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22 septembre

Sculpture de l'île de Nendö

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Sculpture de l'île de Nendö

Figure de Dieu Requin fin du XVIIIe-début du XIXe siècle Île de Nendö Îles Santa Cruz, Iles Salomon Bois H. 17,5 cm Collectée par Charles Van den Broek, expédition de la Korrigane, 1935 Don Régine de Ganay - Van den Broek d'Obrenan, 1969 Musée du quai Branly 71.1969.51.25

Cette statuette a été collectée durant le séjour de l'expédition de La Korrigane dans l'archipel de Santa Cruz. Charles Van den Broek la vit dans une vaste maison commune réservée aux hommes.
Il décrit ainsi sa trouvaille : "Finalement, je découvris une de ces figurines, sculptée avec une incroyable finesse dans un vieux morceau de bois tout noirci par la fumée des nombreux foyers qui se sont allumés depuis le jour où ce petit chef-d'œuvre a été terminé [?]. C'est le Dieu-Requin, personnage de tant de légendes ". La statuette était placée au-dessus de cinq crânes alignés sur une tablette. Quatre autres crânes déposés sur des rouleaux de monnaies de plumes étaient disposés le long d'une cloison. Seuls les hommes matures honoraient les divinités tutélaires représentées par ces statuettes censées leur donner un pouvoir personnel en les protégeant des attaques hostiles d'autres divinités. Ces effigies étaient parfois érigées après le décès d'un homme éminent afin de recueillir son esprit et de conserver en elles les pouvoirs surnaturels qu'il avait acquis de son vivant. Ainsi, les performances miraculeuses de chacune de ces effigies étaient rapportées dans de nombreux mythes. Transmises par héritage, le pouvoir de ces statuettes devait être revivifié par des offrandes de nourriture et des rituels publics ou privés.
Elles étaient en général placées sur des autels situés dans un coin de la partie masculine des maisons d'habitation ou au centre de la maison commune, avec des crânes, des conques et des monnaies de plumes. Les anciens rouleaux de monnaies de plumes sur lesquels ils étaient déposés n'avaient plus de valeur monétaire, mais représentaient la prospérité économique que les clients avaient acquise de leur vivant grâce au pouvoir de la divinité.
Des édifices spéciaux étaient parfois construits pour abriter ce type de statuette. Un homme ou un groupe d'hommes pouvaient s'y réunir pour y manger en communion avec leur divinité tutélaire ; des morceaux de porc ou de poisson étaient alors déposés sur l'autel comme offrande. La divinité en consommait la partie immatérielle. La plupart de ces édifices furent brûlés durant la période de répression, et des chapelles chrétiennes furent construites sur leurs sites.Il n'est pas exclu que cette statuette se trouvât initialement à l'extrémité d'une longue pièce de bois que l'on pouvait planter dans le sol, comme les poteaux de bois décorés de motifs animaliers et également appelés duka. La forme conique à l'arrière de la tête évoque les cheveux étirés et enroulés dans une pièce de tapa, suivant la mode commune dans les îles avoisinantes à cette époque. La chevelure des statuettes était parfois enveloppée dans une feuille de palmier ou décorée de fibres diverses.
Ce type de coiffure était réservé aux hommes d'âge mûr, responsables des rituels. Il est probable qu'une longue exposition à la fumée du foyer de la maison ait produit cette patine, mais il n'est pas exclu que cette statuette ait été, suivant la coutume locale, enduite de curcuma, substance considérée comme ayant des propriétés magiques.