Sculpture de la région centrale du fleuve Sépik
Les crochets de suspension se trouvent dans une vaste aire s'étendant de l'Indonésie à l'Océanie de l'ouest. On relève leur présence en Nouvelle-Guinée (sur la côte nord et dans de nombreuses sociétés de la vallée du fleuve Sépik). En Polynésie, ils sont présents à Fidji et à Tonga.
Les crochets de suspension ont été sans doute introduits en Océanie à partir du sud-est asiatique vers 1000 avant J.-C. Chaque homme adulte dispose d'un ou de plusieurs crochets. Des filets de cordelettes y sont suspendus dans lequel l'épouse place la nourriture quotidienne pour la famille. Placé dans les soupentes des vastes demeures des riverains du fleuve, le crochet représente, dans la pensée ésotérique, le principe primordial de la division du cosmos en deux parties, à l'égal du crâne et du maxillaire de la tête du crocodile ancestral.
La pointe droite du crochet est associée à la bonne fortune, la pointe gauche à la mauvaise.
La sculpture anthropomorphe joue le rôle d'un esprit tutélaire protecteur du foyer. Le balancement du crochet attaché à la charpente exprime la continuité de la vie. Il est probable que ces crochets étaient jadis en relation avec la chasse et la guerre, et l'esprit représenté assistait le propriétaire lors de ses expéditions. Il existait une multitude de types de crochets, dont certains servaient pour la présentation des crânes ancestraux ou des trophées surmodelés, empalés sur chacune des pointes. Réalisée en bois dur, cette sculpture a été taillée à l'aide d'une herminette à lame de pierre, preuve de son ancienneté, les outils métalliques n'ayant été introduits dans cette région qu'au début de ce siècle. Les gravures ont été réalisées à l'aide de dents de mammifères (cochon, rat). Le maître sculpteur a su maîtriser la matière avec brio, en utilisant des outils de travail rudimentaires. Cette figure représente une remarquable variation du style du groupe sawos.









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