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22 septembre

 

L'implantation des œuvres aborigènes dans le projet architectural du musée du quai Branly a été soutenue par le gouvernement australien via l'Australia Council for the Arts, le Ministère des Affaires étrangères via le secretariat permanent pour le Pacifique ; par deux entreprises françaises, AM Conseil et Veolia Environnement ; et par un mécène privé, Martine et Bruno Roger. 

Le projet Rêves des écailles du barramundi est soutenu par la Harold Mitchell Foundation et est réalisé en collaboration avec l'Australia Council for the Arts.

(1) © Tommy Watson, musée du quai Branly, 2005 © ADAGP, Paris 2012.

(2) et (3) © Lena Nyadbi, représentée par le Warmun Art Centre, Australie Occidentale. Détail, Dayiwul Lirlmim (Écailles de Barramundi). Adaptation d’art sur le toit, Musée du quai Branly, 2013.

(4) © Sally Gabori, musée du quai Branly, 2006 © ADAGP, Paris 2012.

Les œuvres aborigènes au musée du quai Branly

Depuis son ouverture en juin 2006, le musée du quai Branly développe une politique de valorisation de la vitalité de l’art contemporain non-occidental, au cœur de son projet architectural. Ces œuvres, installées sur les plafonds du bâtiment Université et sur le toit du musée, répondent à la commande publique et représentent la plus importante installation permanente d’art Aborigène contemporain en dehors de l’Australie.

Sur les plafonds du bâtiment Université

(1) Tommy Watson, Wipu Rockhole, 2005. Bâtiment Université du musée du quai Branly, 5ème étage © musée du quai Branly, photo Antonin Borgeaud. - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
(1) Tommy Watson, Wipu Rockhole, 2005. Bâtiment Université du musée du quai Branly, 5ème étage © musée du quai Branly, photo Antonin Borgeaud.

Intégrant cette démarche dans le concept architectural du musée, Jean Nouvel a eu l’idée de présenter l’art aborigène australien par le biais d’installations artistiques sur les plafonds et la façade du bâtiment de la rue de l’Université. Soucieux d’allier découverte artistique et exigence, le musée du quai Branly ainsi que les institutions australiennes ont accueilli avec enthousiasme ce projet et ont souhaité aller plus loin en choisissant de faire intervenir 8 artistes : 4 femmes (Lena Nyadbi, Judy Watson, Gulumbu Yunupingu, Ningura Napurrula) et 4 hommes (John Mawurndjul, Paddy Nyunkuny Bedford, Michael Riley, Tommy Watson) appartenant à des communautés et cultures différentes (art des territoires et Urban art). Chacun est l’héritier de cet art millénaire transformé qui trouve aujourd’hui sa place dans les mouvements d’art contemporain.

Aboutissement d’une démarche inédite, les plafonds peints et la façade du musée du quai Branly témoignent de la vitalité de la créativité contemporaine aborigène et participent à la valorisation du grand héritage spirituel de ce peuple millénaire.

Sur le toit de la médiathèque, bâtiment Musée

(2) Vue de l'œuvre sur la terrasse de la médiathèque, Lena Nyadbi, Dayiwul Lirlmim (Ecailles de Barramundi). Ocre et charbon naturels sur toile de lin, 2012 © musée du quai Branly, photo Cyril Zannettacci - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
(2) Vue de l'œuvre sur la terrasse de la médiathèque, Lena Nyadbi, Dayiwul Lirlmim (Ecailles de Barramundi). Ocre et charbon naturels sur toile de lin, 2012 © musée du quai Branly, photo Cyril Zannettacci

 

Inaugurée le 6 juin 2013 sur les 700 m² de la terrasse de la médiathèque du musée, cette œuvre monumentale est un détail du tableau Dayiwul Lirlmim ("Écailles de barramundi") de Lena Nyadbi. Concept original et inédit, elle n'est pas visible depuis le musée, mais par les 7 millions de visiteurs qui gravissent chaque année la tour Eiffel et, prochainement, par les utilisateurs de Google Maps. Elle a été réalisée à l’aide de 172 pochoirs de 3 m x 1,5 m, soit un coefficient d’agrandissement de 46.

Lena Nyadbi au Warmun Art Centre, Australie occidentale © Anna Williams, Warmun Art Centre 2012 - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
Lena Nyadbi au Warmun Art Centre, Australie occidentale © Anna Williams, Warmun Art Centre 2012

Lena Nyadbi, une artiste majeure de l’art aborigène contemporain

L’artiste Lena Nyadbi, du peuple Gija, est née vers 1936 à Walmanjikulum dans l’Est du Kimberley, en Australie occidentale. Elle débute sa carrière artistique en 1998 et est aujourd’hui représentée par le Warmun Art Centre, institution culturelle qui réunit les artistes de la communauté aborigène de Warmun (Turkey Creek). Elle a appris à peindre auprès de cette  génération pionnière d’artistes aborigènes à laquelle elle appartient, avec notamment Paddy Jaminji, Queenie McKenzie et Rover Thomas. Elle peint toujours avec des ocres et du charbon naturels provenant du territoire Gija.  

