Sculpture de la région centrale du fleuve Sepik
La figure sur ce crochet est celle d’une femme triomphante. Elle déploie tous les attributs de la féminité. Les seins gonflés, le ventre proéminant laissent à penser qu’elle est enceinte. Sur la sculpture en bois sont fixés des coquillages et des cheveux qui renforcent l’effet naturaliste. De la terre recouvre le visage et le haut du corps. Cette terre est dénommée yimba en langue Iatmul. C’est un mélange d’argile, d’huile ou de latex. Cet assemblage n’est pas innocent. Les deux matériaux employés, l’argile et le bois, font référence respectivement aux deux substances qui sont à l’origine des corps : le sang et le sperme. Suivant la conception Iatmul, le sang, apporté par la mère, se transforme en chairs, le sperme donné par les hommes, crée les os de l’enfant à naître. Avec ses scarifications, la femme représentée, n’est autre qu’une mère primordiale, mère redouté et aimée, à l’origine des clans. Ce crochet était probablement conservé dans la maison du chef de clan. On lui présentait des offrandes qui étaient placées dans des paniers suspendus aux crochets.

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