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21 septembre

Sculpture de Nouvelle-Irlande

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Sculpture de Nouvelle-Irlande

Figure de rituel funéraire Uli XVIIIe-début du XIXe siècle Île de Nouvelle-Irlande, Papouasie-Nouvelle-Guinée Bois, pigments, opercules de turbo H. 150 cm Collectée par Franz Boluminski, 1908 Anciennes collections Museum für Völkerkunde de Leipzig, Alain Schoffel Musée du quai Branly Inv. 70.1999.2.1

Cette statue uli, superbement équilibrée, est l'un des plus beaux spécimens de l'art qui fleurissait dans les villages et hameaux d'une contrée montagneuse aux épaisses forêts, au nord du plateau Lelet, sur l'île centrale de la Nouvelle-Irlande. Avant que cette tradition ne s'éteigne au début du XXe siècle, ces statues étaient utilisées au cours de rites qui honoraient les morts. Les corps de ces statues sont caractérisés par de courtes et solides jambes, un torse trapu et une grande tête barbue. Si ces sculptures affichent les attributs d'une virilité affirmée, elles possèdent aussi une poitrine féminine. Sous celle-ci, une forme sculptée et peinte enserre le bas du thorax ; les habitants de Nouvelle-Irlande l'appelle "ceinture de corail" ou "barre de récifs".
La tradition voulait qu'on ne détruise pas les statues uli après usage, mais qu'on les enveloppe et les range dans la maison des hommes jusqu'à leur prochaine utilisation. Elles étaient alors nettoyées et repeintes avec de l'ocre et d'autres pigments. Les cérémonies uli tenues en l'honneur d'un chef mort comprenaient au moins treize phases, réparties sur une période d'un à trois mois.
Elles commençaient par l'inhumation du crâne avec diverses jeunes plantes qui s'en nourrissaient afin de former bientôt un magnifique bouquet de feuilles jaunes. Vers la fin des cérémonies, jusqu'à dix statues uli pouvaient être amenées sur les lieux en secret, puis repeintes et disposées dans des huttes construites spécialement à l'intérieur d'un enclos sacré. Quelques-unes de ces huttes pouvaient contenir un banc en U sur lequel étaient posées deux ou trois belles statues peintes. D'autres huttes abritaient des structures en forme de bateau appelées lemaut, "tombes", avec des statues fixées à un poteau placé à chaque extrémité. Bien que les femmes n'aient pas été autorisées à voir les statues, leur participation aux danses collectives constituait un point essentiel du rite. D'après ce que nous savons, les statues uli représentaient des ancêtres dotés du pouvoir et de la force indispensables à un chef de clan. Le chef idéal était agressif et fort, mais il nourrissait son peuple lorsqu'il avait besoin d'assistance. Dans cette optique, la poitrine féminine représenterait la fécondité à venir d'une adolescente s'apprêtant à nourrir les générations futures.