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18 décembre

La Dame du Fleuve

Le musée du quai Branly a acquis en 2011 un crochet exceptionnel par sa taille mais aussi par son iconographie. Originaire probablement de la région ouest des Iatmul (groupe Nyaura) en Papouasie-Nouvelle-Guinée (vallée du Sepik), l’oeuvre montre une femme dans toute sa splendeur agressive.

Cette figure est d’autant plus déroutante que les sociétés de la vallée du Sepik sont dominées par les hommes. À eux reviennent l’action politique, les grands équilibres entre les groupes, la guerre et l’organisation d’importants rituels comme l’initiation. Les grandes maisons cérémonielles sont l’expression de cette puissance.

Cependant, les femmes occupent une place considérable. Elles ont en charge la production de nourriture. Elles éduquent les enfants. Leurs territoires sont les maisons familiales, les jardins. Elles sont également au coeur des récits mythologiques. Sur ce crochet, la figure féminine, en équilibre sur son socle, évoque un de ces personnages mythologiques.

Cette promenade à la carte, qui fait écho à l'installation inaugurale de l'Atelier Martine Aublet présentée au musée du quai Branly du 5 juin au 30 septembre 2012, est prétexte à l’évocation de la place des femmes dans la société du Moyen Sepik, leurs rapports au monde des hommes et à celui des Ancêtres.

  • Crochet (samban)

    Crochet (samban)

  • Jupe

    Jupe

  • Coiffe de mariée

    Coiffe de mariée

  • Crocodile

    Crocodile

  • Crochet à figure

    Crochet à figure

  • Filet de portage

    Filet de portage

  • Foyer

    Foyer

  • Jarre à sagou

    Jarre à sagou

  • Panier de pêche

    Panier de pêche

  • Nasse à poissons

    Nasse à poissons

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet

  • Crochet

    Crochet


Crochet (samban)

Crochet (samban)

Personnage féminin Papouasie-Nouvelle-Guinée, région du Moyen Sepik Population Iatmul 19e siècle bois, cheveux, terre, pigments, coquillages Ancienne collection allemande, Brême, Arthur Speyer, Berlin, Galerie Ralph Nash et Van der Schyff, Londres, collection Jean Paul Barbier-Mueller, Genève 70.2011.15.1 © musée du quai Branly, photo Claude Germain

La figure sur ce crochet est celle d’une femme triomphante. Elle déploie tous les attributs de la féminité. Les seins gonflés, le ventre proéminent laissent à penser qu’elle est enceinte. Sur la sculpture en bois sont fixés des coquillages et des cheveux qui renforcent l’effet naturaliste. De la terre recouvre le visage et le haut du corps. Cette terre est dénommée yimba en langue Iatmul. C’est un mélange d’argile, d’huile ou de latex. Cet assemblage n’est pas innocent. Les deux matériaux employés, l’argile et le bois, font référence respectivement aux deux substances qui sont à l’origine des corps : le sang et le sperme. Suivant la conception Iatmul, le sang, apporté par la mère, se transforme en chairs, le sperme donné par les hommes, crée les os de l’enfant à naître.Avec ses scarifications, réservées aux hommes ou aux femmes de haut statut, la femme représentée, n’est autre qu’une mère primordiale, mère redoutée et aimée, à l’origine des clans. Ce crochet était probablement conservé dans la maison du chef de clan. On lui présentait des offrandes qui étaient placées dans des paniers suspendus aux crochets.