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29 août

Sculpture Kanak

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Sculpture Kanak

Sculpture kanak Chambranle de grande maison cérémonielle XVIIe siècle ? Aire ajië / aro, centre de la Grande Terre Nouvelle-Calédonie Bois de houp H. 183 cm Collectée par la mission Rey-Lescure, 1930 Don Philippe Rey-Lescure, 1931 Musée du quai Branly Inv. 71.1931.50.2

Les Kanak, peuple autochtone de la Nouvelle-Calédonie, sont organisés selon le système des chefferies. Dans chaque village principal se dresse la grande case, insigne de pouvoir qui se trouve au coeur des activités socioculturelles, politiques et religieuses des clans qui structuraient ce pays.
On considère la flèche faîtière et le chambranle comme les emblèmes de la grande case.
Le chambranle exposé serait plus exactement, d'un point de vue technologique, une applique qui s'appuie contre le réseau de gaulettes enserrant les éléments végétaux le long de la paroi de la case ; elle permet d'en apposer les extrémités et de les maintenir de façon plus efficace et plus décorative de chaque côté de la porte.
Le sommet du chambranle est toujours, sauf dans l'extrême sud, sculpté d'un visage dont le front est ceint d'un motif à chevrons opposés représentant la cordelette de fronde que les hommes portaient dans la chevelure ou autour de leur coiffure cylindrique en vannerie noircie. Le nez est le motif principal de cette image.
C'est le bois de houp, arbre séculaire, à l'origine des clans, qui était utilisé pour les pièces importantes, en raison de sa forte charge symbolique. De ce fait, ces sculptures étaient elles-mêmes associées à un ancêtre, et plus souvent encore à la communauté des esprits ancestraux.
Les flèches faîtières surplombaient la grande case et se composaient de trois parties : un visage central entouré de motifs, un pied qui la rattachait au sommet du toit, et une ou plusieurs aiguilles ornées de coquillages.
Cette grande flèche faîtière est considérée comme l'un des attributs de la chefferie. Cet insigne est remis à l'aîné du lignage chef par les clans les plus anciens, ceux qui se considèrent comme autochtones et créateurs du pays. Le style du nord se caractérisait également par une double rangée de chevrons, ce qui est le cas ici. Toutefois, certains détails (les oreilles, le bas du visage et le fort développement du buste) la rapprocheraient des styles de la région du centre-nord. Les motifs eux-mêmes, comme partout en Mélanésie, ont pu également être l'objet d'échanges et de circulation.
La flèche faîtière, dont le fragment est exposé, devait mesurer entre 350 et 400 cm. Les pointes dépassant du dessous de la base du visage sont les restes de tiges fines reliant cette base à une barre horizontale située à la hauteur du morceau restant d'un buste losangé. Ces tiges disparues sont censées figurer soit des bras, soit des côtes.
On remarquera la force du traitement du visage qui souligne l'évasement et l'aplatissement des joues et la proéminence des yeux.