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23 août

quatre collections exceptionnelles

Offertes à la curiosité du public et des scientifiques.

Le musée du quai Branly abrite quatre fonds particulièrement riches et précieux, dont il assure la conservation, la gestion et la documentation avec une double ambition. Ils ont vocation, d’une part, à être présentés au grand public au fil des rotations régulières d’objets sur le plateau des collections et lors des expositions temporaires et, d’autre part, à servir de ressources utiles et accessibles aux étudiants, enseignants et chercheurs du monde entier dans le cadre de leurs travaux.

la collection textile

La collection textile du musée compte plus de 25 000 pièces représentatives de l’étonnante variété des matériaux, procédés, usages et formes employés par les hommes à travers le monde. La plupart datent des XIXe et XXe siècles, même si la collection comprend aussi quelques tissus archéologiques et historiques en provenance, notamment, d’Amérique.

Par son ampleur, cet ensemble illustre les choix esthétiques des différentes cultures et rend compte des contacts, emprunts et innovations observés à travers le temps et l’espace.

Une multitude de fibres s’y côtoient, végétales (coton, ramie, raphia, liber d’écorces variées, comme ce rouge utilisé pour une cape cérémonielle chilktat de Colombie- Britannique), animales (provenant de divers vers à soie, animaux à toisons, porcs-épics, oiseaux, coquillages…), et parfois aussi minérales (métaux précieux).

Le tissage (bandeau de tête de femme quechua de Charazani, en Bolivie, ou une jupe de femme li de l’île chinoise de Hainan) met en oeuvre des savoir-faire, pratiqués dans des ateliers professionnels ou au sein du groupe familial, qui se transmettent d’une génération à l’autre, tout en intégrant des procédés nouveaux. Il en est de même pour les techniques de teinture, d’application ou de broderie...

Quotidiens ou exceptionnels, profanes ou rituels, les tissus se retrouvent à tous les instants de la vie, dans le décor de l’habitat (tapis, tapisseries, couvertures, sacs...), comme supports de l’expression religieuse et dans le vêtement. A travers lui s’affirment les identités régionales et sociales. Genres, âges de la vie, rites de passage, hiérarchies au sein d’une même société s’y expriment, ainsi que les relations entre hommes et dieux, entre vivants et morts.

la collection photographique

La collection de photographies du musée conserve quelque 700 000 photographies anciennes et contemporaines, dont environ 580 000 provenant du musée de l’Homme et 66 000 du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, auxquelles s’ajoutent les nouvelles acquisitions.

Les photographies les plus anciennes de la collection datent de 1841, soit peu de temps après la divulgation du procédé.

La partie 1840-1870 constitue un de ses points forts, avec notamment un exceptionnel ensemble de daguerréotypes témoignant des premières applications de la photographie à l’anthropologie et dont les auteurs sont d’origines très diverses : militaires, voyageurs fortunés, scientifiques. Les images des années 1920-1930 correspondent à l’émergence de l’ethnologie française. Aux côtés des ethnologues, les photographes professionnels deviennent plus présents.

Géographiquement, ses points forts sont l’Amérique, et plus particulièrement le Mexique,le Pérou, le Brésil, l’Afrique équatoriale et l’Afrique de l’Ouest, la Polynésie, la Mélanésie, l’Indonésie et le Viêtnam.

Beaucoup de ces photographies ont été rassemblées dans les années 1930 dans le but de constituer un ensemble documentaire. Elles sont aujourd’hui devenues de véritables collections, tant par leur rareté que par le nombre important de pièces qui témoignent d’un regard d’auteur. De nombreuses photographies sont à ce titre présentes dans les premières expositions du musée.

Collection de référence en France et dans le monde, sa richesse patrimoniale constitue une ressource accessible aux chercheurs par le biais de l’Iconothèque (dont le catalogue est en partie visible sur Internet) et de la salle de consultation des fonds précieux.

