Sculpture tellem
Si aujourd'hui, la fonction spécifique des chefs-d'œuvre de l'art dogon reste méconnue, l'usage des œuvres de leurs prédécesseurs, les Tellem, demeure plus impénétrable encore. Beaucoup de statuettes ont toutefois été maintenues en fonction par les Dogon (parfois jusqu'à leur collecte vers 1950) qui continuaient à leur prodiguer offrandes et sacrifices. Témoin de ces pratiques, cette figure est recouverte d'une patine croûteuse, gangue coagulée qui s'est avec le temps craquelée. La patine est composée notamment de bouillie de mil et de sang. En région dogon, la thématique d'un seul bras levé est plus rare que celle des deux bras dirigés vers le ciel. Ramené vers le nombril et le sexe, le bras droit souligne la féminité de l'œuvre. L'extrémité de la main rejoint toutefois un sexe masculin discrètement marqué. Dans plusieurs maternités dogon ou prédogon, le mouvement du bras gauche, supportant un enfant, est similaire. Combinée avec un ventre légèrement protubérant, la position du bras est liée à la féminité, à la fertilité, celle-ci étant à son tour associée au geste du bras levé, implorant peut-être une pluie fertilisante des sols (dont la survie humaine dépend), la paume orientée vers le haut afin d'accueillir cette source de vie. La signification du bras gauche paraît ainsi répondre à celle du droit.

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