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29 août

Goa, terre de métissages

Eden des hippies, attirés par ses plages paradisiaques dans les années 70, aujourd’hui envahi de touristes tout autant occidentaux qu'indiens, l’état de Goa (le plus petit de l’Union indienne avec ses 3 700 km2), coincé entre le Karnataka et le Maharashtra, fut aussi une enclave portugaise pendant quatre cents ans. Et de toute évidence, si à Goa nous sommes en Inde, il s’agit d’une autre Inde, celle que quatre siècles de présence portugaise ont profondément imprégnée en donnant sans conteste à ce petit territoire sa spécificité. La colonisation, en mêlant les mondes portugais et indien, a produit une société à part, à jamais différente du reste de la Péninsule et marquée par un métissage manifeste à tous les niveaux : que ce soit dans l’art, la littérature, la langue, la nourriture ou encore la religion, où le catholicisme n’a pas effacé la division en castes de la société indienne.

Si depuis les campagnes d’Alexandre, marchands et missionnaires sillonnaient déjà le sous-continent indien, c’est Vasco da Gama qui ouvre la première route « maritime » vers l’Inde. Partie à la recherche « des chrétiens et des épices » – selon les célèbres mots du premier Portugais à poser le pied sur le sol indien – sa petite flotte composée de quatre nefs, double le cap de Bonne-Espérance et atteint Calicut sur la côte du Malabar au sud-ouest de l’Inde, le 18 mai 1498, après onze mois de navigation.

  • Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

    Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

  • Arc des vice-rois

  • Sé Patriarcale

  • Intérieur de la Sé Patriarcale : retable de l’autel principal

  • Eglise du Bon Jésus

    Eglise du Bon Jésus

  • Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

  • Fresques du couvent Sainte-Monique

    Fresques du couvent Sainte-Monique

  • Eglise Saint-Gaëtan

  • Eglise Saint-François d’Assise

  • Intérieur de l’église Saint-François d’Assise

  • Pangim, la Nova Goa actuelle

    Pangim, la Nova Goa actuelle

  • Maison noble à deux étages à Fontainhas

  • Fenêtre à « carepas »

  • Rue à Fontainhas

    Rue à Fontainhas

  • Façade à Fontainhas

    Façade à Fontainhas

  • Petit sanctuaire dans Pangim

    Petit sanctuaire dans Pangim

  • Eglise de l’Immaculée Conception à Pangim

  • Messe du dimanche à Pangim

    Messe du dimanche à Pangim

  • La croix miraculeuse de Bambolim

    La croix miraculeuse de Bambolim

  • Eglise Notre-Dame du Refuge à Mandur

  • Un atelier de sculpture à Goa

    Un atelier de sculpture à Goa


Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

1636-1637

Saint François Xavier (1506-1552) arrive à Goa une première fois le 6 mai 1542. Il y fera plusieurs séjours, entrecoupés par des voyages aux Moluques, au Japon et en Chine où il mourut dans l’île de Sancian. Son corps fût ramené à Goa et bénéficie d’une immense popularité.

C'est en 1636 que les jésuites firent exécuter pour leur saint un nouveau cercueil en argent d'une grande richesse. Composé de deux parties distinctes, il est le fruit métissé d’un travail goanais et européen. Le sarcophage vitré, tout en filigrane d’argent, renferme le corps momifié du saint. Quant au mausolée, il fut offert à la fin du XVIIe siècle par Cosme III de Médicis, Grand-Duc de Toscane (1670-1723). Composé de marbre d'Italie de pur style florentin, il est orné de reliefs en bronze illustrant des scènes de la vie de l'apôtre des Indes. Cette partie basse est parfaitement italienne. Mais l'ensemble, dans son foisonnement scintillant, est typiquement indien.

Depuis toujours, l’église du Bon Jésus à Velha Goa où repose le corps de Saint- François Xavier est un lieu de pèlerinage et quand les Portugais, à leur départ en 1961, voulurent emporter la châsse avec eux, les Goanais s’y opposèrent fermement. Tous les dix ans, le corps du Saint est exposé au public et rassemble plusieurs milliers de personnes de toutes confessions, musulmans et hindous compris.