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26 novembre

Goa, terre de métissages

Eden des hippies, attirés par ses plages paradisiaques dans les années 70, aujourd’hui envahi de touristes tout autant occidentaux qu'indiens, l’état de Goa (le plus petit de l’Union indienne avec ses 3 700 km2), coincé entre le Karnataka et le Maharashtra, fut aussi une enclave portugaise pendant quatre cents ans. Et de toute évidence, si à Goa nous sommes en Inde, il s’agit d’une autre Inde, celle que quatre siècles de présence portugaise ont profondément imprégnée en donnant sans conteste à ce petit territoire sa spécificité. La colonisation, en mêlant les mondes portugais et indien, a produit une société à part, à jamais différente du reste de la Péninsule et marquée par un métissage manifeste à tous les niveaux : que ce soit dans l’art, la littérature, la langue, la nourriture ou encore la religion, où le catholicisme n’a pas effacé la division en castes de la société indienne.

Si depuis les campagnes d’Alexandre, marchands et missionnaires sillonnaient déjà le sous-continent indien, c’est Vasco da Gama qui ouvre la première route « maritime » vers l’Inde. Partie à la recherche « des chrétiens et des épices » – selon les célèbres mots du premier Portugais à poser le pied sur le sol indien – sa petite flotte composée de quatre nefs, double le cap de Bonne-Espérance et atteint Calicut sur la côte du Malabar au sud-ouest de l’Inde, le 18 mai 1498, après onze mois de navigation.

  • Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

    Velha Goa, capitale de l’Empire portugais d’Asie

  • Arc des vice-rois

  • Sé Patriarcale

  • Intérieur de la Sé Patriarcale : retable de l’autel principal

  • Eglise du Bon Jésus

    Eglise du Bon Jésus

  • Châsse de Saint-François Xavier, l’Apôtre des Indes

  • Fresques du couvent Sainte-Monique

    Fresques du couvent Sainte-Monique

  • Eglise Saint-Gaëtan

  • Eglise Saint-François d’Assise

  • Intérieur de l’église Saint-François d’Assise

  • Pangim, la Nova Goa actuelle

    Pangim, la Nova Goa actuelle

  • Maison noble à deux étages à Fontainhas

  • Fenêtre à « carepas »

  • Rue à Fontainhas

    Rue à Fontainhas

  • Façade à Fontainhas

    Façade à Fontainhas

  • Petit sanctuaire dans Pangim

    Petit sanctuaire dans Pangim

  • Eglise de l’Immaculée Conception à Pangim

  • Messe du dimanche à Pangim

    Messe du dimanche à Pangim

  • La croix miraculeuse de Bambolim

    La croix miraculeuse de Bambolim

  • Eglise Notre-Dame du Refuge à Mandur

  • Un atelier de sculpture à Goa

    Un atelier de sculpture à Goa


Sé Patriarcale

Sé Patriarcale

1562-1650

C’est en 1510, avec l’arrivée d’Afonso de Albuquerque que commence l'histoire chrétienne de Goa. Les grands ordres à vocation missionnaire vont se lancer dans l’évangélisation de cette nouvelle terre. Dès 1517, les franciscains s’installent, très vite suivis par les jésuites en 1542, les dominicains en 1547, et les augustins en 1572. Les structures ecclésiastiques se mettent en place : en 1534, Goa est érigé en diocèse, en 1558 en archevêché. Le territoire se couvre d’églises et Goa devient la « Rome de l’Orient ». Et pour impressionner on construit grand. Dans Velha Goa – ville aujourd’hui morte où seul le sacré demeure – les quelques églises qui se dressent frappent par leur gigantisme et témoignent par leur dimension impressionnante d’un passé que l’on ne peut imaginer que grandiose.

Construite par les dominicains, la Sé est le plus grand accomplissement des Portugais en Inde et sa construction dura si longtemps que les Goanais doutèrent qu’elle se terminât un jour. Elle perdit l’une de ses tours, foudroyée en 1766. La façade est tout à fait maniériste : très sobre, sans décoration hormis les trois portails et les frontons triangulaires. A Goa, les tours deviendront assez caractéristiques de l'architecture religieuse et bon nombre d’églises en seront dotées.

Les monuments goanais étaient généralement construits en latérite, la pierre locale, qui est assez poreuse. Pour les ouvertures, on utilisait une pierre plus dure, une sorte de granit, qui provenait de Baçaim au Nord de Goa. A cause du climat et de la mousson, les églises sont régulièrement repeintes à la chaux, ce qui leur donne ce côté immaculé.