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30 octobre

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Sculpture des Iles Salomon

Bouclier de parade première moitié du XIXe siècle Île Santa Isabel, Iles Salomon Lames de bois, nacre de nautile, pâte de noix de parinarium H. 84 cm Ancienne collection du musée d'Ethnographie du Trocadéro Don Roland Bonaparte, 1887 Musée du quai Branly Inv. 71.1887.67.9

L'historique de ce bouclier indique qu'il a été acheté par le Prince Roland Bonaparte (1858-1924) pour en faire don aux musées français lors de la vente d'une collection appartenant à M. Bertin, le 4 mars 1887.
Cette collection s'étant constituée sur une période d'une trentaine d'années, on peut donc en déduire que ce bouclier a été rapporté des îles Salomon entre 1850 et 1887.
Des coquilles de nautiles, fixées avec de la pâte de noix de parinarium, suivent le contour du bouclier et dessinent de petits visages anthropomorphes insérés entre les motifs linéaires. Sur cette pièce, un visage un peu plus grand que les autres apparaît au centre de la partie supérieure. Une longue forme rectangulaire dessinée par des bandes parallèles de coquillages descend depuis ce visage, suggérant un torse étiré que complètent les bras levés rendus par deux lignes sinueuses de coquillages à gauche et à droite de la tête. L'image centrale et les petites têtes font probablement allusion au rite essentiel de la chasse aux têtes dans les îles Salomon de l'ouest.
Au XIXe siècle, des raids étaient fréquemment effectués pour se procurer ces indispensables têtes. M.C.M. Woodford, premier représentant de la Couronne britannique sur l'archipel, a attiré l'attention sur la ressemblance que présentaient les motifs linéaires des boucliers d'écorce avec ceux réalisés également en coquillage sur la proue des canots de l'île de Santa Isabel. Il est possible que cette analogie ait été intentionnelle et soit porteuse de sens. De même que les petites têtes, elle renvoie au contexte de la guerre, et plus précisément à la chasse aux têtes. S'il est difficile de penser qu'un bouclier au décor aussi complexe ait pu servir lors de batailles, il est possible d'envisager son usage pour des cérémonies. Auquel cas il serait raisonnable de supposer que, en raison de leur nombre relativement restreint - comparé au plus grand nombre de ceux dépourvus de décor -, les boucliers de lames enroulées et incrustés de coquillages étaient l'apanage de chefs importants.