La Dame du Fleuve
Le musée du quai Branly a acquis en 2011 un crochet exceptionnel par sa taille mais aussi par son iconographie. Originaire probablement de la région ouest des Iatmul (groupe Nyaura) en Papouasie-Nouvelle-Guinée (vallée du Sepik), l’oeuvre montre une femme dans toute sa splendeur agressive.
Cette figure est d’autant plus déroutante que les sociétés de la vallée du Sepik sont dominées par les hommes. À eux reviennent l’action politique, les grands équilibres entre les groupes, la guerre et l’organisation d’importants rituels comme l’initiation. Les grandes maisons cérémonielles sont l’expression de cette puissance.
Cependant, les femmes occupent une place considérable. Elles ont en charge la production de nourriture. Elles éduquent les enfants. Leurs territoires sont les maisons familiales, les jardins. Elles sont également au coeur des récits mythologiques. Sur ce crochet, la figure féminine, en équilibre sur son socle, évoque un de ces personnages mythologiques.
Cette promenade à la carte, qui fait écho à l'installation inaugurale de l'Atelier Martine Aublet présentée au musée du quai Branly du 5 juin au 30 septembre 2012, est prétexte à l’évocation de la place des femmes dans la société du Moyen Sepik, leurs rapports au monde des hommes et à celui des Ancêtres.
Crochet
Papouasie-Nouvelle-Guinée, région du Moyen Sepik, village de Aïbom Population Iatmul 20e siècle bois, pigments Mission Jean Guiart, 1964 © musée du quai Branly
Ce crochet est probablement destiné aux grandes maisons cérémonielles. Il permettait de suspendre la jupe de fibres qui entoure la maison et cache à la vue ce qui se déroule à l’intérieur. Dans le Moyen Sepik, les maisons cérémonielles, réservées aux hommes initiés uniquement, sont des ancêtres féminins. Un grand masque de bois ou de vannerie placé en façade représente le visage de cette femme et la jupe de fibres qui ceint le pourtour de l’édifice est son vêtement.














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