Sculpture taïno
Premiers Amérindiens rencontrés par les Espagnols à la fin du XVe siècle, les Taïnos des Grandes Antilles (Hispaniola, Porto Rico, Jamaïque et est de Cuba), des îles Vierges et du nord des Petites Antilles descendent de groupes d’horticulteurs issus du bassin de l’Orénoque et ayant migré dans l’archipel caraïbe dans les derniers siècles avant notre ère. Ils ont développé un art sur pierre, bois, os et coquillage où les zemi occupent une place centrale.
Les représentations de ces divinités ou êtres surnaturels ont pris de multiples formes. La sculpture du musée barrois est une de ces représentations de zemi, d’allure anthropomorphe provenant très vraisemblablement de l’île d’Hispaniola aujourd’hui partagée entre Haïti et la République dominicaine. Qualifiée parfois de reliquaire, cette sculpture humaine, au sexe masculin marqué et d’aspect squelettique, est taillée dans du gaïac (Guiacum sp.), un des bois les plus durs au monde, dense et très difficile à sculpter. Complètement creuse, elle aurait pu contenir des restes humains. Les yeux et la bouche étaient originellement incrustés de coquillage, de pierre, voire d’or comme on en connaît quelques cas miraculeusement préservés. Des traces de résine ((Protium ou Bursera genus) subsistent dans les creux destinés à recevoir ces incrustations. Plusieurs datations au radiocarbone (14C) situent cette pièce exceptionnelle entre les XIe et XIIe siècles (entre 1052 et 1176 en années calibrées).
On ne connaît pas l’origine précise de cette sculpture qui a été donnée au musée de Bar-le-Duc en 1850 par François Humbert, collectionneur privé de la région. Il est singulier de noter que la pièce a été alors inventoriée comme « fétiche dit égyptien, mais plutôt d’origine mexicaine ». Son identification, en tant que pièce taïno des Antilles, n’a été effectuée qu’en 1995, au cours d’une expertise de la collection ethnographique du musée barrois et dans le prolongement de la fameuse exposition sur les Taïnos, réalisée par Jacques Kerchache au Petit Palais en 1994.









Envoyer
Imprimer
