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30 août

Goa, terre de métissages

Eden des hippies, attirés par ses plages paradisiaques dans les années 70, aujourd’hui envahi de touristes tout autant occidentaux qu'indiens, l’état de Goa (le plus petit de l’Union indienne avec ses 3 700 km2), coincé entre le Karnataka et le Maharashtra, fut aussi une enclave portugaise pendant quatre cents ans. Et de toute évidence, si à Goa nous sommes en Inde, il s’agit d’une autre Inde, celle que quatre siècles de présence portugaise ont profondément imprégnée en donnant sans conteste à ce petit territoire sa spécificité. La colonisation, en mêlant les mondes portugais et indien, a produit une société à part, à jamais différente du reste de la Péninsule et marquée par un métissage manifeste à tous les niveaux : que ce soit dans l’art, la littérature, la langue, la nourriture ou encore la religion, où le catholicisme n’a pas effacé la division en castes de la société indienne.

Si depuis les campagnes d’Alexandre, marchands et missionnaires sillonnaient déjà le sous-continent indien, c’est Vasco da Gama qui ouvre la première route « maritime » vers l’Inde. Partie à la recherche « des chrétiens et des épices » – selon les célèbres mots du premier Portugais à poser le pied sur le sol indien – sa petite flotte composée de quatre nefs, double le cap de Bonne-Espérance et atteint Calicut sur la côte du Malabar au sud-ouest de l’Inde, le 18 mai 1498, après onze mois de navigation.

  • Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

    Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

  • Arc des vice-rois

  • Sé Patriarcale

  • Intérieur de la Sé Patriarcale : retable de l’autel principal

  • Eglise du Bon Jésus

    Eglise du Bon Jésus

  • Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

  • Fresques du couvent Sainte-Monique

    Fresques du couvent Sainte-Monique

  • Eglise Saint-Gaëtan

  • Eglise Saint-François d’Assise

  • Intérieur de l’église Saint-François d’Assise

  • Pangim, la Nova Goa actuelle

    Pangim, la Nova Goa actuelle

  • Maison noble à deux étages à Fontainhas

  • Fenêtre à « carepas »

  • Rue à Fontainhas

    Rue à Fontainhas

  • Façade à Fontainhas

    Façade à Fontainhas

  • Petit sanctuaire dans Pangim

    Petit sanctuaire dans Pangim

  • Eglise de l’Immaculée Conception à Pangim

  • Messe du dimanche à Pangim

    Messe du dimanche à Pangim

  • La croix miraculeuse de Bambolim

    La croix miraculeuse de Bambolim

  • Eglise Notre-Dame du Refuge à Mandur

  • Un atelier de sculpture à Goa

    Un atelier de sculpture à Goa


Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

Délimité à l'Ouest par l'océan Indien et à l'Est par la chaîne montagneuse des Ghâtes, le territoire de Goa fait partie de la région du Konkan. A la croisée des fleuves Mandovi au Nord et Zuari au Sud, leur estuaire commun est peuplé d'îles. La plus importante, celle de Tiswari, qui signifie les « trente villages » est celle de la Velha Goa portugaise, la vieille Goa, qui sera abandonnée au XVIIe siècle pour cause d’insalubrité, pour Nova Goa, l’actuelle.

C’est en 1510 que le gouverneur portugais Afonso de Albuquerque et son armada conquièrent Goa qui deviendra la capitale de l’Empire portugais d’Asie, vaste espace qui s’étendait, au XVIe siècle, du Mozambique au Japon. Lorsque Goa fut choisie comme capitale de l’Estado da India, elle était déjà depuis longtemps un grand carrefour commercial, jouissant de sa position stratégique privilégiée entre l’Asie et l’Occident. Très vite, Afonso de Albuquerque met en place une politique de mariages mixtes entre Portugais et Indiennes préalablement converties, ce qui allait permettre la création d’une société métisse.

Si aujourd’hui Velha Goa est une ville fantôme, que  seules habitent les grandes bâtisses vides des églises, au XVIe siècle elle est décrite par les voyageurs  occidentaux qui la  visitent  comme une  « ville dorée », « un grand marché luxueux, où s’échangeaient pierres précieuses, soies et épices venant des Moluques, de Chine et grouillant d’une population cosmopolite ». Aussi importante qu’Anvers ou Londres à l’époque, elle compte même plusieurs hôpitaux. Le Français François Pyrard de Laval, qui y séjourna en 1608-1610, nous décrit l’Hôpital royal comme « le plus beau au monde », un « véritable palais » dans lequel tout est bien ordonné et propre ; les malades sont servis dans de  « la porcelaine de Chine » et les « galeries de l'hôpital sont peintes d'histoires de la sainte écriture ». Dotée aussi d’un port important, c’est par là qu’arrivaient les chevaux du golfe Persique destinés aux princes du Deccan et qui constituaient pour Goa une source de grands profits.