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21 avril

La Dame du Fleuve

Le musée du quai Branly a acquis en 2011 un crochet exceptionnel par sa taille mais aussi par son iconographie. Originaire probablement de la région ouest des Iatmul (groupe Nyaura) en Papouasie-Nouvelle-Guinée (vallée du Sepik), l’oeuvre montre une femme dans toute sa splendeur agressive.

Cette figure est d’autant plus déroutante que les sociétés de la vallée du Sepik sont dominées par les hommes. À eux reviennent l’action politique, les grands équilibres entre les groupes, la guerre et l’organisation d’importants rituels comme l’initiation. Les grandes maisons cérémonielles sont l’expression de cette puissance.

Cependant, les femmes occupent une place considérable. Elles ont en charge la production de nourriture. Elles éduquent les enfants. Leurs territoires sont les maisons familiales, les jardins. Elles sont également au coeur des récits mythologiques. Sur ce crochet, la figure féminine, en équilibre sur son socle, évoque un de ces personnages mythologiques.

Cette promenade à la carte, qui fait écho à l'installation inaugurale de l'Atelier Martine Aublet présentée au musée du quai Branly du 5 juin au 30 septembre 2012, est prétexte à l’évocation de la place des femmes dans la société du Moyen Sepik, leurs rapports au monde des hommes et à celui des Ancêtres.

  • Crochet (samban)

    Crochet (samban)

  • Jupe

    Jupe

  • Coiffe de mariée

    Coiffe de mariée

  • Crocodile

    Crocodile

  • Crochet à figure

    Crochet à figure

  • Filet de portage

    Filet de portage

  • Foyer

    Foyer

  • Jarre à sagou

    Jarre à sagou

  • Panier de pêche

    Panier de pêche

  • Nasse à poissons

    Nasse à poissons

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet


Panier de pêche

Panier de pêche

Papouasie-Nouvelle-Guinée, région du Moyen Sepik, village de Tambanum Population Iatmul Fin du 20e siècle fibres végétales Mission Christian Coiffier, 1996 71.1997.53.78 © musée du quai Branly

Parmi les objets symbolisant les femmes dans la société du Moyen Sepik figurent les filets de pêche, les nasses et les paniers à poissons. Les nasses sont de grands cônes dont l’une des extrémités est pourvue d’un système à rétrécissement qui empêche le poisson de s’échapper. Elles sont installées dans des barrières de palmes construites dans le courant. Ces barrières obligent les poissons à se diriger vers l’ouverture de la nasse, attirés parfois par des appâts (nids de termites). Un petit panier, parfois accroché à la pirogue, permet de conserver les poissons vivants dans l’eau. Comme les filets de portage, les nasses de pêche sont les emblèmes des femmes au point de les comparer à leur vagin, lieu par excellence de la fécondation et de la multiplication.