Sculpture de l'île de Mangareva
Les seules informations tangibles rapportées par les missionnaires de la congrégation de Picpus renvoient surtout à la description d'une cosmogonie et d'un polythéisme très complexes. Ils décrivent Rao comme une "idole de l'impureté". Il est présenté comme le dieu de la passion honteuse et du vice : "C'est à lui qu'était consacrée une plante appelée Ranga, dont la fleur est jaune, et l'odeur très pénétrante."
Les statues étaient conservées dans des édifices religieux ou "temples des idoles", selon les propres termes des missionnaires ; elles étaient censées représenter des divinités précises, consacrées à l'arbre à pain, à la pluie, au curcuma, à l'agriculture, etc.
En réalité, ces statuettes étaient vraisemblablement des images métaphoriques des divinités ; elles ne se substituaient pas aux dieux eux-mêmes, n'ayant d'autre fonction que de les représenter à un moment déterminé, lors de rites précis. Cette sculpture se situe à mi-chemin entre une abstraction délibérée exprimée dans la partie supérieure du corps - les traits du visage sont absents et les bras réduits à de petits ailerons latéraux -, et la moitié inférieure qui marque une étape vers le réalisme sculptural.









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