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21 décembre

Goa, terre de métissages

Eden des hippies, attirés par ses plages paradisiaques dans les années 70, aujourd’hui envahi de touristes tout autant occidentaux qu'indiens, l’état de Goa (le plus petit de l’Union indienne avec ses 3 700 km2), coincé entre le Karnataka et le Maharashtra, fut aussi une enclave portugaise pendant quatre cents ans. Et de toute évidence, si à Goa nous sommes en Inde, il s’agit d’une autre Inde, celle que quatre siècles de présence portugaise ont profondément imprégnée en donnant sans conteste à ce petit territoire sa spécificité. La colonisation, en mêlant les mondes portugais et indien, a produit une société à part, à jamais différente du reste de la Péninsule et marquée par un métissage manifeste à tous les niveaux : que ce soit dans l’art, la littérature, la langue, la nourriture ou encore la religion, où le catholicisme n’a pas effacé la division en castes de la société indienne.

Si depuis les campagnes d’Alexandre, marchands et missionnaires sillonnaient déjà le sous-continent indien, c’est Vasco da Gama qui ouvre la première route « maritime » vers l’Inde. Partie à la recherche « des chrétiens et des épices » – selon les célèbres mots du premier Portugais à poser le pied sur le sol indien – sa petite flotte composée de quatre nefs, double le cap de Bonne-Espérance et atteint Calicut sur la côte du Malabar au sud-ouest de l’Inde, le 18 mai 1498, après onze mois de navigation.

  • Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

    Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

  • Arc des vice-rois

  • Sé Patriarcale

  • Intérieur de la Sé Patriarcale : retable de l’autel principal

  • Eglise du Bon Jésus

    Eglise du Bon Jésus

  • Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

  • Fresques du couvent Sainte-Monique

    Fresques du couvent Sainte-Monique

  • Eglise Saint-Gaëtan

  • Eglise Saint-François d’Assise

  • Intérieur de l’église Saint-François d’Assise

  • Pangim, la Nova Goa actuelle

    Pangim, la Nova Goa actuelle

  • Maison noble à deux étages à Fontainhas

  • Fenêtre à « carepas »

  • Rue à Fontainhas

    Rue à Fontainhas

  • Façade à Fontainhas

    Façade à Fontainhas

  • Petit sanctuaire dans Pangim

    Petit sanctuaire dans Pangim

  • Eglise de l’Immaculée Conception à Pangim

  • Messe du dimanche à Pangim

    Messe du dimanche à Pangim

  • La croix miraculeuse de Bambolim

    La croix miraculeuse de Bambolim

  • Eglise Notre-Dame du Refuge à Mandur

  • Un atelier de sculpture à Goa

    Un atelier de sculpture à Goa


Arc des vice-rois

Arc des vice-rois

1597

C’est par là qu’arrivaient les vice-rois fraîchement débarqués du Portugal qui venaient prendre leurs fonctions à Goa, généralement pour une durée de trois ans. C’est là aussi que le Senado – le Conseil Municipal, l'une des grandes instances politiques de la ville – leur remettait les clés de la ville.

C’est le vice-roi Dom Francisco da Gama (1565-1632) qui ordonna sa construction en 1597 en l'honneur de son arrière-grand-père, le grand Vasco da Gama – dont la figure en pied, dans la niche, domine l’ensemble face au fleuve Mandovi.

Construit par l'architecte-ingénieur goanais Julio Simão, c’est un modèle de « l’art manuélin », du nom du roi Dom Manuel (1469-1521) sous le règne duquel il a vu le jour. Le Manuélin, art typiquement portugais, qui se situe entre le Gothique final et la Renaissance, est essentiellement décoratif et utilise tout un vocabulaire naturaliste qui évoque les grandes découvertes et la mer : fruits exotiques, cordages de bateaux. De chaque côté de la niche centrale, on reconnaît ici la sphère armillaire, symbole des mondes découverts, offert par la papauté à la Couronne portugaise après la découverte des Indes.