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25 juillet

Goa, terre de métissages

Eden des hippies, attirés par ses plages paradisiaques dans les années 70, aujourd’hui envahi de touristes tout autant occidentaux qu'indiens, l’état de Goa (le plus petit de l’Union indienne avec ses 3 700 km2), coincé entre le Karnataka et le Maharashtra, fut aussi une enclave portugaise pendant quatre cents ans. Et de toute évidence, si à Goa nous sommes en Inde, il s’agit d’une autre Inde, celle que quatre siècles de présence portugaise ont profondément imprégnée en donnant sans conteste à ce petit territoire sa spécificité. La colonisation, en mêlant les mondes portugais et indien, a produit une société à part, à jamais différente du reste de la Péninsule et marquée par un métissage manifeste à tous les niveaux : que ce soit dans l’art, la littérature, la langue, la nourriture ou encore la religion, où le catholicisme n’a pas effacé la division en castes de la société indienne.

Si depuis les campagnes d’Alexandre, marchands et missionnaires sillonnaient déjà le sous-continent indien, c’est Vasco da Gama qui ouvre la première route « maritime » vers l’Inde. Partie à la recherche « des chrétiens et des épices » – selon les célèbres mots du premier Portugais à poser le pied sur le sol indien – sa petite flotte composée de quatre nefs, double le cap de Bonne-Espérance et atteint Calicut sur la côte du Malabar au sud-ouest de l’Inde, le 18 mai 1498, après onze mois de navigation.

  • Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

    Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

  • Arc des vice-rois

  • Sé Patriarcale

  • Intérieur de la Sé Patriarcale : retable de l’autel principal

  • Eglise du Bon Jésus

    Eglise du Bon Jésus

  • Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

  • Fresques du couvent Sainte-Monique

    Fresques du couvent Sainte-Monique

  • Eglise Saint-Gaëtan

  • Eglise Saint-François d’Assise

  • Intérieur de l’église Saint-François d’Assise

  • Pangim, la Nova Goa actuelle

    Pangim, la Nova Goa actuelle

  • Maison noble à deux étages à Fontainhas

  • Fenêtre à « carepas »

  • Rue à Fontainhas

    Rue à Fontainhas

  • Façade à Fontainhas

    Façade à Fontainhas

  • Petit sanctuaire dans Pangim

    Petit sanctuaire dans Pangim

  • Eglise de l’Immaculée Conception à Pangim

  • Messe du dimanche à Pangim

    Messe du dimanche à Pangim

  • La croix miraculeuse de Bambolim

    La croix miraculeuse de Bambolim

  • Eglise Notre-Dame du Refuge à Mandur

  • Un atelier de sculpture à Goa

    Un atelier de sculpture à Goa


Eglise du Bon Jésus

Eglise du Bon Jésus

1594-1605

Si tous les ordres religieux s'installent à Goa, les jésuites y jouent un rôle de premier ordre. Que ce soit dans la diffusion de la foi ou l’enseignement, leur implication est partout. En 1557, ils fondent le Collège Saint-Paul, dans lequel une école de médecine est intégrée ; dès son ouverture, elle comptait déjà 133 élèves venus de tous les coins d'Asie. Toujours au service de l'évangélisation, ils introduisent l'imprimerie dès 1556. En 1561, des imprimeurs les suivent comme João de Endem. D'origine allemande, il publia les premiers livres des œuvres du poète portugais Camões (1524-1579) ainsi que les célèbres « Coloquios dos simples e drogas da Asia » de Garcia da Orta (1501-1568) en 1563 ; ce médecin apothicaire réunissait tout un monde de gens cultivés chez lui, où il possédait une très riche bibliothèque et un musée avec toutes ses plantes.

Architectes-bâtisseurs-missionnaires, les jésuites emportaient généralement dans leurs voyages les plans et les maquettes des édifices qu’ils voulaient reproduire. L’église du Bon Jésus, à la façade imposante, tant par la taille que par la riche décoration, reproduit le plan de l’église-rue, propre au sermon avec sa grande nef rectangulaire.

C'est aussi à la demande des jésuites que le roi D. João III du Portugal va instaurer en 1560 l’Inquisition à Goa – qui fut l'un des tribunaux les plus redoutables du Portugal. Ce tribunal poursuivait non seulement les nouveaux-chrétiens judaïsants, mais aussi les hindous et les musulmans convertis, qui continuaient à pratiquer leur religion.