Le chantier des collections a permis le reconditionnement d’environ 220 000 photographies et la numérisation de plus de 200 000 d’entre elles.

la collection de musicologie

L’une des thématiques transversales du musée se déploie autour de la musique et de ses instruments.

Ce choix muséographique s’explique par la richesse du fonds de musicologie. Héritée du musée de l’Homme et du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, la collection d’instruments de musique s’est constituée à partir de 1878 et s’est enrichie au fil des missions ethnographiques françaises.

Elle comprend aujourd’hui environ 9 500 instruments de musique datant de différentes époques : 4 250 proviennent d’Afrique, 2 150 d’Asie, 2 100 d’Amérique (parmi lesquelles 750 pièces sont d’époque précolombienne), 550 d’Océanie et 450 d’Insulinde.

Toutes les familles d’instruments y sont représentées : instruments à vent, à cordes, tambours et « idiophones » dont le corps rigide est mis en vibration par entrechoc, secouement, raclement, etc.

La mise en valeur de cette collection au musée du quai Branly passe par plusieurs approches.

Dès l’entrée dans le hall d’accueil du musée, une Tour de verre dévoile la réserve instrumentale. Sur le plateau d’exposition permanente, plus d'une centaine d’instruments est présentée. Dans les espaces d’exposition consacrés aux arts et aux cultures d'Amérique, d’Asie, d'Insulinde, d’Océanie, et dans certaines vitrines consacrées à l’Afrique, les instruments prennent place parmi d'autres objets et contribuent à la mise en scène d'un propos muséographique extramusical.

Par ailleurs, l’exposition de la musique est proposée au travers de trois installations multimédia.

Sur le plateau des collections, les Boîtes à musique Est et Ouest, qui prennent la forme de deux espaces d’environ 30m2 chacun, sont le lieu d’une expérience collective de la musique mise en volume par une installation multimédia associant des dispositifs de spatialisation du son et la projection d'images immersives. Ce sont huit programmes multimédia durant lesquels le visiteur sera plongé, par exemple, au coeur d’une veillée de séduction chez les Peuls nomades du Niger, au sein des polyphonies vocales chez les Pygmées bedzan du Cameroun, au centre des musiques processionnaires du Népal…

L’objectif du troisième système de diffusion sonore est d'immerger la Tour de verre dans un nuage de murmures, une sorte de parfum sonore, de façon à percevoir auditivement le mystère des instruments qui y seront conservés tout en évoquant la dimension sonoredu contenu.

la collection histoire

Le musée du quai Branly possède une unité patrimoniale Histoire, héritée à la fois du fonds historique du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie, ainsi que des collections d’arts graphiques et de peintures d’artistes français issues pour nombre d’entre elles du laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme.

Enrichie d’un certain nombre d’acquisitions au cours des cinq dernières années, cette collection compte désormais près de 10 000 oeuvres d’une grande diversité : tableaux, gravures, sculptures, carnets de voyageurs…

A la variété des techniques s’ajoute celle des représentations: dioramas datant de l’exposition coloniale de 1931, aquarelles de marins au tournant du XIXe siècle représentant des paysages d’Océanie (ou encore celles de Paul Gauguin, dont le musée possède une vingtaine d’estampes et de dessins), tableaux orientalistes et croquis d’explorateurs représentant des paysages d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, images fantaisistes sur les Indiens d’Amérique tels qu’on les imaginait au XVIIIe siècle...

Toutes ces oeuvres constituent autant de témoignages historiques capables de nous renseigner sur l’évolution des visions occidentales de l’Autre en fonction des lieux et des époques. Elles sont aussi un formidable rappel du rôle fondamental que continuent à jouer ces images dans notre imaginaire.

A cet égard, l’importante iconographie dont dispose le musée sur la représentation de l’esclavage constitue une ressource riche d’enseignements.

Par sa dimension historiographique, cette collection n’a pas vocation à être directement exposée parmi les collections de référence. Elle est en revanche l’une des sources principales des multiples programmes multimédia qui accompagnent la visite et sera très régulièrement sollicitée pour des prêts ou dans le cadre d’expositions temporaires.