Le royaume du Danhomè
Cette présentation de douze œuvres choisies parmi la sélection d'œuvres du royaume de Danhomè (1625-1900) présentées sur le plateau des collections permanentes, permet d’apprécier la richesse et la diversité stylistique d’un art de cour africain. Les artistes retenus par les rois d’Abomey rejoignaient l’élite et se distinguaient par leur talent et un savoir-faire qui se transmettait de père en fils. Le plus souvent identifiés, individuels ou collectifs, ces artistes éclairent une période florissante de l’actuel Bénin.
Sossa Dede ou Famille Houeglo
Bochio mi-homme mi-poisson du roi Béhanzin, style fon, entre 1890 et 1892, bois, pigments, métal, 71.1893.45.3, musée du quai Branly, don Général Amédée Dodds, saisie après la prise d’Abomey
« Ces statues grandeur nature étaient censées se déplacer et parler. Sur leur surface étaient appliquées des matières-talismans qui donnaient un pouvoir à l’objet. » (S. P. Blier, 1998) Les soldats promettaient la victoire à la statue avant de partir en guerre. Celle-ci était aussi placée en tête de l’armée pour faire fuir les ennemis. D’après Léonard Ahonon, conservateur du musée d’Abomey, cette statue aurait été réalisée par l’un des membres de la famille Houeglo, dont les descendants, installés au quartier Mougnon, perpétuent encore la pratique de la sculpture. Le requin gbowele, dont la colère rend la mer trouble, symbolise le roi Béhanzin et porte ce message, faisant allusion à l’agression des troupes françaises : « Quiconque se hasardera à aborder la côte verra le requin détruire son bateau. »












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