Son interprétation audacieuse des motifs traditionnels, qui est devenue la marque distinctive de son travail, a immédiatement été remarquée pour sa maîtrise plastique et sa créativité. Dans l’art de Lena Nyadbi, les motifs clefs qui font référence à son territoire sont une plateforme pour ses expérimentations avec la couleur et l’espace. Représentées en groupements ou individuellement, les références symboliques au barramundi ancestral Dayiwul (poisson de l’espèce de la perche représenté par ses écailles en forme de U), aux jimbirla (pointes de lance) et aux gemerre (scarifications), prédominent.

Lena Nyadbi est l’une des représentantes majeures de l’art aborigène contemporain de l’Est du Kimberley. L’œuvre sur le toit de la médiathèque est la seconde conçue par Lena Nyadbi pour le musée du quai Branly, après l’œuvre intitulée Jimbirla & Gemerre (pointe de lance et scarification), modelage réalisé sur la façade du bâtiment de la rue de l’Université.

(3) Lena Nyadbi, Dayiwul Lirlmim (Écailles de Barramundi). Ocre et charbon naturels sur toile de lin, 2012 - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
(3) Lena Nyadbi, Dayiwul Lirlmim (Écailles de Barramundi). Ocre et charbon naturels sur toile de lin, 2012

Le Rêve des écailles du barramundi

Le Dayiwul Lirlmim Ngarrangarni, littéralement "Rêve des écailles du barramundi" est lié au territoire des parents de Lena Nyadbi, le territoire du barramundi ancestral Dayiwul, sur lequel se trouve la plus grande mine de diamants du monde. 

Le "Rêve des écailles du barramundi" raconte l’histoire mythique où trois femmes essayèrent d’attraper le barramundi Dayiwul à l’aide d’une nasse en spiniflex. Elles le poursuivirent jusque dans les hauts-fonds de la rivière mais il réussit encore à s’échapper en sautant par-dessus la nasse et en s’enfuyant à travers les rochers. Lorsqu’il retomba, ses écailles s’éparpillèrent sur le sol à l’emplacement actuel de la mine. Lena Nyadbi a souvent souligné la ressemblance des écailles et des diamants.

Découvrez l'œuvre de Lena Nyadbi en vidéo

À l'occasion de l'inauguration de l'œuvre de Lena Nyadbi, une équipe de Cinétévé a suivi les étapes de l'installation, à la rencontre des différents acteurs impliqués, des premières esquisses à l'installation du détail de Dayiwul Lirlmim sur le toit du musée.

Découvrez ce film en intégralité sur Medici.tv, ainsi que des extraits dans une playlist dédiée sur la chaîne YouTube du musée.

 

L'art aborigène dans les collections

(2) Sally Gabori, Sans titre, 2006 © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado. - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
(2) Sally Gabori, Sans titre, 2006 © musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado.

Les œuvres les plus anciennes présentes dans les collections nationales dont le musée du quai Branly assure la conservation furent rapportées par les grands voyageurs dans le Pacifique au début du 19e siècle. Dans les années 1960, le musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie a reçu un don de 230 écorces de la Terre d'Arnhem et des poteaux funéraires de l’île Bathurst, collectés par l’artiste ethnographe Karel Kupka. Aujourd’hui, les collections aborigènes conservées au musée du quai Branly sont riches de 1423 œuvres dont des armes, des boomerangs, des outils et des sculptures.

Le musée du quai Branly enrichit et valorise cette collection par une politique active d'acquisition de peintures sur toiles. Parmi les achats les plus importants de ces dernières années figurent une œuvre d’Emily Kame Kngwarreye, artiste majeure de la peinture aborigène des années 1990, ou encore une toile de Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori, un des peintres les plus marquants de ces dernières années. Une sélection de ces œuvres est présentée sur le plateau des collections.

L'art aborigène dans les expositions

Affiche de l'exposition Aux sources de la peinture Aborigène - Australie, Tjukurrtjanu - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre
Affiche de l'exposition Aux sources de la peinture Aborigène - Australie, Tjukurrtjanu

À l'automne 2012, le musée du quai Branly a accueilli l'exposition Aux sources de la peinture Aborigène - Australie, Tjukurrtjanu dédiée aux artistes de la communauté de Papunya.

Pour la première fois en Europe, l’exposition présentait un mouvement artistique majeur, né à Papunya dans le désert d’Australie centrale, au début des années 1970. Avec près de 200 toiles et 70 objets, l’exposition a présenté les sources iconographiques et spirituelles du mouvement de Papunya et retracé son évolution depuis les premiers panneaux jusqu’aux grandes toiles des années 80 et 90.

en savoir plus sur l'exposition Aux sources de la peinture Aborigène - Australie, Tjukurrtjanu