet, nous ne pouvons qu’être surpris par la profusion de ces représentations « indo-portugaises » que l’on trouve encore aujourd’hui dans les musées, chez les antiquaires ou dans les salles de vente, au Portugal bien sûr mais aussi en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil ou au Mexique. Mais qu’entend-on par images indo-portugaises ? Bernardo Ferrão de Tavares e Távora, l’un des premiers à les avoir étudiées, nous en donne la définition suivante : « Il s'agit de sculptures faites en Asie par des artisans indigènes, initialement sous l'égide des missions portugaises, copiant des motifs occidentaux, s'en inspirant ou les recréant avec des variantes propres ». Cela aboutit à la création d’objets métis, objets qui nous racontent une histoire, celle de la rencontre de deux mondes – l’occidental et l’asiatique.

  • Bon Pasteur

  • Détail d’un piédestal de Bon Pasteur

  • Détail d’un Bon Pasteur

  • Bon Pasteur de dos

  • Détail d’un socle de Bon Pasteur

  • Bon Pasteur

    Bon Pasteur

  • Deux Bons Pasteurs

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Détail de la Vierge de l’Immaculée Conception

  • Vierge à l’enfant

  • Vierge de l’Immaculée Conception

  • Sainte en prière

  • Vierge

  • Vierge à l’enfant

  • Jésus bénissant

  • Enfant Jésus « Salvator mundi »

  • Enfant Jésus au crâne

  • Enfant Jésus

  • Enfant Jésus dans son lit

  • Le christ en croix

  • Détail du Christ en croix

  • Détail du Christ de dos

  • Saint Sébastien

  • Détail de Saint Sébastien

  • Saint François d’Assise

  • Saint Antoine de Padoue

  • Deux saints pélerins

  • Petit couple


Bon Pasteur

Bon Pasteur

XVIIe siècle, ivoire, H : 28 cm, L : 21 cm

Type le plus original et le plus caractéristique de la statuaire indo-portugaise, la figure dite du « Bon Pasteur » peut être considérée comme emblématique de cet art « indo-portugais ». Si l’image est au premier abord très lisible pour un œil européen habitué à l’iconographie religieuse catholique, en la regardant de plus près, on pourra la trouver déconcertante. En effet, les éléments qui la composent sont connus, mais leur agencement inhabituel devient tout à coup énigmatique. On ne reconnaît pas cet ensemble. A quel monde appartient cet objet ? Est-il oriental ou occidental ? Sans frontières, l’objet métis intrigue. Tentons de le découvrir.

Cet ensemble se compose toujours de la même manière : un piédestal plus ou moins complexe que surmonte un personnage appelé « le Bon Pasteur ». Le thème du Bon Pasteur, très courant dans l’art paléochrétien, disparaît au Moyen-Age, pour reparaître au XVIe siècle sous la forme de l’enfant Jésus rapportant sur ses épaules la brebis égarée. A Goa, le personnage du bon pasteur est toujours figuré le visage jeune et serein, les yeux clos. Vêtu comme un berger d’une tunique courte, serrée à la taille par un nœud, il est chaussé de sandales ouvertes (modèle grec ou romain ?). Il soutient sa tête de la main droite, le coude reposant sur une calebasse. Du côté gauche, il tient un agneau sur la cuisse et quelquefois un autre sur l'épaule. Il porte également une petite sacoche en bandoulière.